Après une chute directement sur le genou, un choc contre un obstacle ou un accident, une douleur brutale peut apparaître à l’avant de l’articulation. Le genou gonfle, devient difficile à plier et l’appui sur la jambe peut être très douloureux. Dans certains cas, il devient même impossible de tendre complètement le membre.
Ces symptômes peuvent évoquer une fracture de la rotule, aussi appelée patella. Situé à l’avant du genou, cet os protège l’articulation et participe au fonctionnement de l’appareil extenseur. Il aide le quadriceps à transmettre sa force pour permettre l’extension de la jambe. Sa fracture peut donc fortement perturber la marche et les mouvements du genou.
Quels sont les symptômes d’une fracture de la rotule ?
Le premier signe est généralement une douleur intense à l’avant du genou, qui apparaît immédiatement après le traumatisme. La rotule devient très sensible au toucher et la douleur s’accentue lorsque l’on essaie de plier ou de tendre la jambe.
Le genou peut ensuite gonfler rapidement et un hématome apparaître autour de l’articulation. En cas de fracture déplacée, une déformation ou un creux inhabituel entre les fragments osseux peut parfois être visible ou perceptible au toucher.
Ce type de fracture survient le plus souvent après une chute directe sur le genou ou un choc violent à l’avant de l’articulation. Plus rarement, une contraction brutale du quadriceps peut suffire à casser la rotule.
La difficulté à réaliser une extension du genou constitue un autre signe important. Allongé sur le dos, le patient peut être incapable de soulever la jambe tout en la gardant tendue. Cette impossibilité peut indiquer que le mécanisme reliant le quadriceps, la rotule et le tendon rotulien ne fonctionne plus correctement.
Pourquoi le genou gonfle-t-il après la fracture ?
Située à l’avant de l’articulation du genou, la rotule possède une face postérieure recouverte de cartilage. Lorsqu’elle se fracture, le traumatisme ne touche pas seulement l’os : les tissus qui l’entourent peuvent également être lésés.
Le choc déclenche alors une réaction inflammatoire et peut provoquer une accumulation de liquide, parfois de sang, dans l’articulation. Le genou gonfle rapidement et un hématome peut apparaître sur la peau.
L’importance du gonflement ne suffit toutefois pas à déterminer la gravité de la blessure. Une simple contusion, une entorse, une lésion du ménisque ou une rupture ligamentaire peuvent aussi rendre le genou très volumineux après un traumatisme.
Peut-on marcher avec une fracture de la rotule ?
Oui, cela reste parfois possible. Le fait de pouvoir marcher après le choc ne permet donc pas d’écarter une fracture de la rotule.
Lorsque la fracture n’est pas déplacée et que l’appareil extenseur reste intact, la personne peut encore parvenir à prendre appui sur sa jambe malgré la douleur. Après confirmation du diagnostic, certaines fractures stables sont même traitées à l’aide d’une attelle maintenant le genou en extension. L’appui peut alors être autorisé, mais uniquement selon les consignes de l’équipe orthopédique.
À l’inverse, une fracture déplacée peut entraîner une importante perte de mobilité. La marche devient très difficile et le patient peut ne plus parvenir à tendre activement la jambe.
Après un choc important, il ne faut donc pas multiplier les essais en marchant sur le genou pour vérifier s’il est cassé. Mieux vaut éviter de forcer et faire examiner rapidement l’articulation.
Comment savoir si la rotule est cassée ou simplement contusionnée ?
Une simple contusion peut également entraîner une douleur, un gonflement et un hématome. En observant seulement le genou, il est donc parfois difficile de la distinguer d’une fracture.
Certains signes doivent toutefois faire davantage suspecter une fracture. Parmi ces signaux, une douleur très localisée sur la rotule et un gonflement important. A surveiller également, une déformation visible, un craquement ressenti au moment du choc ou l’impossibilité de tendre activement le genou.
Une fracture non déplacée peut néanmoins passer plus inaperçue. Le diagnostic repose donc sur un examen clinique complété par des radiographies du genou. Celles-ci permettent de repérer le trait de fracture, le nombre de fragments osseux et leur éventuel déplacement.
En présence d’une fracture complexe, un scanner peut également être réalisé afin d’évaluer plus précisément l’atteinte de l’os et de la surface articulaire.
Une fracture de la rotule nécessite-t-elle toujours une opération ?
Non. Le traitement dépend principalement de la stabilité de la fracture et du fonctionnement de l’appareil extenseur.
Une fracture peu ou pas déplacée, avec une personne toujours capable de tendre le genou, peut souvent bénéficier d’un traitement orthopédique. Une attelle ou une orthèse maintient alors le genou en extension pendant la consolidation. La mobilité et la rééducation sont ensuite progressivement reprises selon l’évolution.
La chirurgie devient davantage nécessaire lorsque les fragments sont déplacés. Bistouri également si la surface articulaire n’est plus correctement alignée, que le mécanisme d’extension est interrompu ou qu’il s’agit d’une fracture ouverte. Le chirurgien orthopédiste peut alors réaliser une ostéosynthèse. C’est-à-dire repositionner et stabiliser les fragments à l’aide de vis, broches, fils ou plaques selon le type de fracture.
Combien de temps faut-il pour récupérer ?
La récupération varie fortement selon le type de fracture, le déplacement des fragments, l’âge du patient et la nécessité ou non d’une intervention chirurgicale.
Pour une fracture non déplacée, la consolidation osseuse demande généralement plusieurs semaines. Certains services spécialisés indiquent une durée pouvant aller jusqu’à environ 6 à 12 semaines. Tandis qu’une douleur légère ou un gonflement peuvent rester présents plusieurs mois.
La rééducation avec un kinésithérapeute joue ensuite un rôle essentiel. Une immobilisation prolongée favorise en effet la raideur du genou et la diminution de la force du quadriceps. Les exercices permettent de retrouver progressivement la flexion, l’extension, la stabilité de l’articulation et une marche normale.
La reprise de la course à pied ou des activités sportives ne doit donc pas être décidée uniquement parce que la douleur a disparu.
Quand faut-il consulter après un choc sur le genou ?
Un traumatisme important suivi d’une douleur intense, d’un gonflement rapide, d’une impossibilité de prendre appui ou de tendre la jambe nécessite une évaluation médicale rapide. Une déformation du genou ou une plaie laissant apparaître l’os constitue une urgence.
En attendant l’examen, mieux vaut éviter de forcer sur le membre atteint et maintenir le genou au repos. Le signe particulièrement évocateur reste donc l’association entre un choc direct sur l’avant du genou, une douleur localisée sur la rotule, un gonflement important et une difficulté à tendre la jambe.
Mais seule l’imagerie permet de confirmer qu’il s’agit bien d’une fracture et de déterminer si une simple immobilisation suffira ou si un traitement chirurgical est nécessaire. Bref, en cas de doute, prenez rendez-vous chez votre radiologue…
À SAVOIR
Lors des Jeux olympiques de Montréal en 1976, le gymnaste japonais Shun Fujimoto se fracture la rotule droite au cours du concours par équipes, alors que le Japon rivalise avec l’Union soviétique pour la médaille d’or․ Malgré cette blessure, il poursuit sa prestation et réalise notamment son exercice aux anneaux, achevé par une réception particulièrement douloureuse, qui lui vaut la note de 9,7․ Son équipe décroche finalement le titre olympique, faisant de la performance de Fujimoto l’un des moments les plus marquants de l’histoire de la gymnastique․



