Au travail, les mains passent en permanence d’une surface à l’autre : poignée de porte, bouton d’ascenseur, badgeuse, machine à café, clavier, souris ou téléphone. Ces gestes du quotidien paraissent anodins, mais ils multiplient les occasions de transférer des bactéries, des virus et d’autres micro-organismes d’un collaborateur à l’autre.
Le respect des règles d’hygiène au travail ne repose pas uniquement sur le nettoyage des locaux ou la qualité de l’air. Il dépend aussi de l’entretien des objets manipulés au quotidien, qui constituent autant de points de contact susceptibles de favoriser la transmission des micro-organismes.
Contrairement aux idées reçues, une surface visiblement propre n’est pas forcément la moins contaminée. Un clavier, une souris ou un téléphone régulièrement utilisés par plusieurs personnes peuvent héberger davantage de bactéries ou de virus qu’une étagère poussiéreuse.
Le niveau de contamination dépend principalement de la fréquence des manipulations, du nombre d’utilisateurs, de l’entretien des équipements et du respect de l’hygiène des mains.
Les équipements informatiques parmi les surfaces les plus contaminées
Le clavier, la souris et le téléphone figurent parmi les objets les plus manipulés au cours d’une journée de travail. À chaque utilisation, ils récupèrent naturellement les bactéries présentes sur la peau, mais aussi des résidus de transpiration, de sébum ou de nourriture lorsque les repas sont pris devant l’ordinateur.
Les espaces entre les touches du clavier retiennent facilement les poussières et les salissures, ce qui rend leur nettoyage plus difficile. Les souris et les pavés tactiles sont également utilisés en permanence, parfois par plusieurs utilisateurs.
Le téléphone représente un cas particulier. Qu’il soit fixe ou mobile, il est porté directement au niveau du visage après avoir été manipulé à de nombreuses reprises et posé sur différentes surfaces, notamment dans les transports, les salles de réunion ou les espaces communs.
Lorsqu’il est partagé entre plusieurs collaborateurs, il constitue un vecteur supplémentaire de transmission des micro-organismes.
Les surfaces à contact fréquent favorisent la circulation des microbes
Les poignées de porte, boutons d’ascenseur, interrupteurs, rampes d’escalier ou poignées de fenêtres ne sont pas nécessairement plus sales que d’autres surfaces.
En revanche, ils sont touchés quotidiennement par un grand nombre de personnes, souvent exactement au même endroit.
Les espaces de pause illustrent particulièrement bien ce phénomène. Les poignées du réfrigérateur, du micro-ondes, de la cafetière ou des distributeurs automatiques sont manipulées successivement par des salariés provenant de différents services.
Les éponges humides, les torchons ou les tasses insuffisamment lavées peuvent également favoriser la prolifération de certains micro-organismes.
Les sanitaires ne sont pas systématiquement les endroits les plus contaminés
Les toilettes regroupent naturellement plusieurs surfaces sensibles, comme les poignées de porte, les boutons de chasse d’eau ou les distributeurs de savon.
La poignée de sortie constitue l’un des principaux points de contact, puisqu’elle est utilisée aussi bien par les personnes qui se sont correctement lavé les mains que par celles qui ne l’ont pas fait.
Pour autant, les sanitaires ne sont pas toujours les endroits les plus contaminés de l’entreprise. Les protocoles de nettoyage y sont généralement plus fréquents que sur les postes de travail.
À l’inverse, les équipements informatiques et les objets du quotidien sont parfois nettoyés beaucoup moins régulièrement, ce qui favorise l’accumulation de micro-organismes au fil des jours.
Le flex office et les repas au bureau augmentent les risques de transmission
Le développement du flex office et des espaces de coworking multiplie le nombre d’utilisateurs d’un même poste de travail.
Lorsque les bureaux, les claviers ou les souris ne sont pas nettoyés entre deux utilisateurs, les micro-organismes peuvent être transmis plus facilement d’une personne à l’autre.
L’habitude de déjeuner devant son ordinateur constitue également un facteur de risque. En alternant la manipulation des aliments et celle du clavier ou de la souris, les micro-organismes présents sur les surfaces peuvent être transférés vers les mains, puis vers la bouche.
Le passage des microbes des surfaces à l’organisme
Toucher une surface contaminée ne suffit pas, à lui seul, à provoquer une infection. La peau constitue une barrière naturelle efficace contre la plupart des micro-organismes. La transmission survient principalement lorsque les mains contaminées sont portées au visage, en particulier au niveau des yeux, du nez ou de la bouche. Ces muqueuses représentent les principales portes d’entrée des virus et de certaines bactéries.
Il convient également de relativiser le risque. Une grande partie des bactéries retrouvées sur les bureaux provient du microbiote cutané des utilisateurs et ne présente aucun danger pour une personne en bonne santé.
Le risque augmente lorsqu’une personne atteinte d’une infection respiratoire ou digestive dépose des agents pathogènes, comme les virus responsables du rhume, de la grippe ou de certaines gastro-entérites, sur des surfaces partagées.
Les gestes les plus efficaces pour limiter la contamination
L’hygiène des mains reste la mesure la plus efficace pour interrompre la transmission des micro-organismes. Il est recommandé de se laver les mains à l’eau et au savon, ou d’utiliser une solution hydroalcoolique, en arrivant au travail, après être allé aux toilettes, avant de manger et après s’être mouché.
Le nettoyage des surfaces doit cibler en priorité les objets les plus manipulés, comme les poignées, les interrupteurs, les tables, les téléphones, les claviers ou les souris. Un nettoyage régulier avec un produit adapté est généralement suffisant. Une désinfection plus poussée est surtout indiquée lors d’une épidémie ou dans les espaces de travail partagés.
Les équipements informatiques nécessitent également un entretien régulier avec des produits compatibles afin d’éliminer les salissures sans endommager le matériel.
Enfin, la qualité de l’air ne doit pas être négligée. De nombreux virus respiratoires se transmettent principalement par voie aérienne. Une aération régulière des locaux ou une ventilation efficace permet de renouveler l’air intérieur et de réduire le risque de transmission.
En pratique, les surfaces les plus contaminées au travail sont surtout celles qui sont touchées par un grand nombre de personnes et nettoyées de manière insuffisante. Associés à une bonne hygiène des mains et à une aération régulière des locaux, quelques gestes simples permettent de limiter efficacement la circulation des micro-organismes au bureau.
À SAVOIR
En 1914, l’industriel américain Henry Ford instaure le célèbre salaire de 5 dollars par jour, une rémunération exceptionnelle pour l’époque, mais accordée sous certaines conditions. Pour en bénéficier, les ouvriers devaient notamment satisfaire aux exigences du Département sociologique de l’entreprise, chargé d’évaluer leur mode de vie, leur hygiène et leurs conditions de logement lors de visites à domicile. Les salariés dont les habitudes étaient jugées insuffisantes pouvaient perdre cette prime, voire leur emploi.




