Un homme atteint de la maladie de Parkinson qui essaie de tenir correctement sa canne.
La maladie de Parkinson touche davantage les hommes que les femmes. © Freepik

Et si la prochaine avancée majeure contre la maladie de Parkinson ne venait ni d’un scanner, ni d’une prise de sang… mais des intestins ? Des chercheurs de University College London ont publié le 20 avril 2026, dans la revue Nature Medicine, une étude montrant que certaines anomalies du microbiote intestinal observées chez des patients atteints de Maladie de Parkinson sont aussi présentes chez des personnes génétiquement à risque mais encore sans symptômes. Explications.

La Maladie de Parkinson est la deuxième maladie neurodégénérative la plus fréquente après la maladie d’Alzheimer. En France, elle toucherait environ 270 000 personnes, avec près de 25 000 nouveaux cas par an, selon l’Inserm.

Le problème, c’est qu’elle est souvent diagnostiquée tardivement. Quand apparaissent les premiers symptômes visibles (tremblements, rigidité, lenteur des gestes, troubles de l’équilibre) la maladie évolue déjà depuis plusieurs années et une partie des neurones produisant la dopamine est déjà détruite. Même si la recherche avance, le dépistage est encore souvent limité à ces premiers symptômes visibles.

Une étude publiée le 20 avril 2026 dans la revue Nature Medicine, menée notamment par des chercheurs de University College London, ouvre toutefois la piste d’un dépistage plus précoce. Les chercheurs ont identifié certaines anomalies dans les selles qui pourraient, à terme, aider à repérer la maladie avant l’apparition des premiers symptômes.

Le microbiote intestinal est un ensemble de micro-organismes vivant dans notre tube digestif : 

  • bactéries, 
  • virus, 
  • levures, 
  • champignons microscopiques. 

Nous en hébergeons des milliards. Ils participent à la digestion, au métabolisme, au fonctionnement immunitaire… et semblent aussi dialoguer avec le cerveau.

Les chercheurs parlent d’« axe intestin-cerveau », un réseau de communication impliquant le système nerveux, les hormones, l’immunité et le nerf vague, véritable autoroute entre l’abdomen et le cerveau.

Depuis plusieurs années, plusieurs travaux suggèrent que la Maladie de Parkinson pourrait, chez certains patients, commencer en partie dans l’intestin. Des troubles digestifs comme la constipation chronique peuvent d’ailleurs apparaître bien avant les signes moteurs, parfois des années en amont.

Une étude publiée en 2026 relance l’espoir

La nouvelle étude qui fait parler d’elle a été menée par des chercheurs de University College London et d’autres équipes internationales. Publiée le 20 avril 2026 dans la revue Gut Microbes, elle s’est intéressée au microbiote de plusieurs groupes de participants :

  • des personnes atteintes de Maladie de Parkinson ;
  • des personnes porteuses d’un variant génétique du gène GBA1, connu pour augmenter le risque de développer la maladie ;
  • des personnes sans facteur de risque identifié.

Certaines altérations du microbiote intestinal observées chez les patients atteints de Parkinson étaient également retrouvées chez des porteurs du variant GBA1 encore sans symptômes.

Ce qui pourrait dire que des changements biologiques seraient visibles dans l’intestin avant les premiers signes cliniques.

Bientôt un test de selles pour dépister la maladie ? 

Pas tout à fait. Un bon biomarqueur doit cocher plusieurs cases exigeantes :

  • être fiable ;
  • distinguer les personnes malades des non-malades avec une bonne précision ;
  • fonctionner sur de larges populations ;
  • être reproductible dans différents pays ;
  • rester pertinent malgré l’âge, l’alimentation, les médicaments ou les antibiotiques.

Or le microbiote est tout sauf figé. Il change selon ce que l’on mange, notre environnement, nos traitements, notre stress, notre sommeil, nos infections passées… Deux personnes en parfaite santé peuvent déjà avoir des microbiotes très différents.

Les chercheurs devront donc confirmer que la signature observée est bien liée à Parkinson, et non à d’autres facteurs.

Parkinson : l’intestin peut-il vraiment influencer le cerveau ?

Sans conclure trop vite, plusieurs mécanismes biologiques sérieux sont aujourd’hui étudiés pour comprendre le lien entre intestin et Maladie de Parkinson.

Les scientifiques s’intéressent notamment à :

Chez les patients, cette protéine peut s’accumuler sous forme d’amas toxiques dans le cerveau. Des travaux expérimentaux suggèrent qu’elle pourrait, dans certains cas, apparaître d’abord dans le système digestif puis remonter progressivement vers le cerveau via le nerf vague, qui relie les deux organes. Cette hypothèse reste toutefois débattue et ne résume pas à elle seule toute la maladie.

Aucun test de selles validé en routine ne permet aujourd’hui de diagnostiquer ou de prédire la Maladie de Parkinson.

Mais prendre soin de son microbiote est déjà le premier geste prévention.

  • Miser sur les fibres alimentaires : légumes, fruits, légumineuses, noix, graines et céréales complètes nourrissent les bonnes bactéries intestinales.
  • Bouger régulièrement : l’activité physique favorise la diversité du microbiote et améliore aussi la santé cardiovasculaire et neurologique.
  • Dormir suffisamment : un sommeil perturbé agit sur l’inflammation, le stress et l’équilibre intestinal.
  • Limiter les aliments ultra-transformés : souvent pauvres en fibres et riches en additifs, sucres ou graisses de mauvaise qualité.
  • Utiliser les antibiotiques à bon escient : ils sont parfois indispensables, mais peuvent aussi déséquilibrer durablement la flore intestinale lorsqu’ils sont pris inutilement.

Ce n’est pas une assurance anti-Parkinson. En revanche, elles reposent sur un socle solide de santé publique : mieux manger, mieux dormir, bouger davantage et préserver son équilibre digestif. 

À SAVOIR 

La perte de l’odorat peut parfois précéder la Maladie de Parkinson de plusieurs années. Selon la Fondation Parkinson et plusieurs travaux scientifiques, une diminution progressive de la capacité à sentir certaines odeurs peut apparaître bien avant les tremblements ou la rigidité. 

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Ma Santé

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Marie Briel
Journaliste Ma Santé. Après un début de carrière en communication, Marie s’est tournée vers sa véritable voie, le journalisme. Au sein du groupe Ma Santé, elle se spécialise dans le domaine de l'information médicale pour rendre le jargon de la santé (parfois complexe) accessible à tous.

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