Une femme qui n’arrive pas à dormir et se demande si elle souffre d’un trouble du sommeil.
En moyenne, les Français dorment 6h50 la semaine et les jours travaillés, soit 14 minutes de moins qu'un an auparavant, et 7h48 le week-end et les jours de congé, soit au contraire, 10 minutes supplémentaires. © Freepik

Difficultés à s’endormir, réveils nocturnes, sensation de fatigue au réveil… En France, près d’un adulte sur trois déclare souffrir de troubles du sommeil, selon l’Institut national du sommeil et de la vigilance (INSV). Insomnie, apnée du sommeil, syndrome des jambes sans repos, troubles du rythme biologique… Ces problèmes peuvent perturber les nuits et, à terme, la santé. Décryptage.

Le sommeil est l’un des grands régulateurs de notre santé. Il permet notamment la récupération physique, la consolidation de la mémoire et la régulation hormonale. Pourtant, il est loin d’être toujours au rendez-vous.

En France, près d’un adulte sur trois déclare souffrir de troubles du sommeil, selon l’Institut national du sommeil et de la vigilance (INSV). Et le phénomène semble s’installer : durée de sommeil réduite, endormissement tardif, réveils fréquents… Beaucoup de Français se réveillent fatigués.

Cette fatigue persistante peut parfois être le signe d’un véritable trouble du sommeil. Certains sont bien connus, d’autres plus discrets mais tout aussi perturbants.

L’insomnie, le trouble le plus fréquent

Quand on parle de troubles du sommeil, l’insomnie arrive largement en tête. Elle se caractérise par une difficulté à s’endormir, à rester endormi ou par un réveil trop précoce.

Selon la Haute Autorité de santé (HAS), on parle d’insomnie chronique lorsque ces difficultés surviennent au moins trois fois par semaine pendant plus de trois mois.

Les symptômes peuvent inclure :

  • des difficultés d’endormissement
  • des réveils nocturnes prolongés
  • un réveil matinal précoce
  • une fatigue ou une somnolence dans la journée

L’insomnie peut être liée à de nombreux facteurs : stress, anxiété, troubles de l’humeur, mauvaise hygiène de sommeil ou encore certaines maladies.

Le problème est loin d’être anodin. Selon Santé publique France, un sommeil insuffisant est associé à un risque accru de troubles cardiovasculaires, de diabète et de troubles de l’humeur.

L’apnée du sommeil, un trouble fréquent mais souvent ignoré

Autre trouble majeur, le syndrome d’apnées-hypopnées obstructives du sommeil, plus connu sous le nom d’apnée du sommeil.

Ce trouble se caractérise par des pauses respiratoires répétées pendant la nuit. La respiration s’interrompt pendant quelques secondes, parfois des dizaines de fois par heure.

D’après l’Inserm, l’apnée du sommeil concerne environ 5 à 10 % des adultes. Les signes les plus fréquents sont :

  • des ronflements importants
  • des pauses respiratoires observées pendant la nuit
  • des réveils avec sensation d’étouffement
  • une fatigue persistante ou une somnolence diurne

Le problème est souvent sous-diagnostiqué. Beaucoup de personnes ignorent qu’elles souffrent de ce trouble, parfois pendant des années.

Or, les conséquences peuvent être sérieuses. Selon l’Inserm, l’apnée du sommeil augmente notamment le risque d’hypertension artérielle, d’accident vasculaire cérébral et de maladies cardiovasculaires.

Le syndrome des jambes sans repos, un besoin irrésistible de bouger

Moins connu mais relativement fréquent, le syndrome des jambes sans repos perturbe lui aussi les nuits.

Ce trouble neurologique provoque des sensations désagréables dans les jambes (picotements, fourmillements, tiraillements) accompagnées d’un besoin irrépressible de bouger. Il toucherait 7 à 8 % de la population, surtout des femmes.

Les symptômes apparaissent surtout :

  • le soir ou la nuit
  • en position allongée ou au repos
  • au moment de l’endormissement

Bouger les jambes apporte souvent un soulagement temporaire, mais cela retarde l’endormissement et fragmente le sommeil.

Le syndrome des jambes sans repos peut être lié à plusieurs facteurs, notamment une carence en fer, certaines maladies chroniques ou une prédisposition génétique.

Les troubles du rythme circadien : quand l’horloge interne se dérègle

Notre organisme fonctionne selon une horloge biologique interne appelée rythme circadien, qui régule l’alternance veille-sommeil sur environ 24 heures.

Lorsque cette horloge se dérègle, des troubles du sommeil peuvent apparaître. C’est par exemple le cas :

  • du syndrome de retard de phase (chronotype tardif), fréquent chez les adolescents et jeunes adultes, où l’endormissement survient très tard
  • du syndrome d’avance de phase, plus fréquent chez les personnes âgées
  • du travail posté, qui perturbe fortement les rythmes biologiques

Selon l’Agence nationale de sécurité sanitaire (ANSES), le travail de nuit ou en horaires décalés peut avoir des effets importants sur le sommeil et la santé, notamment sur les risques cardiovasculaires et métaboliques.

Ces troubles se traduisent souvent par des difficultés d’endormissement à des horaires « classiques », une fatigue persistante et une sensation de décalage permanent.

La narcolepsie, un trouble rare mais spectaculaire

Certains troubles du sommeil sont beaucoup plus rares mais particulièrement impressionnants.

La narcolepsie en fait partie. Cette maladie neurologique, bien que très rare, entraîne des accès soudains de sommeil pendant la journée, parfois impossibles à contrôler.

Les symptômes peuvent inclure :

  • une somnolence diurne excessive
  • des endormissements soudains
  • une cataplexie, c’est-à-dire une perte brutale du tonus musculaire déclenchée par une émotion

Ce trouble est lié à un dysfonctionnement des mécanismes cérébraux qui régulent l’éveil et le sommeil.

Même si elle reste rare, la narcolepsie peut avoir un impact important sur la vie quotidienne et nécessite une prise en charge spécialisée.

Un mauvais sommeil ponctuel est courant. Stress, maladie, changements de rythme de vie : de nombreux facteurs peuvent perturber les nuits.

Mais lorsque les troubles durent dans le temps ou qu’ils entraînent une fatigue importante dans la journée, il peut être utile d’en parler à un professionnel de santé. Selon la HAS, plusieurs signes doivent alerter :

  • une fatigue persistante malgré un temps de sommeil suffisant
  • des ronflements importants associés à des pauses respiratoires
  • des difficultés d’endormissement ou des réveils fréquents pendant plusieurs semaines
  • une somnolence importante dans la journée

Un médecin peut alors orienter vers des examens spécifiques, comme un enregistrement du sommeil (polysomnographie), réalisé dans certains centres spécialisés.

De nombreux troubles du sommeil peuvent être améliorés, voire traités. Avant même les traitements médicaux, certaines habitudes peuvent déjà aider :

  • maintenir des horaires de coucher et de lever réguliers
  • limiter les écrans le soir
  • éviter la caféine en fin de journée
  • favoriser une activité physique régulière

La thérapie cognitivo-comportementale de l’insomnie (TCC-I) est aujourd’hui recommandée en première intention par la Haute Autorité de santé pour traiter l’insomnie chronique.

Alors lorsque la fatigue s’installe durablement, elle peut être le signal que notre sommeil a besoin d’attention.

À SAVOIR 

Un adulte a généralement besoin de 7 à 9 heures de sommeil par nuit, selon les recommandations relayées par Santé publique France. Pourtant, en France, les adultes dorment en moyenne 6 h 50 en semaine. Une dette de sommeil prolongée peut accentuer la fatigue et nuire à la santé.

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Marie Briel
Journaliste Ma Santé. Après un début de carrière en communication, Marie s’est tournée vers sa véritable voie, le journalisme. Au sein du groupe Ma Santé, elle se spécialise dans le domaine de l'information médicale pour rendre le jargon de la santé (parfois complexe) accessible à tous.

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