Un boulanger qui fabrique plusieurs sortes de pains.
En France, chaque habitant consomme en moyenne 105 g de pain par jour, soit deux petites tranches selon Santé publique France. © Freepik

Longtemps roi de nos tables, le pain blanc perd peu à peu son statut de star de la boulangerie. Trop raffiné, trop pauvre en fibres, il est pointé du doigt par les nutritionnistes. Alors, quel pain choisir pour sa santé ? Faut-il miser sur le pain complet, le seigle ou encore le pain au levain ? Décryptage.

C’est sans doute le plus consommé en France. Selon l’Observatoire du pain, près de 70 % des Français mangent du pain blanc chaque jour. Mais derrière son succès se cache une réalité nutritionnelle décevante.

Fabriqué à partir de farine raffinée (T45 ou T55), le pain blanc perd une grande partie de ses fibres, minéraux et vitamines au cours du processus d’usinage. Un index glycémique élevé, qui entraîne des pics de glycémie et une satiété de courte durée.

Selon l’Anses (Agence nationale de sécurité sanitaire), les Français consomment en moyenne 23 g de fibres par jour, quand les recommandations fixent l’apport à 30 g minimum.

D’où l’intérêt, face aux étals du boulanger toujours achalandés de pains bien différents, de pouvoir faire un choix éclairé et de retenir la recette la meilleure pour la santé… et pour le goût !

Le pain complet : un allié riche en fibres

Le pain complet est fabriqué à partir de farine intégrale qui conserve toutes les parties du grain : le son, l’amande et le germe. Cette composition lui confère un profil nutritionnel bien plus intéressant que le pain blanc. D’abord parce qu’il contient deux à trois fois plus de fibres. Environ 6 à 7 g pour 100 g, contre seulement 3 g pour le pain blanc, selon les données de l’ANSES.

Ces fibres ralentissent la digestion, limitent l’élévation de la glycémie et favorisent un meilleur transit intestinal. Elles sont aussi bénéfiques pour le microbiote, ces milliards de bactéries qui peuplent notre intestin et jouent un rôle clé dans l’immunité et le métabolisme.

L’Autorité Européenne de Sécurité des Aliments (EFSA) recommande d’ailleurs un apport quotidien de 25 à 30 g de fibres. Or, dans une alimentation où les fruits et légumes ne suffisent pas toujours, le pain complet devient un allié précieux.

Le pain de seigle : un atout pour la glycémie

Moins consommé que le pain de blé, le pain de seigle mérite pourtant toute notre attention. Sa richesse en fibres solubles, notamment les pentosanes, ralentit l’absorption des glucides et aide à maintenir une glycémie plus stable. Une étude publiée dans Nutrition Journal en 2010 a mis en évidence que les consommateurs réguliers de pain de seigle présentaient une meilleure régulation de l’appétit et une sensation de satiété prolongée.

Autre avantage, le seigle contient davantage de minéraux essentiels comme le magnésium et le potassium, qui jouent un rôle dans le fonctionnement nerveux, musculaire et cardiaque. Pour les personnes qui cherchent à éviter les coups de fatigue liés aux fluctuations de sucre dans le sang, le pain de seigle est une option sérieuse.

Le pain au levain : plus digeste et nourrissant

Si la farine compte, la méthode de fabrication est tout aussi importante. Le pain au levain, qui repose sur une fermentation lente grâce à des levures et bactéries naturelles, possède plusieurs avantages prouvés scientifiquement. D’abord, cette fermentation dégrade une partie de l’acide phytique, un composé qui bloque l’absorption de minéraux comme le fer et le zinc. Ensuite, elle rend le pain plus digeste, notamment pour les personnes sensibles au gluten.

Des travaux recensés dans Critical Reviews in Food Science and Nutrition (2021) montrent que le pain au levain a un index glycémique plus bas qu’un pain classique, et une meilleure biodisponibilité des nutriments. Ce mode de fabrication artisanal, plus long, confère également au pain une meilleure conservation et des saveurs plus riches.

Les alternatives : épeautre, petit épeautre, sarrasin et maïs

Au-delà du blé, d’autres farines gagnent en popularité :

  • Le pain d’épeautre ou de petit épeautre : riche en protéines et en minéraux, souvent mieux toléré que le blé moderne.
  • Le pain de sarrasin (blé noir) : sans gluten naturellement, intéressant pour varier les apports.
  • Le pain de maïs : doux en goût, mais attention, souvent plus pauvre en fibres.

Ces pains peuvent être de bons compléments pour diversifier son alimentation, à condition de vérifier qu’ils ne soient pas mélangés à de la farine blanche raffinée.

Pain aux céréales, pain aux graines, pain de mie complet… Derrière ces appellations séduisantes se cachent parfois des produits moins sains qu’il n’y paraît.

Le pain aux céréales peut n’être qu’un pain blanc recouvert de quelques graines en surface. Quant au pain de mie industriel, il contient souvent du sucre ajouté, des matières grasses et des émulsifiants (E471, E472), pointés du doigt par plusieurs études pour leurs effets potentiels sur le microbiote intestinal.

Selon une enquête de l’UFC-Que Choisir (2022), plus de la moitié des pains de mie vendus en supermarché contiennent des additifs. Pour s’y retrouver, il est recommandé de lire les étiquettes et de privilégier les produits les plus simples : farine, eau, sel, levain ou levure.

Pour la santé, les nutritionnistes s’accordent : mieux vaut remplacer le pain blanc par des alternatives plus riches en fibres et à fermentation lente.

Les meilleurs choix sont :

  • Pain complet (idéal pour l’apport en fibres)
  • Pain de seigle (excellent pour la glycémie)
  • Pain au levain (plus digeste et nourrissant)
  • Pain de petit épeautre ou multigrains artisanaux

En revanche, limiter le pain blanc, le pain de mie industriel et les pains très transformés reste une recommandation clé.

La baguette blanche fait partie du patrimoine culturel et du plaisir de manger à la française. Elle n’a pas à disparaître de nos assiettes, mais doit rester une gourmandise occasionnelle, plutôt qu’une base quotidienne. 

Comme le rappellent de nombreux nutritionnistes, c’est la régularité des choix qui compte. Un repas ponctué d’un morceau de baguette n’aura pas d’impact majeur, mais une consommation exclusive de pain blanc à long terme n’est pas idéale pour la santé.

À SAVOIR

Selon Santé publique France, les Français consomment en moyenne 105 g de pain par jour, soit deux petites tranches. C’est trois fois moins qu’il y a 50 ans.

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Marie Briel
Journaliste Ma Santé. Après un début de carrière en communication, Marie s’est tournée vers sa véritable voie, le journalisme. Au sein du groupe Ma Santé, elle se spécialise dans le domaine de l'information médicale pour rendre le jargon de la santé (parfois complexe) accessible à tous.

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