Movember et infertilité : peut-on devenir père après un cancer du testicule à 25 ans ?

le 2 novembre 2026 à 14h02
Un homme assis sur une table d’examen échange avec un professionnel de santé aux mains gantées.
Avant les traitements d’un cancer du testicule, le médecin informe le patient des possibilités de préserver sa fertilité, même sans projet d’enfant immédiat. © Magnific
Depuis le 1er novembre, Movember remet la santé masculine au premier plan, notamment le cancer du testicule. Chez les jeunes hommes concernés, la maladie peut bousculer un futur projet d’enfant. En France, des solutions permettent de préserver la fertilité avant les soins.
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Depuis le 1er novembre, les moustaches font leur retour pour Movember. Ce mouvement invite à parler plus ouvertement de santé masculine, notamment du cancer du testicule. Une maladie qui touche des hommes jeunes, à une période où les projets professionnels, amoureux et familiaux se dessinent encore.

À l’annonce du diagnostic, la priorité est de se soigner. Mais les interrogations portent aussi sur la vie d’après. Pourra-t-on avoir un enfant après un cancer, même si l’on n’en souhaite pas aujourd’hui ? La question est légitime, car la maladie et certains traitements peuvent affecter la fertilité.

Un cancer du testicule ne rend pas forcément infertile

Dans un cancer des testicules, la tumeur peut diminuer la quantité et la qualité des spermatozoïdes avant même les traitements. Mais retirer le testicule malade ne signifie pas renoncer à une paternité. Si celui qui reste fonctionne correctement, il peut assurer seul leur production et permettre une conception naturelle.

La chimiothérapie peut endommager les cellules à l’origine des spermatozoïdes. La radiothérapie peut également affecter leur production, selon la zone traitée et les doses reçues. Ces effets peuvent être temporaires ou durables. Certaines opérations des ganglions abdominaux peuvent aussi perturber l’éjaculation, en dirigeant le sperme vers la vessie. Le risque dépend donc du traitement et de la fertilité avant les soins.

Conserver son sperme avant les traitements

Même sans envie de bébé dans l’immédiat, une conservation du sperme est proposée pour préserver les possibilités de devenir père plus tard. L’équipe médicale organise un rendez-vous dans un centre spécialisé, notamment un CECOS, un centre qui assure la conservation des spermatozoïdes. Cette démarche est proposée même sans projet d’enfant immédiat, idéalement avant l’opération et avant les traitements complémentaires.

Le sperme est généralement recueilli par masturbation, dans une pièce dédiée. Il est ensuite analysé puis congelé à −196 °C dans de petits tubes appelés « paillettes ». Plusieurs recueils peuvent être nécessaires pour conserver suffisamment de spermatozoïdes. Cette préservation pour raison médicale est prise en charge par l’Assurance maladie. Chaque année, le centre demande au patient s’il souhaite poursuivre la conservation.

Devenir père après la maladie

Après les soins, la production de spermatozoïdes peut reprendre, mais la récupération varie selon les hommes et les traitements reçus. Un spermogramme, une analyse du sperme, permet d’évaluer leur nombre et leur mobilité. Le moment pour envisager une grossesse se discute avec l’équipe médicale, car une contraception reste nécessaire pendant certains traitements et durant une période après leur arrêt.

Si une conception naturelle s’avère difficile, les spermatozoïdes conservés peuvent servir à une insémination ou à une fécondation in vitro. Le choix dépend notamment de leur qualité et du bilan de fertilité des deux partenaires. Ces techniques offrent une possibilité supplémentaire, sans garantir une grossesse. En l’absence de spermatozoïdes utilisables, un recours au don peut être envisagé dans le cadre d’une assistance médicale à la procréation.

À SAVOIR 

Les spermatozoïdes congelés peuvent être utilisés des dizaines d’années après leur recueil. Selon l’AP-HP, cette conservation permet d’envisager une aide médicale à la procréation bien plus tard, lorsque le projet d’enfant se précise. La durée de stockage ne garantit toutefois pas une grossesse. 

Image de Marie Briel
Marie Briel
Journaliste Ma Santé. Après un début de carrière en communication, Marie s’est tournée vers sa véritable voie, le journalisme. Au sein du groupe Ma Santé, elle se spécialise dans le domaine de l'information médicale pour rendre le jargon de la santé (parfois complexe) accessible à tous.

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