
Les adolescents passent des heures sur TikTok, Instagram ou Snapchat, happés par des contenus calibrés pour capter leur attention plutôt que protéger leur santé. Selon une récente expertise de l’ANSES, ces usages perturbent le sommeil, fragilisent l’estime de soi et impactent profondément le bien-être psychologique. Mais comment ces plateformes, que l’on ouvre machinalement chaque jour, peuvent-elles être si nocives pour les plus jeunes ?
En France, un adolescent sur deux passe entre 2 et 5 heures par jour sur son smartphone. Une immersion quotidienne qui dépasse largement la simple distraction. Dans son rapport publié en janvier 2026, l’Agence nationale de sécurité sanitaire (ANSES) s’appuie sur plusieurs années d’expertise et près d’un millier d’études, pour dresser un constat sans ambiguïté : l’usage intensif des réseaux sociaux peut nuire à la santé mentale et physique des jeunes.
Une alerte qui tombe dans un contexte où le gouvernement français cherche à durcir l’accès des mineurs à ces plateformes, notamment avec des dispositifs de vérification d’âge plus fiables ou des paramétrages par défaut plus protecteurs.
Réseaux sociaux : un modèle qui capte et retient notre attention
Les réseaux sociaux ne sont pas seulement des espaces d’échange. Ce sont des systèmes économiques où l’attention devient le produit. Pour la capter, tout est pensé : scroll infini, vidéos qui s’enchaînent sans pause, notifications qui sollicitent sans relâche. Ces mécanismes, appelés interfaces persuasives, reposent sur des procédés psychologiques capables d’activer nos circuits de récompense.
Pour l’ANSES, ce système crée une “spirale attentionnelle”. Plus un adolescent regarde un type de contenu, plus les algorithmes lui en proposent, renforçant parfois des émotions négatives ou des préoccupations anxieuses.
Chez des jeunes déjà sensibles aux comparaisons sociales et à la recherche de validation, cette captation devient un terrain propice au stress, aux ruminations… et au mal-être.
Adolescence : une période à haut risque
L’adolescence est une phase de développement où le cerveau cherche la nouveauté, la reconnaissance sociale, la vitesse… tout ce que les réseaux offrent à volonté. Les adolescents sont plus vulnérables car :
- leur système de récompense est particulièrement réactif aux likes, aux commentaires et aux signaux sociaux ;
- la régulation émotionnelle n’est pas encore stabilisée ;
- l’identité personnelle est en construction, ce qui rend les comparaisons sociales plus douloureuses ;
- l’importance du groupe, et donc du regard des autres, est maximale.
Cette combinaison crée un terrain fragile où les réseaux sociaux peuvent devenir non pas un simple divertissement, mais une source de pression continue.
Réseaux sociaux : quels sont les vrais risques pour les ados ?
Le premier impact : un sommeil grignoté
S’ils sont fatigués, irritables ou « à fleur de peau », les réseaux sociaux y sont peut-être pour quelque chose. Selon l’ANSES, la perturbation du sommeil est l’un des premiers effets.
Un usage prolongé le soir retarde l’endormissement et dégrade la qualité du sommeil, même lorsque la lumière bleue n’est pas en cause. L’effet vient surtout de l’excitation cognitive et émotionnelle créée par les contenus visionnés. Or, un sommeil altéré entraîne :
- une fatigue chronique,
- davantage d’anxiété,
- une baisse de concentration scolaire,
- un risque accru de symptômes dépressifs.
Autrement dit, la nuit tronquée affecte directement la santé mentale, dans une période où les adolescents en ont le plus besoin.
Image de soi : quand l’idéal numérique éloigne du réel
Les réseaux sociaux proposent aux jeunes un miroir déformant. Ils y voient des corps filtrés, retouchés, parfois complètement irréels, mais présentés comme la norme. Les plateformes très visuelles, Instagram, TikTok, amplifient ce phénomène. Elles alimentent une comparaison sociale quasi permanente, souvent toxique. Chez les adolescents, et encore plus chez les adolescentes, ces usages sont associés à :
- une baisse de l’estime corporelle,
- une intensification des complexes,
- une hausse des troubles alimentaires.
L’ANSES évoque même une influence significative sur l’apparition ou l’aggravation d’angoisses existentielles, de ruminations ou de comportements d’évitement et d’isolement social. Beaucoup de jeunes finissent par se sentir insuffisants face à ces standards omniprésents, construits pour générer du clic, pas pour représenter la réalité.
Les contenus problématiques et le cyberharcèlement
Les algorithmes orientent parfois les adolescents vers des contenus plus sombres. Il peut s’agir de vidéos abordant des comportements dangereux, l’automutilation, des idéologies extrêmes ou anxiogènes.
Le phénomène n’est pas systématique, mais une fois qu’un jeune interagit avec ce type de contenu, même brièvement, l’algorithme peut le replonger dedans, créant un effet « tunnel » potentiellement préjudiciable.
À cela s’ajoute le cyberharcèlement. Qu’il prenne la forme de moqueries publiques, de menaces, d’humiliations ou de diffusion d’images privées, il laisse des traces profondes. Les psychologues voient de plus en plus de jeunes souffrir de symptômes anxieux, de repli, voire d’isolement social et de dépression.
Dangers des réseaux : les adultes aussi sont touchés, mais différemment
On se dit parfois que les adultes sont mieux armés. C’est vrai… en partie. Leur cerveau est mature, leur identité est plus stable, et ils exercent davantage de contrôle. Mais ils ne sont pas immunisés pour autant car les mécanismes de captation de l’attention ne ciblent pas l’âge mais le comportement humain. Les études montrent que les adultes sont également exposés :
- le scroll compulsif, souvent banalisé mais révélateur d’une difficulté à décrocher ;
- des troubles du sommeil, liés à l’usage tardif et à la stimulation permanente ;
- une anxiété accrue, notamment face au flot continu d’actualités et de contenus anxiogènes ;
- une forme de dépendance numérique “douce”, moins visible que chez les adolescents, mais installée dans la durée.
Là où les adolescents voient leur construction identitaire fragilisée, les adultes subissent davantage une érosion progressive de l’attention, du repos et du bien-être mental.
Vers une nécessaire transformation des plateformes
L’ANSES propose une transformation profonde du fonctionnement des réseaux sociaux pour protéger les plus jeunes des risques potentiels. Parmi les priorités :
- un système fiable de vérification de l’âge (ce que les plateformes n’ont toujours pas réussi à mettre en place sérieusement) ;
- des paramètres par défaut protecteurs pour les mineurs, sans exploitation commerciale de la vulnérabilité ;
- la limitation de la recommandation de contenus sensibles ;
- une révision du design même des interfaces pour réduire la captation excessive.
Ces propositions arrivent à un moment où plusieurs pistes législatives sont étudiées en France, notamment l’idée de limiter légalement l’accès aux réseaux sociaux aux moins de 15 ans, une mesure inspirée de modèles déjà envisagés en Australie.
À SAVOIR
Les réseaux sociaux ne sont pas à l’origine de tous les troubles psychiques, mais ils peuvent aggraver un mal-être existant. Selon Santé publique France, près d’un adolescent sur quatre présente des signes de souffrance psychologique, avec une hausse marquée des symptômes dépressifs ces dernières années, notamment chez les jeunes filles.








Erreur grossière dès le titre
Journaleux de pacotille
Amateurs
Un commentaire aussi haineux pour une seule et unique faute, alors que notre média est réputé pour la rigueur de ses contenus et son respect de la langue française ? L’erreur est humaine, et cela ne signifie pas qu’elle est systématique.
Vous aviez sans doute besoin de vous défouler, vous devez vous sentir mieux et nous en sommes très heureux.
Merci en tout cas de nous avoir signalé cette faute.
La rédaction de Ma Santé