Syndrome de la queue-de-cheval : simple hernie discale ou urgence chirurgicale ?

Mimie Mathy, assise dans un fauteuil roulant lors d’une interview accordée à « Sept à Huit » en extérieur.
Atteinte du syndrome de la queue-de-cheval, Mimie Mathy a témoigné des difficultés qu’elle rencontre au quotidien. ©TF1 / Sept à Huit
À l’origine de lourdes séquelles chez Mimie Mathy, le syndrome de la queue-de-cheval correspond à une compression rare des nerfs situés au bas de la colonne vertébrale. Troubles urinaires, perte de sensibilité du périnée ou faiblesse des jambes exigent une prise en charge immédiate. Pourquoi constitue-t-il une urgence ? Peut-on remarcher après l’opération ? Nos réponses.
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« Depuis six mois, je ne marche plus du tout. » Dans une interview accordée à Sept à Huit, diffusée le 30 août 2026 sur TF1, Mimie Mathy a raconté la dégradation de sa mobilité liée au syndrome de la queue-de-cheval, malgré plusieurs opérations.

Désormais en fauteuil roulant, la comédienne indique qu’aucune nouvelle intervention ne peut lui être proposée.

Pourquoi parle-t-on de « queue de cheval » ?

La moelle épinière descend dans la colonne vertébrale avant de s’arrêter généralement au niveau des premières vertèbres lombaires. Plus bas, le canal rachidien contient un faisceau de racines nerveuses lombaires et sacrées dont la disposition évoque les crins d’une queue de cheval.

Ces nerfs participent à la motricité et à la sensibilité des jambes, mais aussi au fonctionnement de la vessie, du rectum, de l’anus et des organes génitaux. Ils transmettent notamment les sensations provenant du périnée, des fesses et de la face interne des cuisses.

Une hernie, une tumeur ou une autre lésion peut réduire l’espace disponible dans le canal lombaire et comprimer plusieurs racines simultanément. Les échanges entre le système nerveux et le bas du corps sont alors perturbés. Rare, le syndrome de la queue-de-cheval concernerait environ une à trois personnes sur 100 000.

Quand une sciatique doit-elle alerter ?

Le syndrome peut commencer par une douleur lombaire accompagnée d’une sciatique. Celle-ci descend dans une jambe, parfois dans les deux, et peut s’accompagner de fourmillements ou d’un engourdissement. Fréquents dans la population, ces symptômes ne suffisent cependant pas à évoquer une compression grave.

L’alerte vient surtout de l’apparition de troubles urinaires, sensitifs ou moteurs inhabituels. La personne peut avoir du mal à commencer à uriner, devoir pousser, constater un affaiblissement du jet ou moins bien ressentir le passage de l’urine.

Elle peut aussi ne plus percevoir correctement que sa vessie est pleine et conserver une quantité importante d’urine après être allée aux toilettes.

L’incontinence n’est donc pas toujours le premier signe. Elle survient parfois plus tard, lorsque la vessie, excessivement remplie, finit par déborder. Attendre l’apparition de fuites importantes peut ainsi retarder la prise en charge.

Une perte de sensibilité dite « en selle » est également caractéristique. Elle concerne les régions du corps qui seraient en contact avec une selle : le périnée, les organes génitaux, le pourtour de l’anus, les fesses et l’intérieur des cuisses. Certaines personnes remarquent, par exemple, qu’elles ressentent moins le contact du papier toilette.

Les symptômes qui imposent de se rendre aux urgences

Une lombalgie ou une sciatique nécessite une évaluation hospitalière immédiate lorsqu’elle s’accompagne de difficultés récentes à commencer ou à contrôler la miction, d’une impossibilité d’uriner malgré une sensation de vessie pleine ou de fuites inhabituelles.

Une incontinence fécale, une perte de sensibilité autour de l’anus, du périnée ou des organes génitaux, ainsi qu’une diminution des sensations pendant les rapports sexuels doivent aussi conduire à consulter sans attendre.

La même urgence s’applique en cas de faiblesse nouvelle ou croissante d’une ou des deux jambes, de difficulté à relever le pied, à marcher ou à rester debout, ou lorsqu’une douleur sciatique apparaît brutalement des deux côtés.

Face à l’un de ces signes, il faut appeler le 15 ou le 112, ou se rendre directement aux urgences. La compression peut être partielle au début et se manifester uniquement par une modification des sensations urinaires.

À un stade plus avancé, une rétention indolore, une incontinence par débordement ou une perte importante de la sensibilité périnéale peuvent survenir. L’aggravation se produit parfois en quelques heures ou quelques jours, même si certaines formes évoluent plus lentement.

La hernie discale, principale cause du syndrome

Une volumineuse hernie discale lombaire constitue la cause la plus fréquente. Une partie du disque intervertébral fait alors saillie vers l’arrière et comprime les racines nerveuses. Chez une personne dont le canal lombaire est naturellement étroit, une hernie moins importante peut suffire à provoquer le syndrome.

Une fracture vertébrale, un traumatisme, une tumeur, une métastase, une infection, un abcès épidural ou un hématome peuvent également être responsables. Plus rarement, la compression apparaît après une opération du rachis, une infiltration ou dans le cadre d’une maladie inflammatoire.

Une fièvre, un cancer connu, la prise d’un traitement anticoagulant ou un traumatisme récent doivent donc être signalés aux urgentistes afin d’orienter rapidement les examens.

L’IRM permet de confirmer la compression

À l’hôpital, le médecin retrace l’apparition et l’évolution des symptômes. Il examine la force musculaire, les réflexes et la sensibilité des jambes et du périnée. Le tonus du sphincter anal peut être contrôlé, tandis qu’une échographie de la vessie permet parfois de mesurer la quantité d’urine restant après la miction.

Aucun symptôme ni examen clinique ne suffit toutefois à confirmer ou à écarter le diagnostic. Une IRM lombaire doit être réalisée rapidement pour visualiser les racines nerveuses, localiser une éventuelle compression et en rechercher la cause. Une autre technique d’imagerie peut être envisagée lorsque cet examen est impossible.

La présence de signes évocateurs ne signifie pas que le syndrome sera systématiquement confirmé. Seule l’imagerie permet de déterminer si les nerfs sont réellement comprimés.

Une opération pour libérer les nerfs

Lorsque l’IRM confirme le diagnostic, une décompression chirurgicale est organisée au plus vite. Si une hernie discale est en cause, une discectomie permet de retirer le fragment qui appuie sur les nerfs. Une laminectomie peut aussi être pratiquée afin d’enlever une partie de l’arc osseux d’une vertèbre et d’élargir le canal rachidien.

Le traitement dépend ensuite de l’origine de la compression. Un abcès peut nécessiter un drainage associé à des antibiotiques, tandis qu’une tumeur ou un hématome demande une prise en charge spécifique. Dans tous les cas, l’objectif consiste à libérer les racines nerveuses avant que les lésions ne deviennent irréversibles.

Une intervention précoce augmente les chances de récupération, notamment lorsqu’elle a lieu dans les 24 heures suivant l’apparition des troubles neurologiques. Ce délai ne constitue cependant pas une limite au-delà de laquelle l’opération serait inutile. Même lorsque les symptômes sont plus anciens, l’évaluation demeure urgente.

Peut-on remarcher après un syndrome de la queue-de-cheval ?

La chirurgie vise d’abord à stopper l’aggravation et à préserver les fonctions nerveuses encore présentes. Elle ne garantit ni une amélioration immédiate ni une récupération complète. Le pronostic dépend principalement de la gravité des symptômes avant l’intervention, de la durée de la compression et de l’état des nerfs.

Certaines personnes retrouvent progressivement leur force et leur capacité à marcher. La réparation nerveuse étant lente, les progrès peuvent se poursuivre pendant plusieurs mois. La rééducation aide alors à restaurer la motricité, l’équilibre et l’autonomie.

Les fonctions urinaires, intestinales ou sexuelles récupèrent parfois plus lentement et peuvent rester altérées. Un suivi urologique, des sondages intermittents, une prise en charge du transit ou une rééducation neurologique sont parfois nécessaires. Des douleurs nerveuses, une faiblesse musculaire ou des troubles de la sensibilité peuvent aussi persister.

Le syndrome de la queue-de-cheval peut donc entraîner une paralysie, mais cette évolution n’est pas systématique. Une difficulté nouvelle à uriner, une perte de sensibilité du périnée ou une faiblesse croissante des jambes doivent toujours conduire à consulter en urgence.

À SAVOIR

En 1888, William Thorburn, chirurgien à la Manchester Royal Infirmary, publie dans la revue Brain une étude intitulée On Injuries of the Cauda Equina. À partir de plusieurs observations cliniques, il décrit les paralysies, les troubles urinaires et la perte de sensibilité périnéale provoqués par une compression de la queue-de-cheval. L’un des patients était un mineur de 15 ans blessé par la chute d’une pierre. Les autres cas étaient liés à une chute d’échafaudage, une tumeur ou un spina-bifida.

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Pier Paolo Walack
Journaliste pour Ma Santé. Formé au marketing, Pier Paolo s'est tourné vers le journalisme avec l’envie de mieux informer et de donner du sens aux sujets traités. Aujourd’hui, il s’intéresse particulièrement aux questions de santé, qu’il aborde avec un souci de clarté, de pédagogie et de fiabilité, afin d’aider les lecteurs à mieux comprendre des informations parfois complexes.

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