Cancer colorectal : un oméga-3 pourrait-il vraiment réduire la mortalité ?

le 26 octobre 2026 à 10h03
Un médecin en blouse blanche, portant un stéthoscope autour du cou, tient entre ses doigts une capsule dorée d'oméga-3.
Le traitement testé contre le cancer colorectal contient un seul type d’oméga-3, contrairement aux huiles de poisson qui en contiennent plusieurs. © Magnific
Une étude britannique présentée ce dimanche 25 octobre 2026 révèle qu’un traitement à base d’oméga-3 pourrait prolonger la vie de certains patients atteints d’un cancer colorectal. Des résultats encourageants chez les malades opérés de métastases au foie.
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On connaissait les oméga-3 pour leurs bienfaits sur le cœur. Les voilà désormais étudiés contre le cancer ! Des chercheurs britanniques viennent de dévoiler les résultats d’un essai clinique mené auprès de 418 patients atteints d’un cancer colorectal qui s’est propagé au foie. Présentée au congrès européen de cancérologie (ESMO), à Madrid, cette étude de phase 3, baptisée EMT2, s’intéresse à l’EPA, un oméga-3 naturellement présent dans les poissons gras, mais utilisé ici sous une forme médicamenteuse hautement purifiée.

Cancer colorectal : des patients vivent plus longtemps grâce aux oméga-3

Une partie des participants a reçu quotidiennement 4 grammes d’EPA avant et après une opération visant à retirer leurs métastases. Les autres ont reçu un placebo, sans principe actif. Cinq ans plus tard, la différence est nette.

  • 62 % des patients traités sont encore en vie, contre 45,1 % dans le groupe placebo.
  • Le risque de décès est inférieur de 32 % chez ceux ayant reçu le médicament.

Aucune augmentation des effets indésirables graves, notamment des hémorragies ou des troubles du rythme cardiaque, n’a été observée. Un résultat intrigue toutefois les chercheurs. Malgré cette meilleure survie, le traitement ne ralentit pas significativement la progression du cancer. Les patients sont restés 13,5 mois sans aggravation de leur maladie, contre 12,9 mois sous placebo. Or, c’était justement le principal objectif de l’essai.

Oméga-3 et cancer : manger du saumon suffit-il ?

Pas si vite ! L’EPA se trouve naturellement dans les poissons gras, comme le saumon, les sardines ou le maquereau. Son intérêt contre le cancer pourrait notamment venir de son action sur l’inflammation, qui peut favoriser le développement des tumeurs. Les scientifiques explorent également ses possibles effets sur les défenses immunitaires, chargées notamment de reconnaître et d’éliminer les cellules cancéreuses.

Mais remplir son assiette de saumon ne produira pas forcément les mêmes effets. Les doses utilisées dans cet essai sont bien supérieures à celles apportées par une alimentation classique. Rien ne permet aujourd’hui d’affirmer que manger davantage de poisson ou prendre des compléments alimentaires améliore la survie des malades.

Une nouvelle piste pour les patients atteints d’un cancer colorectal ?

En France, environ 47 000 nouveaux cas de cancer colorectal sont diagnostiqués chaque année, principalement chez les plus de 50 ans. Pour le détecter tôt, un dépistage gratuit est proposé tous les deux ans aux personnes de 50 à 74 ans, sans symptômes ni facteurs de risque particuliers. Il repose sur un simple test à réaliser chez soi, qui permet de rechercher des traces de sang invisibles dans les selles.

Lorsque la maladie atteint le foie, une intervention chirurgicale peut parfois permettre de retirer les métastases. Le risque de récidive reste néanmoins important, même après une opération réussie. L’EPA pourrait ainsi venir compléter les traitements existants, sans remplacer la chirurgie ou la chimiothérapie. Reste à confirmer son bénéfice sur la survie et à déterminer quels patients pourraient en profiter, à quelle dose et pendant combien de temps.

À SAVOIR 

Le foie est l’organe le plus souvent touché par les métastases du cancer colorectal. Et ce n’est pas un hasard ! Le sang provenant de l’intestin passe directement par le foie, ce qui facilite la circulation des cellules cancéreuses jusqu’à cet organe. Environ la moitié des patients atteints d’un cancer colorectal développeront des métastases hépatiques au cours de leur maladie.

Image de Marie Briel
Marie Briel
Journaliste Ma Santé. Après un début de carrière en communication, Marie s’est tournée vers sa véritable voie, le journalisme. Au sein du groupe Ma Santé, elle se spécialise dans le domaine de l'information médicale pour rendre le jargon de la santé (parfois complexe) accessible à tous.

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