La Région a l’ambition de faire d’Auvergne-RhôneAlpes l’une des régions les plus inclusives d’Europe, pourquoi un tel engagement ?
Fabrice Pannekoucke : dès 2016, Laurent Wauquiez a fait le choix d’un engagement politique fort en dédiant au handicap un vice-président, une équipe et un budget annuel de 5 millions d’euros, alors même que cette thématique n’est pas une compétence de la Région. Notre stratégie se développe ensuite de manière transversale dans l’ensemble des politiques régionales, que ce soit dans la culture, la santé, le tourisme, l’agriculture, le sport, les lycées, les transports… Notre volonté est claire : prendre soin de tous et ne laisser personne au bord de la route.
Comment se déploie la stratégie de la Région en matière de handicap?
Fabrice Pannekoucke : nous avons fait le choix d’un plan handicap pour structurer nos actions et apporter des réponses adaptées, de manière très opérationnelle et pragmatique, dans la proximité. Ce sont des dispositifs et des actions modestes mais qui, mises bout à bout, composent une stratégie cohérente et efficace dont bénéficient tous les habitants.
Quelles sont les réalisations concrètes de cette ambition régionale?
Sandrine Chaix : plus de 1000 projets ont déjà été soutenus par la Région depuis 2017 et le champ d’actions est immense. Le soutien aux Établissements et services d’accompagnement par le travail (ESAT) et les aides allouées pour les aires de jeux inclusives font partie des plus emblématiques. Tout comme l’installation dans les 305 lycées de la région de balises sonores et de boucles magnétiques, destinées aux personnes souffrant de déficience visuelle.
Chaque année, une thématique du handicap est érigée en grande cause régionale : quels en sont les objectifs ?
Sandrine Chaix : ces grandes causes régionales nous permettent de faire connaître les différents types de handicap, de donner de la visibilité à ceux qui sont parfois invisibles, de contribuer à changer le regard sur le handicap et d’avoir des réflexions plus opérationnelles et plus réalistes sur les attentes et les besoins des personnes concernées. En 2026, nous avons choisi une grande cause un peu atypique, les talents gourmands, pour mettre en avant toutes ces personnes en situation de handicap qui travaillent dans le maraîchage, les restaurants inclusifs, l’artisanat culinaire et qui contribuent à valoriser notre économie, notre formation, nos produits et nos savoir-faire.
Quels sont les principaux leviers de cette stratégie?
Sandrine Chaix : elle s’appuie avant tout sur un maillage territorial dense, notamment les ESAT, acteurs essentiels de l’inclusion et de l’économie locale. L’innovation, ensuite, est au cœur de notre dynamique : à travers des appels à projets, nous soutenons des startup et entreprises développant des solutions concrètes favorisant l’inclusion et l’accessibilité. Nous misons sur l’exemplarité, avec plus de 12% de nos agents en situation de handicap, mais aussi des actions pour améliorer l’accessibilité de nos espaces (outils de guidage, équipements adaptés). La formation, enfin, est essentielle : nous investissons beaucoup dans la formation de référents handicap et en facilitant l’accès des personnes concernées aux parcours de formation.
Le sport est l’un des volets les plus emblématiques du plan régional handicap : quels sont les enjeux?
Sandrine Chaix : le Club des partenaires H+ sport, que nous avons lancé en 2018, fédère des entreprises soutenant des athlètes via du mécénat financier, matériel et logistique (près de 1 M€ depuis 2018). Cette dynamique favorise un changement de regard sur le handicap et l’inclusion en entreprise.
Fabrice Pannekoucke : à l’approche des Jeux Olympiques et Paralympiques 2030, nous avons souhaité avec Laurent Wauquiez, que la Région soit au rendez-vous pour accompagner les jeunes talents en situation de handicap. Elle mobilise par ailleurs ses compétences pour améliorer l’accessibilité touristique dans les stations, affirmant toute volonté d’inclusion globale et durable des personnes en situation de handicap, qu’il s’agisse des futurs athlètes comme de simples visiteurs.
Quel regard portez-vous sur les efforts réalisés vers plus d’inclusion en Auvergne-Rhône-Alpes depuis dix ans?
Fabrice Pannekoucke : je suis très fier de ce que l’on a déjà accompli. Il reste beaucoup d’actions à mener et nous avons tous un rôle à jouer, que l’on soit agent, élu, prestataire, partenaire de la Région. Ce que l’on fait pour le handicap rend service à l’ensemble de la population, tout en ouvrant les esprits à cette différence dont on doit s’enrichir.
À SAVOIR
Cet article n’a pas été rédigé par la rédaction de Ma Santé.




