Un mal de tête inhabituel qui s’aggrave progressivement ne traduit pas toujours une simple migraine ou une céphalée passagère. Lorsqu’il devient de plus en plus intense malgré les antalgiques, qu’il s’accompagne de troubles de la vision, de vomissements, d’une faiblesse d’un côté du corps ou encore d’une crise d’épilepsie, il peut révéler une thrombose veineuse cérébrale.
Cette maladie neurologique rare correspond à la formation d’un caillot dans une veine du cerveau. Contrairement aux formes les plus fréquentes d’accident vasculaire cérébral (AVC), le sang n’est plus correctement évacué, ce qui entraîne une augmentation de la pression à l’intérieur du crâne et peut provoquer des lésions cérébrales.
Quels sont les symptômes d’une thrombose veineuse cérébrale ?
Déjà, contrairement à l’AVC classique, dont les symptômes apparaissent brutalement, ceux de la thrombose veineuse cérébrale s’installent généralement de façon progressive, sur plusieurs heures ou plusieurs jours.
Le signe le plus fréquent est un mal de tête inhabituel. Souvent décrit comme persistant et de plus en plus intense, il résiste aux traitements antidouleur habituels et peut s’aggraver lorsque la personne s’allonge, tousse ou fait un effort qui augmente la pression dans le crâne.
Au fur et à mesure que la pression augmente, d’autres symptômes peuvent apparaître. Certaines personnes présentent une vision floue ou double, tandis que d’autres développent une faiblesse d’un bras ou d’une jambe, des difficultés à parler, une perte de sensibilité ou encore des crises d’épilepsie. Dans les formes les plus sévères, une confusion, une somnolence importante ou une altération de la conscience peuvent également survenir.
Face à un mal de tête nouveau, intense et persistant associé à des troubles neurologiques, il est indispensable d’appeler immédiatement le 15 ou le 112.
Quelle est la différence entre une thrombose veineuse cérébrale et un AVC classique ?
Même si elle fait partie des accidents vasculaires cérébraux, la thrombose veineuse cérébrale fonctionne différemment d’un AVC ischémique classique.
Dans un AVC ischémique, une artère se bouche et prive une partie du cerveau d’oxygène. Les symptômes apparaissent alors brutalement, en quelques secondes ou quelques minutes.
En fait, dans une thrombose veineuse cérébrale, c’est une veine qui est obstruée par un caillot. Le sang ne parvient plus à s’évacuer correctement, ce qui provoque une augmentation progressive de la pression dans le cerveau. Les symptômes évoluent donc plus lentement et sont dominés par le mal de tête plutôt que par une paralysie soudaine.
Cette maladie touche également un profil de patients différent. Elle survient plus fréquemment chez des adultes jeunes, notamment chez les femmes en âge de procréer.
Pourquoi développe-t-on une thrombose veineuse cérébrale ?
La thrombose veineuse cérébrale apparaît lorsque le sang coagule de manière excessive dans une veine cérébrale.
Chez les femmes, certaines situations hormonales augmentent ce risque. C’est notamment le cas de certaines pilules contraceptives contenant des œstrogènes, mais aussi pendant la grossesse et surtout dans les semaines qui suivent l’accouchement.
D’autres personnes présentent une prédisposition à fabriquer des caillots en raison d’anomalies de la coagulation, héréditaires ou acquises.
Plus rarement, une infection située près du cerveau, comme une sinusite sévère, une otite ou une méningite, peut favoriser la formation d’un caillot. Certains cancers, des maladies inflammatoires, une obésité importante ou une déshydratation sévère constituent également des facteurs de risque.
Comment le diagnostic est-il confirmé ?
Le diagnostic repose d’abord sur les symptômes et l’examen clinique réalisé par le médecin.
Afin de confirmer la présence d’un caillot, des examens d’imagerie sont ensuite réalisés. Un scanner cérébral peut montrer certaines anomalies, mais l’examen de référence reste l’angioscanner veineux ou l’IRM veineuse. Ces examens permettent de visualiser précisément les veines cérébrales et d’identifier celle qui est obstruée.
Ils servent également à rechercher d’éventuelles complications, comme un œdème cérébral ou une petite hémorragie provoquée par l’augmentation de la pression veineuse.
Comment soigne-t-on une thrombose veineuse cérébrale ?
La prise en charge débute rapidement à l’hôpital, le plus souvent dans une unité neurovasculaire.
Le traitement repose avant tout sur des anticoagulants. Leur objectif est d’empêcher le caillot de s’étendre afin de permettre au sang de retrouver progressivement un écoulement normal. Après une première phase sous héparine, un traitement anticoagulant oral est généralement poursuivi pendant plusieurs mois.
Cette prise en charge peut sembler surprenante lorsqu’une petite hémorragie est présente sur le scanner. Pourtant, dans cette situation, l’hémorragie est provoquée par la surpression dans les veines. Traiter le caillot reste donc indispensable.
Des médicaments contre la douleur ou contre les crises d’épilepsie peuvent également être prescrits selon les symptômes.
Dans les formes les plus graves, lorsque l’œdème cérébral menace le pronostic vital, une intervention peut être envisagée afin de retirer le caillot ou de diminuer la pression exercée sur le cerveau.
Quelles peuvent être les conséquences après une thrombose veineuse cérébrale ?
Le pronostic est généralement meilleur que celui des AVC provoqués par l’obstruction d’une artère. Grâce à une prise en charge rapide, la majorité des patients retrouvent leur autonomie.
La récupération n’est toutefois pas toujours complète. Même après la disparition des déficits neurologiques, certaines personnes continuent de souffrir d’une fatigue importante, de troubles de la concentration, de difficultés de mémoire ou de maux de tête persistants.
Dans certains cas, une épilepsie peut également apparaître plus tard après l’accident.
Une rééducation adaptée et un suivi neurologique régulier permettent d’accompagner le retour à une vie personnelle et professionnelle dans les meilleures conditions.
À SAVOIR
En 1560, le roi de France François II serait mort à seulement 16 ans après avoir souffert d’une violente douleur à l’oreille, suivie de céphalées intenses, de convulsions et d’une rapide dégradation neurologique. Malgré les soins d’Ambroise Paré, les médecins de l’époque seraient restés impuissants face à cette maladie. Selon les historiens de la médecine, le jeune souverain aurait très probablement succombé à une thrombose veineuse cérébrale consécutive à une infection de l’oreille. Sa disparition aurait profondément marqué l’histoire de France en favorisant la régence de Catherine de Médicis et les crises politiques qui suivirent.




