Une femme atteinte du syndrome de Cushing et victime d'une prise de poids inexpliquée.
Le syndrome de Cushing entraîne souvent une prise de poids inexpliquée. © Adobe Stock

Vous prenez du poids sans raison apparente, surtout au niveau du ventre et du visage ? Et si c’était le syndrome de Cushing ? Cette maladie endocrinienne rare, encore méconnue, est liée à un excès de cortisol dans l’organisme. Explications.

Le syndrome de Cushing est une maladie rare qui touche environ 2 à 3 personnes sur 1 million chaque année, selon l’Inserm. Elle résulte d’une exposition prolongée à un taux élevé de cortisol, une hormone essentielle pour la régulation du métabolisme, de la pression artérielle ou encore de la réponse au stress.

Mais quand le cortisol devient trop présent, c’est là que les ennuis commencent : prise de poids inhabituelle, fatigue, troubles du sommeil, hypertension, et même diabète. Le tout, souvent sans cause évidente pour le patient.

Une prise de poids très caractéristique

C’est souvent le premier signe qui met la puce à l’oreille. Contrairement à une prise de poids classique, celle liée au syndrome de Cushing est centrée sur le tronc : le ventre, la nuque (bosse dite de “bison”) et surtout le visage, qui devient rond et rougeâtre, d’où le terme de “face lunaire”. Les bras et les jambes, eux, restent relativement fins.

Selon les données de Santé Publique France, 3 femmes sur 4 touchées par cette maladie présentent cette morphologie particulière. Une répartition de la graisse très spécifique, qui peut alerter les médecins, surtout lorsqu’elle s’accompagne d’autres symptômes.

Les autres signes à ne pas négliger

En plus de la prise de poids, le syndrome de Cushing peut s’accompagner de :

C’est cette accumulation de symptômes qui doit alerter et pousser à consulter. Le diagnostic peut être long, car la maladie est rare et ses signes peuvent faire penser à d’autres troubles.

Une origine endogène : le corps produit trop de cortisol

La majorité des cas est due à une tumeur bénigne de l’hypophyse (petite glande située à la base du cerveau) qui stimule à outrance les glandes surrénales. C’est ce qu’on appelle la maladie de Cushing (forme la plus fréquente du syndrome).

Une cause exogène : les corticoïdes

Parfois, c’est l’utilisation prolongée de traitements à base de corticoïdes (comme la prednisone pour l’asthme ou les maladies auto-immunes) qui provoque ce déséquilibre. Dans ce cas, il ne s’agit pas d’une surproduction naturelle, mais d’un effet secondaire médicamenteux.

Un diagnostic précis mais parfois tardif

Le diagnostic repose sur des examens hormonaux, comme la mesure du cortisol dans les urines ou la salive, et des tests de suppression. Si une tumeur est suspectée, une IRM cérébrale ou un scanner surrénalien peut être nécessaire.

Mais attention, le diagnostic peut être difficile à poser, car les symptômes évoluent lentement et peuvent passer inaperçus pendant des mois, voire des années.

Quel traitement pour le syndrome de Cushing ?

Tout dépend de la cause :

  • En cas de tumeur, une intervention chirurgicale est souvent proposée, avec de bons taux de réussite si elle est réalisée rapidement.
  • Si la cause est médicamenteuse, une réduction progressive des corticoïdes est envisagée, sous surveillance médicale stricte.
  • Des traitements médicamenteux peuvent aussi être utilisés pour bloquer la production de cortisol.

Une fois traité, le corps met parfois du temps à se rétablir. La fatigue peut persister, mais le pronostic est globalement bon, surtout si la maladie est détectée tôt.

Le syndrome de Cushing reste méconnu, même chez les professionnels de santé. Pourtant, détecté tôt, il peut être efficacement traité. Si vous observez une prise de poids inhabituelle, surtout localisée au visage et au tronc, associée à de la fatigue et des troubles hormonaux, n’hésitez pas à consulter. Il ne s’agit peut-être pas simplement de stress ou de mauvaise alimentation.

À SAVOIR

En l’absence de traitement, le syndrome de Cushing peut avoir des conséquences graves sur la santé à long terme. Il augmente notamment le risque de maladies cardiovasculaires, d’ostéoporose (fragilité osseuse) et de diabète de type 2. Selon l’Endocrine Society, les personnes atteintes non traitées présentent un taux de mortalité jusqu’à trois fois plus élevé que la population générale. 

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Marie Briel
Journaliste Ma Santé. Après un début de carrière en communication, Marie s’est tournée vers sa véritable voie, le journalisme. Au sein du groupe Ma Santé, elle se spécialise dans le domaine de l'information médicale pour rendre le jargon de la santé (parfois complexe) accessible à tous.

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