Une femme présente un prélèvement sanguin issu d’un don de sang.
Pour accéder directement aux critères actualisés applicables depuis le 15 juin 2026, consultez la grille de sélection des donneurs mise à jour par l'Établissement français du sang. © Magnific

Délai après une opération, une infection ou un traitement préventif contre le VIH… Les règles du don du sang évoluent en France à partir du 15 juin 2026. L’objectif est de tenir compte des connaissances scientifiques les plus récentes pour permettre à davantage de personnes de donner leur sang, sans compromettre la sécurité des receveurs. Voici ce qu’il faut savoir avant de tendre le bras.

Chaque jour en France, des milliers de patients dépendent des dons de sang pour être soignés. Victimes d’accidents, personnes atteintes de cancer, malades souffrant de pathologies du sang ou patients opérés en urgence… Leurs besoins ne connaissent ni week-ends, ni vacances, ni jours fériés. Pour y répondre, l’Établissement français du sang estime qu’environ 10 000 dons sont nécessaires chaque jour. Un défi permanent, alors que les réserves restent régulièrement fragiles, en particulier à l’approche de la période estivale.

Dans ce contexte, les autorités sanitaires font évoluer les critères d’éligibilité au don du sang à compter du 15 juin 2026. Prévue par un arrêté publié au Journal officiel le 22 mars 2026, cette mise à jour vise à adapter les règles de sélection des donneurs aux connaissances scientifiques les plus récentes et aux évolutions des pratiques médicales. Concrètement, plusieurs délais d’attente sont revus après certaines infections, interventions chirurgicales, soins médicaux ou traitements préventifs contre le VIH. L’objectif est de maintenir un haut niveau de sécurité pour les receveurs tout en permettant à davantage de personnes de donner leur sang.

Avant chaque prélèvement, un entretien confidentiel avec un professionnel de santé permet de faire le point sur l’état de santé du donneur, ses antécédents récents et certains événements de vie susceptibles d’avoir un impact sur la sécurité du don. Une infection récente, une intervention chirurgicale, certains soins médicaux ou la prise de médicaments spécifiques peuvent ainsi conduire à reporter temporairement le don.

Après certaines situations, le risque de transmettre un agent infectieux, même très faible, ne peut pas être totalement écarté. Dans d’autres cas, il s’agit simplement de laisser à l’organisme le temps de récupérer après une maladie ou une opération. Ces délais d’attente, appelés « ajournements temporaires », ne sont pas figés. Ils sont régulièrement réévalués par les autorités sanitaires à partir des données de surveillance de l’Établissement français du sang, des avancées scientifiques et de l’évolution des pratiques médicales.

En cas de doute, même minime, mieux vaut attendre quelques jours ou quelques semaines avant de donner son sang. Un délai parfois frustrant pour les donneurs, mais indispensable pour garantir la sécurité des transfusions.

Fièvre, infection, chirurgie : les nouveaux délais à connaître

Parmi les principales évolutions, le délai à respecter après un épisode infectieux est désormais mieux défini. À partir du 15 juin, une personne ayant présenté une infection accompagnée d’une fièvre supérieure à 38 °C devra attendre au moins 14 jours après la disparition complète des symptômes avant de pouvoir donner son sang. Les règles évoluent également après une intervention chirurgicale. Après une chirurgie mineure, comme l’ablation d’un grain de beauté ou une petite intervention réalisée en ambulatoire, le délai d’attente est désormais fixé à une semaine. 

En revanche, les règles ne changent pas pour les interventions plus lourdes. Après une chirurgie majeure, il faudra toujours patienter quatre mois avant de pouvoir donner son sang. Ces délais permettent de s’assurer que le donneur a suffisamment récupéré et qu’aucune complication ou infection n’est en cours.

La PrEP et les traitements préventifs contre le VIH désormais intégrés aux critères

Depuis plusieurs années, la prophylaxie pré-exposition, plus connue sous le nom de PrEP, a profondément modifié la prévention du VIH. Ce traitement, destiné aux personnes séronégatives exposées à un risque élevé d’infection, réduit très fortement le risque de contamination lorsqu’il est correctement suivi. Mais ces traitements peuvent compliquer l’interprétation des tests de dépistage réalisés sur les dons de sang. Pour tenir compte de cette réalité, les délais d’ajournement évoluent.

Les personnes ayant pris une PrEP par voie orale ou bénéficié d’un traitement post-exposition devront attendre quatre mois après la fin du traitement avant de pouvoir donner leur sang. Pour les personnes ayant reçu une PrEP injectable à longue durée d’action, le délai est fixé à 24 mois. Ces délais ont été définis afin de garantir la fiabilité des analyses biologiques réalisées sur chaque don.

Une sélection fondée sur les pratiques à risque, et non sur l’orientation sexuelle

Les nouvelles règles applicables en 2026 s’inscrivent dans une évolution plus large engagée ces dernières années. Depuis le 16 mars 2022, les hommes ayant des relations sexuelles avec des hommes peuvent donner leur sang dans les mêmes conditions que l’ensemble de la population. Une mesure historique qui a mis fin à plusieurs décennies de critères spécifiques. Concrètement, lors de l’entretien préalable au don, les questions posées par les professionnels de santé ne portent pas sur l’orientation sexuelle, mais sur certains comportements récents susceptibles d’augmenter le risque de transmission d’infections, comme le VIH ou les hépatites virales.

L’objectif est d’évaluer le niveau de risque de la manière la plus précise et la plus juste possible, en tenant compte des données scientifiques actuelles plutôt que de l’appartenance à un groupe de population. Cette évolution, portée par les autorités sanitaires, l’Établissement français du sang et les associations de lutte contre le VIH, vise à mieux concilier sécurité transfusionnelle, équité entre les donneurs et lutte contre les discriminations.

Des assouplissements déjà engagés depuis 2025

Les nouvelles règles entrées en vigueur le 15 juin 2026 s’inscrivent dans un mouvement plus large de révision des critères d’éligibilité au don du sang. Loin d’être figées, ces conditions évoluent régulièrement pour tenir compte des avancées scientifiques, des progrès des techniques de dépistage et de l’évolution des pratiques médicales. Une première série d’assouplissements avait déjà été mise en place en septembre 2025.

Le délai d’attente après un tatouage ou un piercing a ainsi été réduit de quatre à deux mois. Cette même période de deux mois s’applique désormais après certains actes médicaux ou esthétiques, comme l’acupuncture, la mésothérapie, la sclérose de varices ou encore une endoscopie réalisée avec un instrument flexible. Certains actes d’implantologie dentaire ne constituent plus non plus une contre-indication systématique au don. Ces ajustements reposent sur les données de surveillance recueillies par l’Établissement français du sang et l’Agence nationale de sécurité du médicament et des produits de santé, qui évaluent en continu la sécurité des produits sanguins.

Les conditions de base restent inchangées

Les critères fondamentaux du don du sang, eux, ne changent pas. Pour donner son sang, il faut :

  • être âgé de 18 à 70 ans ;
  • peser au moins 50 kg ;
  • être reconnu apte au don lors de l’entretien préalable ;
  • respecter les délais entre deux dons.

Selon l’EFS, les hommes peuvent effectuer jusqu’à six dons de sang total par an, contre quatre pour les femmes. Le volume prélevé, environ 450 millilitres, représente moins de 10 % du volume sanguin total d’un adulte. Le plasma est reconstitué en quelques heures, tandis que les globules rouges sont renouvelés progressivement au cours des semaines suivantes.

Chaque année, près d’un million de personnes donnent leur sang en France, selon l’Établissement français du sang. Un engagement précieux, mais qui ne suffit pas toujours à répondre aux besoins des patients. L’EFS estime qu’environ 10 000 dons sont nécessaires chaque jour pour assurer l’approvisionnement des hôpitaux. Une mission rendue plus complexe par la durée de conservation limitée des produits sanguins : les plaquettes ne se conservent que sept jours et les globules rouges quarante-deux jours.

Les réserves doivent donc être reconstituées en continu, tout au long de l’année. Cette équation devient particulièrement délicate pendant les périodes de vacances scolaires et les ponts du printemps, lorsque les donneurs sont moins nombreux alors que les besoins médicaux, eux, restent stables. Chaque don compte d’autant plus qu’il n’existe aujourd’hui aucun substitut capable de remplacer le sang humain. En moins d’une heure, un don de sang peut permettre de soigner jusqu’à trois patients différents, grâce à la séparation des différents composants sanguins utilisés pour des indications médicales distinctes.

À SAVOIR 

Le groupe sanguin O négatif, souvent appelé « donneur universel », est particulièrement précieux en cas d’urgence. Ses globules rouges peuvent être transfusés à la plupart des patients, même lorsque leur groupe sanguin n’est pas encore connu. Selon l’Établissement français du sang, seules 6 % des personnes en France possèdent ce groupe sanguin, pourtant essentiel pour les situations d’urgence vitale.

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Marie Briel
Journaliste Ma Santé. Après un début de carrière en communication, Marie s’est tournée vers sa véritable voie, le journalisme. Au sein du groupe Ma Santé, elle se spécialise dans le domaine de l'information médicale pour rendre le jargon de la santé (parfois complexe) accessible à tous.

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