La rougeole vient de faire deux nouvelles victimes aux États-Unis. Le 15 septembre 2026, le département de la Santé de Pennsylvanie a confirmé deux nouveaux décès associés à la maladie. Les deux personnes n’étaient pas vaccinées. L’une vivait dans le comté de Jefferson, l’autre dans celui de Mifflin. Leur mort porte désormais à quatre le nombre de décès associés à la rougeole en Pennsylvanie depuis le début de l’année.
Les autorités de l’État n’ont pas communiqué davantage d’informations médicales pour préserver la vie privée des familles. Les autorités locales du comté de Mifflin ont toutefois indiqué que l’une des victimes était âgée de 18 ans et était décédée d’une encéphalomyélite aiguë disséminée, ou ADEM, une complication neurologique rare et grave pouvant survenir après certaines infections, dont la rougeole.
Comment la rougeole peut-elle tuer ?
La rougeole commence généralement par une forte fièvre accompagnée d’une toux, d’un écoulement nasal et d’yeux rouges. L’éruption apparaît ensuite, d’abord sur le visage avant de descendre progressivement sur le corps. La grande majorité des malades guérissent. Mais la maladie peut parfois entraîner des complications sérieuses, notamment des pneumonies et, plus rarement, des atteintes neurologiques.
C’est ce qui aurait provoqué la mort du jeune de 18 ans dans le comté de Mifflin. Selon les informations communiquées par le coroner local, il a développé une encéphalomyélite aiguë disséminée. Cette réaction inflammatoire rare attaque le système nerveux central et peut endommager le cerveau et la moelle épinière. Les nourrissons, les personnes immunodéprimées et certains adultes sont particulièrement exposés aux formes sévères.
Plus de 3 000 cas de rougeole depuis janvier
Au 10 septembre 2026, 3 294 cas confirmés de rougeole avaient été signalés aux États-Unis depuis le début de l’année, selon les Centers for Disease Control and Prevention (CDC). Le symbole est d’autant plus fort que les États-Unis avaient déclaré la rougeole éliminée en 2000, grâce notamment à une couverture vaccinale élevée.
« Éliminée » ne signifie toutefois pas « disparue ». Le virus continue de circuler dans différentes régions du monde et peut être rapporté par un voyageur infecté. Lorsque presque tout le monde autour de lui est vacciné, la chaîne de contamination a de fortes chances de s’arrêter rapidement. Lorsqu’il arrive dans une communauté insuffisamment protégée, l’histoire peut être très différente.
Rougeole aux États-Unis : mais pourquoi l’épidémie explose-t-elle ?
Pourquoi la rougeole se propage-t-elle aussi vite ?
Le virus n’est pas devenu subitement plus doué. Il l’était déjà beaucoup. La rougeole est l’une des maladies infectieuses les plus contagieuses. Elle se transmet dans l’air lorsqu’une personne malade respire, tousse ou éternue. Surtout, elle peut être transmise avant même l’apparition des fameuses plaques rouges. Le virus dispose donc d’une belle longueur d’avance.
Face à une telle contagiosité, il faut qu’une très grande majorité de la population soit immunisée pour freiner sa circulation. Une couverture vaccinale d’environ 95 % avec deux doses est nécessaire pour empêcher durablement les flambées. Le vaccin reste d’ailleurs très efficace, même s’il est possible, dans de rares cas, d’attraper la rougeole en étant vacciné. Plus le virus rencontre de personnes protégées, plus ses chaînes de transmission ont de chances de s’arrêter rapidement.
La vaccination des enfants recule aux États-Unis
C’est justement là que le bât blesse puisqu’aux États-Unis, ce bouclier collectif se fissure. Chez les enfants entrant en maternelle aux États-Unis, la couverture par le vaccin ROR, contre la rougeole, les oreillons et la rubéole, est passée de 95,2 % en 2019-2020 à 92,4 % en 2025-2026, selon le CDC. Environ 280 000 enfants ne disposent pas d’une vaccination ROR complète documentée.
Et la moyenne nationale peut cacher des écarts importants. Les enfants non vaccinés ne sont pas répartis uniformément dans le pays. Ils peuvent être davantage concentrés dans certaines écoles ou communautés. Le virus peut alors trouver, au même endroit, suffisamment de personnes non protégées pour circuler rapidement. Deux doses de vaccin ROR offrent pourtant environ 97 % de protection contre la rougeole, selon les autorités sanitaires américaines.
Faut-il craindre la même chose en France ?
Pour l’instant, la dynamique française est très différente. Après une forte reprise en 2025, la circulation de la rougeole a considérablement ralenti cette année. Selon le dernier bilan de Santé publique France publié le 10 septembre 2026, 113 cas ont été déclarés entre le 1er janvier et le 31 août, dont un seul nouveau cas au mois d’août. Parmi ces 113 malades, 41 ont été hospitalisés, dont deux en réanimation. Dix-sept ont développé au moins une complication, parmi lesquelles huit pneumopathies. Aucun décès n’a été signalé en France depuis le début de l’année.
Parmi les 76 personnes concernées par la vaccination et dont le statut était connu, 41, soit 54 %, n’étaient pas à jour de leur vaccination. La France sort surtout d’une année 2025 beaucoup plus agitée. Santé publique France avait alors enregistré 873 cas, soit 80 % de plus qu’en 2024. Au total, 319 malades avaient été hospitalisés et sept décès avaient été recensés, dont quatre chez des adultes immunodéprimés ayant contracté la rougeole en 2025 et trois chez des enfants décédés de complications tardives d’une infection antérieure.
À SAVOIR
Le virus de la rougeole peut rester infectieux dans l’air d’une pièce jusqu’à deux heures après le départ d’une personne malade, selon les CDC américains.




