Chikungunya : un premier cas autochtone détecté près de Paris

le 27 août 2026 à 16h09
Un professionnel qui procède à la démoustication d’une zone touchée.
La démoustication consiste à traiter une zone ciblée pour éliminer les moustiques adultes et limiter leur prolifération afin de réduire le risque de transmission de maladies. © Magnific
Le chikungunya se rapproche de Paris. Un habitant de Nogent-sur-Marne, dans le Val-de-Marne, a été diagnostiqué positif le 19 août 2026 alors qu’il ne revenait pas d’une zone où circule le virus. Une première cette année en Île-de-France qui a immédiatement déclenché enquête sanitaire, porte-à-porte et opérations de démoustication pour tenter de couper court à une éventuelle chaîne de transmission locale.
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La psychose du moustique tigre s’installe progressivement en France. Un cas de chikungunya a ainsi été confirmé chez un habitant proche de Paris, à Nogent-sur-Marne, dans le Val-de-Marne. La personne concernée n’avait pas voyagé dans une région où le virus circule. Le cas est donc considéré comme « autochtone », c’est-à-dire que la contamination s’est produite en France. Santé publique France le confirme dans son bulletin régional publié ce 27 août. Il s’agit du premier cas de transmission autochtone de chikungunya identifié en Île-de-France en 2026. D’autres cas ont déjà été identifiés en France, notamment dans le Sud-Ouest.

La personne infectée va bien et n’a pas été hospitalisée, a précisé la Ville de Nogent-sur-Marne. Mais pour les autorités sanitaires, pas question d’attendre les bras croisés. Une enquête a été lancée autour du cas, accompagnée d’une opération de démoustication et d’une recherche active d’autres habitants qui auraient pu présenter des symptômes.

Chikungunya : une enquête sanitaire est lancée en Île-de-France

Du porte-à-porte pour retrouver d’autres malades

Des équipes sont allées à la rencontre des habitants, en porte-à-porte, afin de rechercher d’éventuelles personnes ayant récemment présenté des symptômes compatibles avec le chikungunya. Forte fièvre, douleurs articulaires ou encore maux de tête sont particulièrement surveillés.

Cette recherche permet notamment d’identifier d’éventuels cas passés sous les radars. Car toutes les personnes contaminées ne vont pas nécessairement consulter un médecin. Certaines ne présentent même aucun symptôme. Selon Santé publique France, 10 à 40 % des infections peuvent être asymptomatiques, selon les épidémies. Lorsque la maladie se manifeste, les premiers signes apparaissent généralement après trois à sept jours d’incubation en moyenne.

Une démoustication autour du secteur concerné

En parallèle de l’enquête sanitaire, une première opération de démoustication a été réalisée dans la nuit du 25 au 26 août dans le secteur concerné à Nogent-sur-Marne. Une seconde intervention est prévue, selon la municipalité. L’objectif est d’éliminer les moustiques tigres adultes susceptibles d’avoir piqué la personne infectée et donc d’avoir acquis le virus. Après avoir piqué une personne dont le sang contient le chikungunya, un moustique tigre peut devenir capable de transmettre à son tour le virus lors de piqûres suivantes. Réduire rapidement le nombre de moustiques adultes permet donc de limiter le risque d’apparition de nouveaux cas autour du malade.

La démoustication est réalisée dans un périmètre défini autour des lieux fréquentés par la personne infectée pendant la période où elle pouvait transmettre le virus aux moustiques. Cette stratégie ciblée tient compte du comportement du moustique tigre, qui se déplace généralement sur de faibles distances. L’objectif n’est donc pas de traiter toute la commune. Mais d’interrompre une éventuelle chaîne de transmission locale au plus près du cas identifié.

Fièvre et fortes douleurs articulaires : les symptômes à connaître

Le chikungunya est une maladie virale transmise principalement par des moustiques du genre Aedes, dont le fameux moustique tigre. Chez les personnes qui développent des symptômes, le tableau est souvent assez caractéristique. Selon Santé publique France, la maladie peut provoquer :

  • une forte fièvre d’apparition brutale ;
  • des douleurs articulaires parfois intenses, notamment aux poignets, chevilles et doigts ;
  • des douleurs musculaires ;
  • des maux de tête ;
  • parfois une éruption cutanée.

Dans la majorité des cas, l’évolution est favorable en une dizaine de jours. Mais les douleurs articulaires peuvent parfois jouer les prolongations. Santé publique France estime qu’elles peuvent persister chez 30 à 40 % des patients, pendant plusieurs mois. Voire plusieurs années chez certains d’entre eux.

Déjà 33 cas autochtones de chikungunya en France en 2026

Le chikungunya circule déjà localement dans plusieurs départements français cet été. Dans son bulletin du 26 août 2026, Santé publique France comptabilisait, au 24 août, sept épisodes de transmission autochtone de chikungunya représentant 33 cas en France hexagonale. Ils ont été recensés dans le Tarn, le Lot, la Gironde et désormais le Val-de-Marne.

À cela s’ajoutent les personnes contaminées à l’extérieur du territoire. Entre le 1er mai et le 23 août, 117 cas importés de chikungunya avaient été identifiés en France hexagonale. En Île-de-France uniquement, Santé publique France recensait depuis le 1er mai 18 cas importés, contre 164 sur la même période en 2025. Un cas importé ne signifie pas automatiquement qu’une transmission locale va se produire. Mais lorsque le moustique tigre est présent, chaque personne infectée peut potentiellement constituer le point de départ d’une transmission locale si elle est piquée pendant la période où le virus circule dans son sang.

Chikungunya : l’année 2025 avait déjà battu tous les records

La vigilance actuelle s’explique aussi par ce qui s’est passé l’année dernière. En 2025, 809 cas autochtones de chikungunya avaient été recensés en France hexagonale, un niveau inédit depuis la mise en place de la surveillance renforcée en 2006. À titre de comparaison, entre 2004 et 2024, Santé publique France n’avait enregistré que trois épisodes de transmission autochtone : deux cas à Fréjus en 2010, douze à Montpellier en 2014 et dix-sept au Cannet-des-Maures en 2017. L’année 2025 avait donc marqué un véritable changement d’échelle. Un virage dans un contexte de nombreux cas importés liés notamment à l’épidémie survenue à La Réunion.

C’est pour cette raison que la France dispose désormais d’une surveillance renforcée du chikungunya, de la dengue et du Zika du 1er mai au 30 novembre, période pendant laquelle le moustique tigre est particulièrement actif. Le chikungunya fait par ailleurs l’objet d’une déclaration obligatoire depuis 2006 en métropole.

Éliminer les eaux stagnantes pour limiter les moustiques tigres

À Nogent-sur-Marne comme dans les autres communes où le moustique tigre est implanté, la prévention repose en grande partie sur la suppression des eaux stagnantes dans lesquelles il pond ses œufs. L’espèce se développe volontiers à proximité des habitations et n’a pas besoin d’une mare ou d’un bassin : de petites quantités d’eau peuvent suffire. Coupelles sous les pots de fleurs, seaux, arrosoirs, jouets laissés dehors, gouttières encombrées ou encore récupérateurs d’eau mal fermés peuvent ainsi devenir des gîtes larvaires, c’est-à-dire des endroits où les œufs éclosent et où les larves se développent. Vider régulièrement ces récipients, les ranger à l’abri ou couvrir hermétiquement les réserves d’eau permet donc de limiter la prolifération du moustique tigre autour des habitations.

Le cas détecté à Nogent-sur-Marne ne signifie pas qu’une épidémie de chikungunya est en cours en Île-de-France. Il confirme toutefois qu’une transmission locale est possible lorsque deux éléments sont réunis : la présence du moustique tigre et celle d’une personne infectée susceptible d’être piquée pendant la période où le virus circule dans son sang. 

À SAVOIR 

Chez le moustique tigre, seule la femelle pique. Elle prélève du sang non pas pour se nourrir au quotidien, mais pour récupérer les protéines nécessaires au développement de ses œufs. Les mâles, eux, ne piquent pas et se nourrissent notamment de nectar. 

Image de Marie Briel
Marie Briel
Journaliste Ma Santé. Après un début de carrière en communication, Marie s’est tournée vers sa véritable voie, le journalisme. Au sein du groupe Ma Santé, elle se spécialise dans le domaine de l'information médicale pour rendre le jargon de la santé (parfois complexe) accessible à tous.

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