Wegovy : le traitement contre l’obésité arrive en comprimé en novembre !

le 7 octobre 2026 à 15h30
Une pharmacienne saisit une boîte de Wegovy en comprimés dans les rayons d’une pharmacie.
Le Wegovy oral arrivera en France dès novembre 2026, sans garantie de remboursement immédiat. © Magnific
Après les injections, place au comprimé. Dès novembre 2026, Novo Nordisk lancera en France une version orale de Wegovy, son célèbre traitement contre l’obésité à base de sémaglutide. À avaler chaque jour, ce nouveau médicament promet de réduire l’appétit et favoriser la perte de poids, mais sans avoir à sortir l’aiguille une fois par semaine.
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Le Wegovy change de forme. Après le stylo injectable, utilisé une fois par semaine, Novo Nordisk s’apprête à commercialiser en France une version en comprimé de son traitement contre l’obésité dès novembre 2026. À l’intérieur, pas de révolution. On retrouve toujours le sémaglutide, cette molécule de la famille des analogues du GLP-1. Elle agit notamment sur les mécanismes de la satiété et contribue ainsi à réduire l’appétit. Ce qui change, c’est son administration. Au lieu d’une injection hebdomadaire, le nouveau Wegovy devra être avalé chaque jour.

Une alternative qui pourrait séduire les patients peu à l’aise avec les injections, sans pour autant rendre le traitement moins contraignant. Car la prise du comprimé obéit à des règles assez précises. Et surtout, son arrivée en pharmacie ne signifie pas qu’il sera accessible ou remboursé pour tout le monde.

Wegovy en comprimé : ce qui va changer pour les patients

Un comprimé chaque jour, mais avec quelques contraintes

Troquer l’injection hebdomadaire contre un comprimé peut sembler plus pratique. Mais le Wegovy oral ne s’avalera pas simplement au petit-déjeuner avec le reste de ses médicaments. Sa prise devra respecter quelques règles pour que le sémaglutide soit correctement absorbé par l’organisme.

Le traitement débutera avec une faible dose, avant d’augmenter progressivement au fil des semaines jusqu’à atteindre 25 mg une fois par jour. Cette montée en puissance permet notamment à l’organisme de s’habituer au médicament. Mais aussi de limiter les effets indésirables digestifs, fréquents avec le sémaglutide.

Autre particularité, le comprimé devra être pris le matin à jeun, après au moins huit heures sans manger, avec une petite quantité d’eau. Il faudra ensuite attendre au moins 30 minutes avant de manger, de boire ou d’avaler un autre médicament. Le comprimé évite donc la piqûre, mais pas toute contrainte ! Là où le Wegovy injectable se prend une fois par semaine, sa version orale devra trouver sa place dans la routine de chaque matin.

À qui le Wegovy en comprimé est-il destiné ?

Pas question, là encore, d’un médicament destiné à perdre quelques kilos avant l’été. Au niveau européen, Wegovy en comprimé est autorisé uniquement chez l’adulte. Contrairement à la forme injectable qui dispose également d’une indication chez certains adolescents.

Il peut être prescrit aux adultes présentant une obésité, définie par un indice de masse corporelle (IMC) d’au moins 30 kg/m². Il est également indiqué à partir d’un IMC de 27 kg/m² chez les personnes en surpoids présentant au moins un problème de santé associé au poids. A savoir une hypertension artérielle, un diabète de type 2, un excès de cholestérol, une apnée obstructive du sommeil ou une maladie cardiovasculaire.

Et le comprimé ne travaille pas tout seul. Son autorisation prévoit qu’il soit utilisé en complément d’une alimentation moins calorique et d’une augmentation de l’activité physique. Il s’inscrit donc dans une prise en charge globale de l’obésité et reste délivré uniquement sur ordonnance.

Jusqu’à 14 % du poids perdu en moyenne lors de l’essai

Après 64 semaines de traitement, soit un peu plus d’un an, les personnes prenant quotidiennement du sémaglutide oral avaient perdu en moyenne 13,6 % de leur poids. Contre seulement 2,2 % chez celles ayant reçu un placebo. Concrètement, une personne pesant 100 kilos au début du traitement aurait perdu autour de 13,6 kilos en moyenne. Et la perte de poids ne concerne pas seulement une poignée de patients. Environ 76 % ont perdu au moins 5 % de leur poids initial.

Reste une nuance importante. Ces chiffres ne permettent pas d’affirmer que le comprimé est aussi efficace, plus efficace ou moins efficace que le Wegovy injectable. En effet, les deux versions n’ont pas été directement comparées dans ces résultats.

Les premières observations chez des patients ayant justement troqué les injections contre le comprimé sont néanmoins prometteuses. Chez 194 personnes ayant effectué ce changement, la perte de poids s’est poursuivie avec 4,1 % supplémentaires en moyenne en trois mois, soit environ quatre kilos. Des données encore préliminaires, mais qui suggèrent que passer à la forme orale n’interrompt pas nécessairement la perte de poids.

Nausées, diarrhées, constipation : les effets indésirables restent là

Attention toutefois, près de trois patients sur quatre (74 %) prenant du sémaglutide oral ont rapporté au moins un trouble digestif au cours des essais. Les nausées, vomissements, diarrhées, constipation et douleurs abdominales restent les problèmes les plus fréquemment rencontrés. Des maux de tête peuvent également survenir. Sur ce point, pas de différence majeure avec le stylo. Selon l’Agence européenne des médicaments, le profil de sécurité du comprimé est globalement comparable à celui du Wegovy injectable.

Ces troubles digestifs apparaissent notamment lorsque les doses augmentent. C’est pourquoi le traitement démarre à faible dose avant de monter progressivement jusqu’aux 25 mg quotidiens. Et ce, afin de permettre à l’organisme de mieux s’y habituer.

Wegovy est remboursé en France depuis juin, mais pas pour tout le monde

Commercialisé en France à partir de novembre, le Wegovy en comprimé ne sera pas pour autant automatiquement remboursé par l’Assurance Maladie. Depuis le 15 juin 2026, la version injectable de Wegovy peut être prise en charge, tout comme Mounjaro, un autre traitement de l’obésité. Mais ce remboursement reste réservé à certains patients. Il concerne notamment les adultes ayant un IMC d’au moins 40 kg/m², ou d’au moins 35 kg/m² lorsqu’il est associé à certaines complications sévères liées à l’obésité. Et après l’échec d’une prise en charge nutritionnelle adaptée.

La première prescription ouvrant droit au remboursement doit également être réalisée dans le cadre d’une prise en charge spécialisée de l’obésité. Des conditions précises sont à respecter lors de la délivrance en pharmacie. Pour la nouvelle version orale, en revanche, la question du remboursement reste distincte de celle de sa commercialisation. Son arrivée sur le marché français en novembre ne suffit pas à lui ouvrir automatiquement les mêmes droits que le stylo injectable. Son prix et son éventuelle prise en charge devront suivre le processus prévu en France.

Le premier GLP-1 oral autorisé en Europe contre l’obésité

Au-delà du changement de forme, l’arrivée de ce comprimé marque une petite étape dans le traitement de l’obésité. Wegovy devient le premier médicament de la famille des agonistes du GLP-1 à pouvoir être pris par voie orale en Europe pour la gestion du poids. Jusqu’ici, les traitements de cette nouvelle génération utilisés contre l’obésité étaient administrés par injection.

Pour certains patients, la différence pourrait compter. La peur des aiguilles, la gêne à l’idée de s’injecter soi-même un médicament ou simplement la préférence pour un comprimé peuvent peser dans le choix et le suivi d’un traitement. La version orale offre donc une possibilité supplémentaire. Même si elle impose en contrepartie une prise quotidienne à jeun assez stricte.

Pas question pour autant d’en faire la nouvelle pilule miracle pour perdre quelques kilos. Rappelons que le Wegovy oral reste un médicament. Il est destiné à traiter l’obésité ou certains cas de surpoids associés à des problèmes de santé. Un médicament délivré uniquement sur ordonnance et en complément de mesures portant notamment sur l’alimentation et l’activité physique.

À SAVOIR  

Les kilos perdus avec le sémaglutide peuvent revenir après l’arrêt du traitement. Dans une étude de suivi menée avec la version injectable, les participants ont repris environ les deux tiers du poids qu’ils avaient perdu dans l’année suivant l’arrêt du médicament. 

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Pascal Auclair
Enfant des radios locales, aujourd'hui homme de médias, il fait partager son expertise de la santé sur les supports print, web et TV du groupe Ma Santé AuRA.

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