Une femme se regarde dans le miroir, à la recherche d’une solution pour retendre sa peau sans recourir à la chirurgie.
Comme pour tout acte de médecine esthétique, un avis médical préalable est recommandé afin d’évaluer précisément les bénéfices attendus, les risques potentiels et les alternatives thérapeutiques disponibles. © Magnific

Redessiner les traits du visage, atténuer un double menton ou raffermir un cou qui se relâche, sans bistouri ni anesthésie générale… C’est la promesse du LaserLift®, une technique de médecine esthétique mini-invasive qui suscite un intérêt croissant en France. Comment fonctionne ce traitement au laser réalisé sous la peau ? Quels résultats peut-on réellement attendre ?

Un jour, sans vraiment savoir quand cela a commencé, le reflet dans le miroir semble avoir changé. Les contours du visage paraissent moins dessinés, les bajoues s’installent discrètement, le cou perd en fermeté. Au fil des années, la production de collagène et d’élastine diminue naturellement, rendant la peau plus fine et moins tonique.

Pour autant, tout le monde n’est pas prêt à franchir le pas du lifting chirurgical. Entre les crèmes anti-âge aux résultats souvent limités et une intervention au bloc opératoire jugée trop lourde, la médecine esthétique s’est imposée comme une voie intermédiaire. Injections d’acide hyaluronique, radiofréquence, ultrasons focalisés, fils tenseurs… Les techniques se multiplient pour répondre à une même attente : obtenir un résultat naturel avec un minimum de contraintes. Dernier venu dans cette galaxie de traitements mini-invasifs, le LaserLift® promet de retendre la peau grâce à une fine fibre optique introduite sous l’épiderme. Mais comment ça marche ? 

Le relâchement de la peau ne tient pas seulement à l’apparition des rides. Avec les années, c’est toute l’architecture du visage qui évolue progressivement. Dès l’âge de 25 ans environ, l’organisme produit moins de collagène, cette protéine qui assure la fermeté et la résistance de la peau. Dans le même temps, la fabrication d’élastine, indispensable à sa souplesse et à sa capacité à retrouver sa forme après avoir été étirée, ralentit elle aussi.

Mais le vieillissement cutané ne se limite pas à la peau. Au fil du temps, les tissus graisseux qui donnent du volume au visage se déplacent, les muscles perdent en tonicité et la structure osseuse se remodèle lentement. L’ovale du visage devient ainsi moins net, les joues s’affaissent et le cou a tendance à se relâcher. Si le vieillissement est un processus naturel, certains facteurs peuvent l’accélérer. Le tabac, les expositions répétées au soleil sans protection, la pollution, le stress chronique ou encore les variations importantes de poids fragilisent davantage les tissus. Selon l’Inserm, jusqu’à 80 % des signes visibles du vieillissement cutané seraient liés à des facteurs environnementaux, au premier rang desquels figure l’exposition chronique aux rayons ultraviolets.

Comment fonctionne le LaserLift® ?

Contrairement aux lasers utilisés en surface pour traiter les taches pigmentaires ou améliorer le grain de peau, le LaserLift® agit directement sous la peau. Le médecin introduit une microfibre optique très fine, généralement plus fine qu’une aiguille classique, dans le tissu sous-cutané. Cette fibre diffuse une énergie laser qui chauffe les tissus de manière contrôlée. Cette chaleur :

  • provoque une rétraction immédiate des fibres de collagène existantes ;
  • stimule les fibroblastes, les cellules chargées de fabriquer du nouveau collagène ;
  • peut également agir sur de petits amas graisseux localisés, notamment au niveau du double menton.

Le résultat attendu est un effet tenseur progressif associé à une amélioration de la qualité de la peau.Cette approche s’inscrit dans la famille des techniques d’endolifting, déjà utilisées depuis plusieurs années en médecine esthétique.

Quelles zones peuvent être traitées ?

Le LaserLift® est principalement utilisé pour traiter le relâchement du bas du visage. Les zones les plus fréquemment concernées sont :

  • l’ovale du visage ;
  • les bajoues ;
  • le double menton ;
  • le cou ;
  • les sillons autour de la bouche.

Certaines équipes médicales l’utilisent également sur le corps, notamment au niveau des bras, du ventre, des genoux ou de l’intérieur des cuisses. L’objectif n’est pas de modifier les traits du visage, mais de restaurer une meilleure définition des contours et d’améliorer la fermeté de la peau.

Pour qui cette technique est-elle adaptée ?

Le LaserLift® s’adresse principalement aux personnes présentant un relâchement cutané léger à modéré et qui souhaitent éviter la chirurgie. Les meilleurs résultats sont généralement observés chez les patients âgés de 35 à 60 ans dont la peau conserve encore une certaine élasticité. En revanche, lorsque l’excès de peau est important ou que le relâchement touche les structures profondes du visage, un lifting chirurgical reste souvent la solution la plus efficace. 

Il est donc important de rappeler qu’un traitement « sans chirurgie » ne signifie pas qu’il offre les mêmes résultats qu’une intervention chirurgicale. Le LaserLift® ne retire pas l’excès de peau et ne corrige pas le relâchement musculaire profond. Il agit essentiellement sur la qualité de la peau et sur les tissus superficiels. Le choix du traitement dépend avant tout d’un diagnostic personnalisé réalisé par un professionnel qualifié.

Comment se déroule une séance ?

Le traitement est réalisé en cabinet médical, généralement sous anesthésie locale. Après avoir désinfecté la zone à traiter, le praticien réalise une anesthésie locale afin de limiter l’inconfort. La microfibre optique est ensuite introduite sous la peau par de minuscules points d’entrée presque invisibles. Guidée avec précision, cette fibre diffuse l’énergie laser dans les différentes zones ciblées. L’objectif est de stimuler la production de collagène et de provoquer une remise en tension progressive de la peau. Une séance se déroule généralement en plusieurs étapes :

  • consultation préalable pour évaluer le relâchement cutané et vérifier l’absence de contre-indications ;
  • désinfection de la zone et réalisation d’une anesthésie locale ;
  • introduction de la microfibre sous la peau par de très petits points d’entrée ;
  • diffusion contrôlée de l’énergie laser selon différents axes ;
  • vérification du résultat immédiat et recommandations post-traitement.

Selon les zones traitées, la séance dure généralement entre 30 minutes et une heure et demie. Une fois le traitement terminé, le patient peut rentrer chez lui le jour même, sans hospitalisation. Dans les jours qui suivent, des rougeurs, un léger gonflement, une sensation de chaleur ou de petites ecchymoses peuvent apparaître. Ces effets secondaires, le plus souvent temporaires, disparaissent généralement en quelques jours. La reprise des activités quotidiennes est souvent rapide. Il est toutefois conseillé d’éviter les expositions au soleil, les activités sportives intenses ainsi que les sources de chaleur, comme le sauna ou le hammam, pendant la période de récupération.

Quels résultats peut-on attendre ?

Le LaserLift® ne promet pas un effet « avant-après » spectaculaire dès la sortie du cabinet. Son action ne fait que relancer naturellement la production de collagène. Un premier effet tenseur peut être visible immédiatement après la séance, grâce à la rétraction des fibres de collagène déjà présentes dans la peau. Mais l’essentiel du résultat se construit au fil des semaines. En stimulant les fibroblastes, les cellules chargées de fabriquer le collagène, le traitement déclenche un processus appelé néocollagénèse. Autrement dit, la peau se régénère progressivement de l’intérieur. Les améliorations apparaissent généralement de façon graduelle :

  • les contours du visage semblent mieux définis ;
  • l’ovale du visage gagne en fermeté ;
  • le relâchement du cou peut être atténué ;
  • la peau paraît plus dense et plus tonique.

Les résultats définitifs sont habituellement évalués entre trois et six mois après le traitement. Leur durée varie toutefois d’une personne à l’autre. L’âge, la qualité de la peau, les habitudes de vie, le tabagisme, l’exposition au soleil, l’alimentation ou encore les variations de poids influencent directement l’évolution des tissus. Il est également important de garder des attentes réalistes. Le LaserLift® peut améliorer certains signes du vieillissement, mais il ne remplace pas un lifting chirurgical lorsque le relâchement cutané est important. Car si cette technique permet de donner un coup de pouce aux mécanismes naturels de la peau, elle ne suspend pas le temps qui passe. Le vieillissement se poursuit, simplement de façon plus harmonieuse.

Même s’il est présenté comme peu invasif, le LaserLift® reste un acte médical. Comme toute intervention utilisant une source d’énergie, il comporte des risques potentiels. Les effets indésirables les plus fréquemment rapportés sont :

  • des rougeurs ;
  • un gonflement temporaire ;
  • des ecchymoses ;
  • des irrégularités passagères ;
  • des troubles pigmentaires.

Plus rarement, des brûlures ou des lésions nerveuses peuvent survenir. Le choix du praticien est donc essentiel. En France, la médecine esthétique n’est pas reconnue comme une spécialité médicale à part entière. La Société française des chirurgiens esthétiques plasticiens rappelle qu’il est préférable de s’adresser à un médecin formé à ces techniques, qu’il soit dermatologue, chirurgien plasticien ou médecin esthétique expérimenté. Une consultation préalable doit permettre d’évaluer les bénéfices attendus, les contre-indications éventuelles et les alternatives possibles.

À SAVOIR 

Le collagène ne sert pas seulement à garder une peau ferme : c’est la protéine la plus abondante du corps humain. Selon l’Inserm, il représente près de 30 % des protéines de l’organisme et sa production diminue naturellement d’environ 1 % par an à partir de 25 à 30 ans. 

Inscrivez-vous à notre newsletter
Ma Santé

Article précédentComa artificiel : que se passe-t-il réellement dans le corps et le cerveau ?
Article suivantCancer des os : et si c’était les symptômes d’un myélome multiple ?
Marie Briel
Journaliste Ma Santé. Après un début de carrière en communication, Marie s’est tournée vers sa véritable voie, le journalisme. Au sein du groupe Ma Santé, elle se spécialise dans le domaine de l'information médicale pour rendre le jargon de la santé (parfois complexe) accessible à tous.

LAISSER UN COMMENTAIRE

S'il vous plaît entrez votre commentaire!
S'il vous plaît entrez votre nom ici