Cancer de l’estomac : boire des sodas tous les jours augmenterait le risque

le 1 septembre 2026 à 10h26
Un homme qui boit un soda sans savoir que sa consommation régulière pourrait être associée à un risque accru de cancer de l’estomac.
Santé publique France recommande de limiter les boissons sucrées à un verre par jour maximum, jus de fruits compris. © Magnific
Boire un soda tous les jours pourrait être encore plus mauvais qu’on ne le pensait. Une nouvelle étude établit pour la première fois un lien entre la consommation régulière de boissons sucrées et un risque plus élevé de cancer de l’estomac. De quoi donner un goût un peu plus amer à nos boissons préférées.
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Sodas, limonades, boissons énergisantes… On sait depuis longtemps qu’en abuser n’est pas vraiment une bonne idée pour la santé. Trop sucrées, elles sont notamment associées au surpoids, à l’obésité et au diabète de type 2. Mais leur consommation régulière pourrait avoir une autre conséquence, bien plus inattendue.

Une étude américaine s’est penchée sur un possible lien avec le cancer de l’estomac. Une maladie qui peut longtemps évoluer discrètement avant de provoquer des signes assez banals, comme des douleurs abdominales, une perte d’appétit ou un amaigrissement. Et les boissons sucrées pourraient désormais entrer dans l’équation. Le risque serait nettement plus élevé chez ceux qui en consomment tous les jours.

Cancer de l’estomac : quel lien avec les boissons sucrées ?

Sodas, limonades… qu’ont observé les chercheurs ?

Les chercheurs ont analysé les données de plus de 112 000 adultes américains, suivis pendant plusieurs décennies. Au fil des années, les participants ont régulièrement donné des informations sur leur alimentation, leur mode de vie et leur santé. Les chercheurs ont notamment regardé à quelle fréquence ils consommaient des boissons avec des sucres ajoutés. C’est le cas des sodas, limonades, punchs ou certaines boissons pour sportifs.

Pendant toute la durée du suivi, 278 cas de cancer de l’estomac ont été recensés, dont 140 chez des femmes et 138 chez des hommes. Il s’agissait plus précisément d’adénocarcinomes. La forme la plus courante de ce cancer, qui se développe dans la paroi interne de l’estomac. Les chercheurs ont ensuite comparé le nombre de cancers selon la quantité de boissons sucrées consommée. Et c’est là qu’une différence importante est apparue entre ceux qui en buvaient tous les jours et ceux qui n’en consommaient presque jamais.

Une consommation quotidienne associée à un risque 2,45 fois plus élevé

C’est chez ceux qui consommaient des boissons sucrées tous les jours que l’écart est le plus marqué. Après avoir pris en compte différents facteurs pouvant influencer le risque de cancer, les chercheurs ont constaté que les personnes buvant plus de 240 ml par jour, soit environ un verre ou une petite canette, présentaient un risque de cancer de l’estomac 2,45 fois plus élevé que celles qui en consommaient moins d’une fois par mois.

Cette association apparaît aussi bien chez les femmes que chez les hommes. Mais avec une différence toutefois notable. Le risque était 3,04 fois plus élevé chez les femmes et 1,99 fois plus élevé chez les hommes. Sur les 112 284 personnes suivies, 278 cas de cancer de l’estomac ont été recensés au total.

Cancer de l’estomac : les boissons sucrées bientôt sur la liste des risques ?

Pourquoi le sucre pourrait-il jouer un rôle ?

Une consommation importante de boissons sucrées peut avoir plusieurs effets sur l’organisme. Elle favorise notamment la prise de poids. Elle peut aussi, avec le temps, perturber la façon dont le corps utilise l’insuline, l’hormone qui aide à réguler le taux de sucre dans le sang. Les scientifiques s’intéressent aussi à d’autres effets possibles. Notamment une inflammation persistante dans l’organisme ou des changements au niveau du microbiote intestinal, ces milliards de micro-organismes qui peuplent notre système digestif. Autant de phénomènes qui sont étudiés pour leur possible rôle dans le développement de certains cancers.

Le fructose, présent dans de nombreuses boissons sucrées, fait lui aussi l’objet d’une attention particulière. Mais pour le cancer de l’estomac, le scénario reste encore à éclaircir : plusieurs mécanismes sont possibles et aucun ne permet, à lui seul, d’expliquer le lien observé.

Cancer de l’estomac : une bactérie impliquée dans 80 % des cas

Les boissons sucrées sont une nouvelle piste, mais d’autres facteurs de risque sont déjà bien connus. Selon l’Institut national du cancer (INCa), il s’agit notamment :

Helicobacter pylori peut s’installer durablement dans l’estomac et provoquer une inflammation de sa paroi. Selon l’INCa, elle serait impliquée dans au moins 80 % des cancers de l’estomac, même si seulement environ 1 % des personnes infectées développeraient la maladie. Les chercheurs ont tenté d’en tenir compte, mais cette information n’était disponible que pour 940 des 112 000 participants. Un nombre trop faible pour mesurer précisément son influence sur les résultats.

En France, les boissons sucrées sont déjà à limiter

Les recommandations françaises vont déjà dans ce sens. Santé publique France conseille de ne pas dépasser un verre par jour et rappelle que, pour boire au quotidien, l’eau reste le meilleur choix. Même son de cloche du côté de l’Anses, qui recommande d’en consommer occasionnellement, jus de fruits compris.

Une habitude pourtant encore bien installée. Selon le Baromètre de Santé publique France 2021, 18 % des hommes et 12 % des femmes âgés de 18 à 85 ans déclaraient boire plus d’un verre de boissons sucrées par jour. Cette nouvelle étude ajoute donc une raison de plus de garder la main légère sur les sodas et autres boissons sucrées. Pas question de bannir la moindre canette, mais en faire une habitude quotidienne n’est décidément pas le meilleur réflexe pour sa santé.

À SAVOIR 

Le groupe sanguin pourrait aussi avoir son importance dans le développement d’un cancer. Des travaux du Centre international de recherche sur le cancer (CIRC) ont montré que les personnes de groupe A présentent un risque plus élevé de certaines formes de cancer de l’estomac que celles d’autres groupes sanguins.

Image de Marie Briel
Marie Briel
Journaliste Ma Santé. Après un début de carrière en communication, Marie s’est tournée vers sa véritable voie, le journalisme. Au sein du groupe Ma Santé, elle se spécialise dans le domaine de l'information médicale pour rendre le jargon de la santé (parfois complexe) accessible à tous.

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