Vous pensez grappiller quelques minutes de sommeil en appuyant sur “snooze” chaque matin ? En réalité, cette habitude pourrait bien saboter votre qualité de repos… et votre forme pour toute la journée. On vous explique.
C’est une scène familière à des millions de Français : le réveil sonne, et hop, on appuie sur “snooze”, histoire de gagner 5 ou 10 minutes de répit. Une petite victoire matinale contre la tyrannie du réveil ? Pas si sûr.
Selon une étude relayée par le Journal des Femmes Santé, les personnes qui se lèvent dès la première sonnerie de leur réveil rapportent une meilleure qualité de sommeil que celles qui repoussent systématiquement leur lever. Derrière ce geste anodin se cache un impact non négligeable sur notre rythme biologique.
Le réveil sonne… et snooze prend le relais
“Juste 5 minutes de plus” : une illusion bien fatigante
Appuyer sur “snooze”, c’est relancer un cycle de sommeil… mais pour quelques minutes seulement. Et c’est là que le bât blesse. Car ce “micro-sommeil” est de mauvaise qualité, souvent interrompu, et surtout, il perturbe la dernière phase du sommeil : le sommeil paradoxal, essentiel pour la récupération cognitive et émotionnelle.
D’après une étude menée par l’université de Notre-Dame aux États-Unis (publiée dans le Journal of Sleep Research, 2023), 70 % des personnes qui utilisent le snooze se réveillent finalement plus fatiguées, avec un sentiment de confusion et une baisse de concentration dans la matinée.
Le Pr Stephen Mattingly, auteur principal de l’étude, explique : “Le snooze ne permet pas de dormir plus, il dérègle la régulation naturelle du réveil et empêche l’organisme de sortir du sommeil en douceur.”
Snooze-réveil-sommeil : un trio qui fatigue plus qu’il ne repose
Utiliser le snooze, c’est en fait programmer une série de micro-réveils stressants. Le cerveau, qui s’apprêtait à émerger doucement du sommeil, reçoit un signal de stress (le son du réveil), se rendort un peu, puis est à nouveau brutalement réveillé. Résultat, un cortisol (l’hormone du stress) qui grimpe en flèche dès le saut du lit.
Cette alternance sommeil-réveil-sommeil peut provoquer un état d’inertie du sommeil, un brouillard cérébral qui peut durer jusqu’à 4 heures après le lever chez certaines personnes.
Et le smartphone dans tout ça ?
Si vous combinez cette mauvaise habitude avec l’utilisation de votre smartphone comme réveil, alors là, c’est la double peine.
En plus de la fonction snooze facile d’accès, votre smartphone vous expose à la lumière bleue, qui inhibe la mélatonine, l’hormone du sommeil. Résultat, votre rythme circadien est perturbé, et votre sommeil devient plus léger, moins réparateur. Consulter son téléphone au lit ou au réveil est l’un des premiers facteurs de dérèglement du sommeil chez les jeunes adultes.
Ajoutez à cela les notifications, les messages, les réseaux sociaux… et vous avez tout un monde numérique qui vous saute dessus avant même que vous ayez mis un pied hors du lit.
Le bon réflexe : se réveiller une bonne fois pour toutes
- Choisissez un réveil sans snooze : ou désactivez la fonction si elle est présente. Vous n’aurez pas le choix de vous lever, et c’est tant mieux
- Mettez votre réveil loin du lit : il faudra se lever pour l’éteindre. Radical, mais diablement efficace.
- Optez pour un simulateur d’aube : cette lumière progressive imite le lever du soleil et aide votre cerveau à se réveiller naturellement.
- Respectez des horaires réguliers : se coucher et se lever à la même heure, y compris le week-end, régule votre horloge biologique.
- Dites adieu au smartphone dans la chambre : laissez-le charger dans une autre pièce. Votre sommeil vous dira merci.
Essayez. Une fois. Puis deux. Vous verrez, votre corps et votre tête finiront par vous dire merci. Et cette fameuse “inertie du sommeil” ne sera plus qu’un mauvais souvenir.
À SAVOIR
Le bouton snooze nuit aussi à votre mémoire. En interrompant les dernières phases de sommeil, essentielles à la consolidation des souvenirs, vous limitez votre capacité à retenir ce que vous avez appris la veille. Se lever dès la première alarme, c’est aussi bon pour le cerveau








