Cancer du sein et de la prostate : le Zoladex ne sera bientôt plus remboursé

le 30 septembre 2026 à 15h57
Un médecin qui montre la seringue contenant le traitement anticancéreux Zoladex.
Le Zoladex se présente sous la forme d’un petit implant contenant de la goséréline, placé sous la peau de l’abdomen à l’aide d’une seringue préremplie. © Magnific
À partir du 15 décembre 2026, le Zoladex, une hormonothérapie utilisée contre certains cancers du sein et de la prostate, ne sera plus remboursé par l’Assurance maladie en France. Le médicament restera disponible, mais les patients souhaitant poursuivre ce traitement devront le payer eux-mêmes ou se tourner, avec leur médecin, vers une alternative prise en charge. Une décision demandée par le laboratoire AstraZeneca qui inquiète certains malades.
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A la veille d’Octobre rose, l’annonce a de quoi faire grincer des dents. À compter du 15 décembre 2026, les deux dosages du Zoladex, à 3,6 mg et 10,8 mg, vont sortir de la liste des médicaments remboursables par l’Assurance maladie. Deux arrêtés datés du 30 juin et publiés au Journal officiel ont acté cette radiation.

Le Zoladex, dont la substance active est la goséréline, est une hormonothérapie utilisée depuis plusieurs décennies. Ce traitement agit sur la production de certaines hormones qui peuvent favoriser la croissance des cellules cancéreuses. Il est notamment prescrit dans certains cancers de la prostate. Et, pour le dosage à 3,6 mg, dans certains cancers du sein hormonodépendants chez les femmes non ménopausées.

Ce déremboursement ne signifie toutefois pas que le médicament est dangereux ou inefficace. Le Zoladex restera disponible en pharmacie après le 15 décembre. Seule sa prise en charge par l’Assurance maladie prendra fin, à la suite d’une demande de radiation formulée par son fabricant, AstraZeneca.

Le Zoladex, à quoi sert-il exactement ?

Chez certaines femmes atteintes d’un cancer du sein hormonodépendant, les œstrogènes favorisent la croissance des cellules cancéreuses. Le principe de certaines hormonothérapies consiste donc à priver autant que possible la tumeur de cette stimulation hormonale. Le Zoladex appartient à la famille des agonistes de la GnRH, aussi appelés analogues de la LHRH. Dit plus simplement, le médicament agit sur le système hormonal pour mettre temporairement les ovaires au repos et faire chuter la production d’œstrogènes. C’est une sorte de ménopause provoquée par le traitement. Thérapie généralement réversible après son arrêt chez une femme qui n’était pas proche de la ménopause.

Chez l’homme atteint d’un cancer de la prostate, la logique est comparable, mais la cible principale est la testostérone. Cette hormone peut stimuler le développement des cellules cancéreuses prostatiques. L’hormonothérapie vise donc à réduire son action ou sa production. Le Zoladex se présente sous la forme d’un petit implant administré sous la peau du ventre. Selon le dosage et l’indication, l’injection peut notamment être réalisée tous les mois avec le 3,6 mg ou tous les trois mois avec le 10,8 mg.

Pourquoi va-t-il être déremboursé ?

Cette fois, le déremboursement ne fait pas suite à la découverte d’un nouveau risque sanitaire ni à une remise en cause de l’intérêt médical du médicament. Dans son avis rendu en février 2026, la Haute Autorité de santé (HAS) indique que la demande de radiation émane d’AstraZeneca. Elle précise qu’aucune nouvelle donnée clinique n’a été fournie qui justifierait de modifier son appréciation antérieure du médicament. Autrement dit, la décision de sortir du remboursement n’est pas liée à une nouvelle évaluation défavorable de son efficacité.

Selon les explications données par AstraZeneca, le sujet est économique. Le laboratoire considère que le prix remboursé du médicament était arrivé à un niveau qui n’était plus soutenable. En référence au contexte de baisses tarifaires et de mécanismes de régulation des dépenses pharmaceutiques. Le 15 décembre 2026, les deux présentations de Zoladex seront donc radiées de la liste des spécialités remboursables aux assurés sociaux ainsi que de celle des médicaments agréés aux collectivités.

Combien les patients pourraient-ils devoir payer ?

Seule bonne nouvelle, jusqu’à cette échéance, le Zoladex reste remboursé à 100 % dans les indications ouvrant droit à sa prise en charge. Pour info, actuellement, le prix hors honoraire de dispensation est de 86,03 euros pour le Zoladex 3,6 mg et de 256,66 euros pour le Zoladex 10,8 mg.

Après le 15 décembre, la situation changera. Le médicament restera commercialisé, mais son coût ne sera plus pris en charge par l’Assurance maladie. AstraZeneca a indiqué ne pas prévoir d’augmenter son prix. En revanche, une fois le médicament non remboursable, le prix payé au comptoir pourra varier, notamment en fonction des marges appliquées dans le circuit de distribution. Pour des patients engagés dans une hormonothérapie qui peut s’inscrire dans la durée, la question financière est donc loin d’être anecdotique.

Changer de traitement : quelles conséquences pour les patients ?

Au-delà de la question du prix, le déremboursement peut aussi poser celle de la tolérance au traitement. Comme les autres hormonothérapies de sa famille, le Zoladex peut provoquer des effets indésirables liés à la forte diminution des hormones sexuelles.

Chez les femmes, la goséréline peut notamment entraîner une sécheresse vaginale, des troubles de l’humeur, des maux de tête ou une diminution de la densité osseuse. Chez les hommes traités par hormonothérapie contre un cancer de la prostate, les effets peuvent notamment prendre la forme de bouffées de chaleur. Il est aussi question d’une baisse de la libido, de troubles de l’érection, d’une prise de poids ou d’une fragilisation des os.

Or, la tolérance peut varier d’un patient à l’autre et d’un médicament à l’autre. Pour une personne stabilisée sous Zoladex et qui le supporte bien, la perspective de changer d’hormonothérapie peut donc soulever des interrogations. Et ce, même lorsqu’une alternative remboursée existe.

Existe-t-il des alternatives au Zoladex ?

Oui. Et c’est un point important pour éviter de trop inquiéter. Le déremboursement du Zoladex ne signifie pas que les patients seront privés d’hormonothérapie à partir du 15 décembre. D’autres médicaments de la même grande famille thérapeutique sont disponibles en France. Notamment des traitements à base de leuproréline, comme Enantone, ou de triptoréline, comme Décapeptyl. Ils agissent eux aussi sur l’axe hormonal.

Mais ils ne sont pas interchangeables à l’aveugle. Leur autorisation, leur dosage, leur rythme et leur mode d’administration peuvent différer selon le type de cancer et la situation du patient. Dans le cancer du sein notamment, l’Institut national du cancer rappelle que les indications réglementaires de la goséréline, de la leuproréline et de la triptoréline ne sont pas strictement identiques. Le choix d’une alternative doit donc se faire avec l’oncologue ou l’équipe qui suit le patient. Elle statuera en fonction de la maladie, des autres traitements reçus et de la tolérance individuelle. Pas question, évidemment, d’interrompre ou de modifier seul une hormonothérapie anticancéreuse.

À SAVOIR 

Chez les femmes non ménopausées, le Zoladex met temporairement les ovaires au repos, mais il ne provoque pas systématiquement une ménopause définitive. Après l’arrêt du traitement, les ovaires peuvent recommencer à fonctionner et les règles réapparaître. Cette récupération dépend notamment de l’âge et des autres traitements reçus contre le cancer.

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Pascal Auclair
Enfant des radios locales, aujourd'hui homme de médias, il fait partager son expertise de la santé sur les supports print, web et TV du groupe Ma Santé AuRA.

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