Un scientifique mène des recherches pour améliorer les traitements et la survie des patients atteints de cancer.
De nouveaux traitements ciblés et immunothérapies présentés à l’ASCO 2026 pourraient prolonger la vie de certains patients atteints de cancers avancés. © Magnific

Nouveaux médicaments, traitements plus ciblés, immunothérapies plus efficaces… Lors du grand congrès mondial contre le cancer organisé début juin 2026 à Chicago par l’American Society of Clinical Oncology, plusieurs chercheurs ont présenté des résultats encourageants pour des patients atteints de cancers avancés. Des progrès qui pourraient permettre de vivre plus longtemps avec certains cancers, et parfois avec moins d’effets secondaires.

Chaque année, le congrès de l’ASCO rassemble des dizaines de milliers de médecins et chercheurs venus du monde entier. Pendant quelques jours, ils présentent les dernières découvertes sur les cancers et les traitements en cours de développement. Et cette année, plusieurs annonces ont particulièrement retenu l’attention. Selon l’Institut national du cancer, près de 433 000 nouveaux cas de cancers sont diagnostiqués chaque année en France. Même si les traitements progressent régulièrement, certains cancers restent encore très difficiles à soigner, surtout lorsqu’ils sont détectés tardivement ou qu’ils deviennent métastatiques, c’est-à-dire qu’ils se propagent dans d’autres parties du corps.

Depuis vingt ans, la recherche contre le cancer avance à grands pas. Certaines maladies autrefois presque toujours mortelles peuvent aujourd’hui être stabilisées pendant plusieurs années grâce à de nouveaux traitements. Dans certains cancers du sein, du poumon ou du sang, les médecins parlent même désormais de maladies “chroniques”, avec lesquelles certains patients parviennent à vivre longtemps. Mais il reste encore de nombreux défis. Certains cancers résistent aux traitements, d’autres récidivent rapidement, et les effets secondaires des thérapies restent parfois très lourds.

Un nouvel espoir contre le cancer du pancréas

Parmi les avancées les plus commentées figure un traitement expérimental contre le cancer du pancréas métastatique. Ce cancer est l’un des plus agressifs et les traitements disponibles restent encore limités. Le problème avec le cancer du pancréas, c’est qu’il provoque souvent peu de symptômes au début. Il est donc fréquemment découvert tardivement, lorsque la maladie s’est déjà propagée. Selon l’Institut national du cancer (INCa), moins d’un patient sur dix est encore vivant cinq ans après le diagnostic.

Lors du congrès, des chercheurs ont présenté des résultats encourageants avec un médicament capable de bloquer une anomalie appelée KRAS. Cette anomalie agit un peu comme un “interrupteur bloqué” qui pousse les cellules cancéreuses à se multiplier sans s’arrêter. Pendant longtemps, les scientifiques pensaient qu’il était impossible de cibler cette protéine. Certains chercheurs la surnommaient même “l’Everest de l’oncologie”, tant elle semblait difficile à neutraliser. Mais plusieurs laboratoires travaillent désormais sur de nouveaux médicaments capables de la bloquer. Chez certains patients, ces traitements ont permis de ralentir la progression de la maladie pendant plusieurs mois supplémentaires. Pour les spécialistes, ce n’est pas encore une guérison, mais c’est une avancée importante dans un cancer où les progrès restent rares.

Des traitements de plus en plus “sur mesure”

Autre grande tendance observée à l’ASCO 2026 : la médecine personnalisée. Pendant longtemps, les traitements contre le cancer étaient souvent les mêmes pour tous les patients atteints d’une même maladie. Aujourd’hui, les médecins essaient au contraire d’adapter les soins au profil précis de chaque tumeur.

Concrètement, les chercheurs analysent les anomalies génétiques présentes dans les cellules cancéreuses afin d’identifier leurs points faibles. Cela permet ensuite de proposer des médicaments ciblés, capables d’agir directement sur certains mécanismes utilisés par la tumeur pour grandir. L’objectif est d’éviter les traitements inutiles et choisir le médicament qui a le plus de chances de fonctionner. Cette approche change progressivement la manière de soigner certains cancers. Dans certains cas, deux patients atteints du même cancer ne recevront plus forcément le même traitement, car leurs tumeurs peuvent être très différentes sur le plan génétique.

Une simple prise de sang pour suivre le cancer

Autre avancée très prometteuse présentée à l’ASCO : la biopsie liquide. Cette technique consiste à rechercher, dans une simple prise de sang, des fragments d’ADN libérés par les cellules cancéreuses dans l’organisme. Contrairement à une biopsie classique, qui nécessite de prélever directement un morceau de la tumeur à l’aide d’une aiguille ou d’une intervention, cet examen est beaucoup plus léger pour les patients.

La biopsie liquide permet aux médecins de surveiller l’évolution du cancer plus facilement et plus régulièrement. Selon l’Institut Curie, ces analyses pourraient notamment aider à détecter plus rapidement lorsqu’un traitement devient moins efficace ou lorsque la maladie recommence à progresser. Pour les patients, cela pourrait aussi limiter certains examens invasifs, réduire les hospitalisations et permettre d’adapter les traitements plus rapidement.

L’immunothérapie continue de progresser

Depuis quelques années, l’immunothérapie change profondément la lutte contre certains cancers. Contrairement à la chimiothérapie, qui attaque directement les cellules cancéreuses, l’immunothérapie aide le système immunitaire à reconnaître et détruire les tumeurs. Lors du congrès, plusieurs études ont montré des résultats encourageants dans des cancers du poumon, du foie ou de la vessie.

Certaines nouvelles molécules permettent notamment de rendre les cellules cancéreuses plus visibles pour les défenses naturelles de l’organisme. En quelque sorte, elles empêchent les tumeurs de “se cacher” du système immunitaire. Ces traitements ne fonctionnent pas chez tous les patients, mais ils permettent parfois d’obtenir des réponses très durables chez certaines personnes atteintes de cancers avancés.

Les chercheurs cherchent aussi à mieux adapter les traitements pour éviter certains effets secondaires inutiles. Dans certains cancers du sein par exemple, des tests permettent désormais d’évaluer précisément le risque de récidive. Certaines patientes peuvent parfois éviter une chimiothérapie si elle apporte peu de bénéfices. Cette évolution est importante, car les traitements contre le cancer peuvent être très éprouvants :

  • fatigue,
  • douleurs,
  • nausées,
  • troubles de la mémoire,
  • chute des cheveux…

peuvent fortement affecter le quotidien. L’idée n’est donc plus seulement de traiter davantage, mais de traiter plus intelligemment.

À SAVOIR 

Certaines immunothérapies contre le cancer peuvent provoquer un phénomène spectaculaire appelé “pseudo-progression”. Après le début du traitement, la tumeur peut parfois sembler grossir sur les scanners avant de finalement diminuer. Selon l’Institut national du cancer, cette réaction s’explique par l’arrivée massive de cellules immunitaires autour de la tumeur, qui donne temporairement l’impression que le cancer progresse alors que le traitement est en train d’agir.

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Ma Santé

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Marie Briel
Journaliste Ma Santé. Après un début de carrière en communication, Marie s’est tournée vers sa véritable voie, le journalisme. Au sein du groupe Ma Santé, elle se spécialise dans le domaine de l'information médicale pour rendre le jargon de la santé (parfois complexe) accessible à tous.

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