
Si certaines assument parfaitement leur toison estivale, d’autres sont à l’affût du moindre poil qui dépasse. Rasoir, cire, crème dépilatoire ou laser… chaque méthode possède ses avantages, ses limites et ses précautions d’utilisation. Pour mieux s’y retrouver avant l’été, Coralie Blache, esthéticienne et directrice des centres esthétiques Carlance à Vienne et Lyon, fait le point sur les différentes techniques d’épilation.
Longtemps considérée comme une norme esthétique presque incontournable, l’épilation n’a jamais autant fait débat. Sur les réseaux sociaux, certaines célébrités et influenceuses revendiquent désormais leurs poils au naturel, transformés en symbole d’acceptation de soi et de liberté corporelle. À l’inverse, les vidéos de routines beauté estivales explosent elles aussi sur TikTok, Instagram ou YouTube, où le “corps lisse parfait” reste encore largement valorisé, surtout à l’approche des vacances.
Entre revendication du “body hair positivity”, retour du maillot sur les plages et multiplication des techniques de plus en plus sophistiquées, les habitudes évoluent rapidement. Le marché mondial de l’épilation continue d’ailleurs de progresser, porté par l’essor du laser, de la lumière pulsée à domicile et des soins dermatologiques esthétiques. Selon plusieurs études de consommation, les jeunes générations alternent désormais davantage entre périodes d’épilation et phases où elles laissent pousser leurs poils sans complexe, loin des diktats rigides des années 2000.
Mais entre le rasoir express avant la plage, la cire longue durée, les crèmes dépilatoires ou les solutions plus permanentes comme le laser, comment savoir quelle méthode est réellement la plus adaptée à sa peau, à son mode de vie… et à l’été ? Le point, avec le concours de Coralie Blache, esthéticienne et directrice des centres esthétiques Carlance, à Vienne (Isère) et Lyon (Rhône).
Le rasoir : rapide mais éphémère
Pratique, économique et indolore, le rasoir reste aujourd’hui la méthode d’épilation la plus utilisée, notamment sur les jambes et les aisselles. Son principal avantage est sa simplicité : quelques minutes suffisent sous la douche pour éliminer les poils visibles. Mais son efficacité reste très temporaire. Le poil est simplement coupé à la surface de la peau, sans être retiré à la racine. La repousse est bien souvent perceptible dès 24 à 48 heures, surtout chez les personnes à pilosité foncée ou dense.
Contrairement à une idée reçue très répandue, le rasage ne fait pas repousser les poils plus épais ou plus nombreux. En revanche, le poil coupé net peut sembler plus dru au toucher lorsqu’il repousse. Le rasoir peut aussi fragiliser la peau lorsqu’il est utilisé trop fréquemment ou sans précaution. Microcoupures, irritations, rougeurs ou poils incarnés sont fréquents, notamment en été lorsque la peau est déjà sensibilisée par le soleil, le sable ou le sel. Les dermatologues recommandent :
- d’éviter le rasage à sec ;
- d’utiliser une mousse ou un gel adaptés ;
- de changer régulièrement de lame ;
- et d’hydrater généreusement la peau après le rasage.
Ces précautions permettent notamment de limiter l’apparition de la “peau de fraise”, ces petits points foncés visibles sur les jambes liés à l’inflammation des follicules pileux.
La cire : des résultats plus durables
La cire chaude ou froide retire le poil directement avec son bulbe. Cette technique offre donc une peau lisse plus longtemps, généralement entre deux et quatre semaines selon la vitesse de repousse. Avec le temps, certaines personnes constatent également une repousse plus fine et moins dense. Mais la méthode n’est pas sans inconvénients.
La douleur reste le principal frein, particulièrement sur les zones sensibles comme le maillot ou les aisselles. La cire peut aussi provoquer de petites irritations, des rougeurs ou des poils incarnés, surtout lorsque la peau est sèche ou que l’exfoliation est insuffisante. Après une épilation à la cire, les dermatologues conseillent d’éviter :
- les bains très chauds ;
- les gommages agressifs ;
- la piscine chlorée ;
- et surtout l’exposition au soleil pendant 24 à 48 heures.
Une peau fraîchement épilée est plus vulnérable aux inflammations et aux taches pigmentaires provoquées par les UV. La cire chaude est également déconseillée chez les personnes souffrant de fragilité capillaire, de varices importantes ou de troubles circulatoires.
La crème dépilatoire : simple mais chimique
Souvent présentée comme une alternative “sans douleur”, la crème dépilatoire agit grâce à des substances chimiques capables de dissoudre la kératine du poil en quelques minutes. L’avantage principal est l’absence de coupure ou d’arrachage. La peau reste généralement douce et la repousse apparaît après trois à cinq jours.
Mais ces produits ne conviennent pas à tout le monde. Les agents chimiques utilisés peuvent provoquer des irritations, des démangeaisons voire de petites brûlures, notamment sur les peaux sensibles. Les autorités sanitaires recommandent d’ailleurs de toujours effectuer un test sur une petite zone de peau 24 heures avant la première utilisation. Il est également préférable :
- de respecter strictement le temps de pose ;
- d’éviter l’application sur une peau irritée ou juste après un coup de soleil ;
- et de bien rincer le produit après usage.
Certaines crèmes dégagent aussi une odeur forte liée aux composés soufrés utilisés pour détruire le poil.
L’épilateur électrique : efficace mais parfois douloureux
Moins souvent évoqué, l’épilateur électrique reste pourtant une solution très populaire. Son fonctionnement ressemble à celui de la cire : de petites pincettes mécaniques arrachent les poils à la racine. Les résultats durent généralement plusieurs semaines et l’appareil peut être rentabilisé sur le long terme.
En revanche, la douleur peut être importante lors des premières utilisations, particulièrement sur les zones sensibles. Des rougeurs et des poils incarnés peuvent également apparaître. Pour limiter les réactions cutanées, il est conseillé d’exfolier la peau régulièrement et d’utiliser l’appareil sur peau propre et sèche.
Laser et lumière pulsée : vers une réduction durable des poils
Le laser médical et la lumière pulsée intense (IPL) visent à détruire progressivement le follicule pileux grâce à la chaleur produite par la lumière. Le laser pratiqué en cabinet médical est aujourd’hui considéré comme la technique la plus efficace pour réduire durablement la pilosité. Plusieurs séances sont nécessaires, généralement espacées de quelques semaines, car les poils ne poussent pas tous au même moment.
La lumière pulsée utilisée en institut ou avec des appareils à domicile fonctionne sur le même principe mais avec une puissance souvent plus faible. Ces méthodes sont généralement plus efficaces sur les poils foncés et les peaux claires, même si les technologies récentes permettent désormais de traiter davantage de phototypes. Attention toutefois, le laser et la lumière pulsée ne sont pas anodins. Rougeurs, sensations de chaleur, irritations ou brûlures peuvent survenir en cas de mauvais réglage ou d’exposition solaire récente. C’est pourquoi les dermatologues recommandent :
- d’éviter le bronzage avant et après les séances ;
- de protéger la peau du soleil ;
- et de faire appel à un professionnel formé, notamment pour le laser médical.
Depuis 2024, en France, les actes d’épilation laser à visée esthétique sont encadrés plus strictement afin de limiter les accidents liés à une mauvaise utilisation des appareils.
À SAVOIR
Les poils ne servent pas uniquement à des fins esthétiques. Selon les dermatologues, ils jouent aussi un rôle de protection contre les frottements et certaines particules extérieures. Les poils des aisselles ou du pubis pourraient notamment aider à limiter les irritations liées aux frottements répétés de la peau, surtout en période de chaleur ou d’activité physique.







