Le mercure vient de franchir une barre encore jamais atteinte à cette période de l’année en France. Dimanche 6 septembre, alors que la rentrée est à peine passée, plusieurs régions du Sud ont connu des températures dignes du cœur de l’été. Et avec 40,3 °C mesurés à Lavaur, dans le Tarn, c’est même un record national pour un mois de septembre qui vient de tomber.
Mais Lavaur n’est que la partie la plus spectaculaire de cet épisode. De l’Occitanie à la vallée du Rhône, les records mensuels se sont multipliés, parfois de jour, parfois même en pleine nuit. Une chaleur tardive qui n’a plus tout à fait le caractère exceptionnel qu’elle avait autrefois et qui illustre, selon Météo-France, l’allongement progressif de la saison des fortes chaleurs sous l’effet du changement climatique.
Pourquoi fait-il encore si chaud en septembre ?
Cet épisode s’explique notamment par la remontée d’une masse d’air subtropical particulièrement chaude vers la France, favorisée par une situation anticyclonique. Cet air très chaud s’est installé sur le sud du pays, où un soleil encore puissant en septembre a contribué à faire grimper davantage les températures.
Le phénomène météorologique explique le coup de chaud actuel, mais le changement climatique en amplifie les effets. Météo-France souligne que les épisodes de chaleur tardifs ont toujours existé en septembre, mais qu’ils deviennent désormais plus probables et plus intenses avec le réchauffement climatique. Résultat, des températures autrefois exceptionnelles à cette période de l’année ont aujourd’hui davantage de chances de se produire.
Une pluie de records dans le sud de la France
Cet épisode de chaleur a commencé dès jeudi 3 septembre dans le sud du pays avant de gagner en intensité. À Perpignan, dans les Pyrénées-Orientales, 36,9 °C étaient relevés jeudi, battant déjà le précédent record mensuel de 36,8 °C datant du 1er septembre 1936. Deux jours plus tard, samedi 5 septembre, la ville atteignait 39,4 °C, selon les valeurs provisoires communiquées par Météo-France.
Vendredi, le thermomètre avait également grimpé jusqu’à 40,2 °C à Céret, toujours dans les Pyrénées-Orientales. Les fortes chaleurs se sont alors étendues sur une large partie de l’Occitanie, le sud de l’Aquitaine et la vallée du Rhône. Dimanche, de nouveaux records mensuels ont été observés dans plusieurs villes. Auch a atteint 38,4 °C, Agen 37,4 °C, Montauban 37,3 °C et Avignon 36,4 °C, des niveaux jamais enregistrés auparavant en septembre dans ces stations selon Météo-France. Et même loin du Midi, la chaleur s’est fait sentir. Bordeaux a atteint 35,8 °C et Nantes 34,2 °C dimanche.
Même les nuits ont eu du mal à rafraîchir
Les nuits ont elles aussi été remarquablement chaudes. Dans la nuit de samedi à dimanche, Météo-France a enregistré plusieurs records de températures minimales pour septembre. Autrement dit, même au moment théoriquement le plus frais de la nuit, le thermomètre est resté particulièrement haut. Il n’est ainsi pas descendu sous 23,6 °C à Nîmes-Garons, 23,1 °C à Orange, 22,9 °C à Avignon, 22,4 °C à Bordeaux-Mérignac ou encore 22 °C à Orgnac-l’Aven, en Ardèche. À Saint-Auban, dans les Alpes-de-Haute-Provence, la minimale a atteint 21,3 °C.
Ce détail météorologique est loin d’être anodin pour la santé. Une nuit trop chaude empêche l’organisme de récupérer correctement de la chaleur accumulée pendant la journée. Le corps dispose alors de moins de temps pour faire redescendre sa température, ce qui peut augmenter la fatigue et le stress thermique, notamment chez les personnes fragiles.
40 °C en septembre, est-ce vraiment exceptionnel ?
Météo-France rappelle que les épisodes de chaleur tardifs ne sont pas rares en septembre, mais qu’ils deviennent plus probables et plus intenses sous l’effet du changement climatique. Un précédent épisode notable avait d’ailleurs touché la France du 3 au 11 septembre 2023. Plus largement, le calendrier des fortes chaleurs françaises est en train de s’étirer.
Selon Météo-France, 54 vagues de chaleur ont été recensées en France depuis 1947, et plus de la moitié se sont produites depuis 2010. Les épisodes sont désormais observés plus tôt dans l’année, parfois dès la mi-juin, mais également plus tard après le 15 août. Les projections ne vont pas dans le sens d’un retour en arrière. D’ici le milieu du siècle, les vagues de chaleur pourraient être deux fois plus nombreuses que durant la période 1976-2005, selon les projections climatiques de Météo-France. Leur fréquence, leur durée et leur intensité devraient continuer à progresser au fil du réchauffement.
La chaleur devrait enfin reculer
Un peu de répit se profile néanmoins. Selon les prévisions publiées par Météo-France, les températures commencent à baisser par l’ouest ce lundi 7 septembre. Une grande partie du pays devrait retrouver des maximales comprises entre 25 et 32 °C lundi et mardi. Le quart sud-est restera toutefois nettement plus chaud, avec encore 35 à 37 °C localement.
La baisse des températures ne règle pas non plus tous les problèmes. Météo-France souligne que le temps sec et très chaud maintient un danger élevé de feux de forêt dans une partie des régions méditerranéennes. La sécheresse a fragilisé et desséché la végétation, facilitant la propagation d’un éventuel incendie. Après trois vagues de chaleur estivales et désormais plus de 40 °C en septembre, l’année 2026 offre ainsi une nouvelle illustration très concrète de l’évolution du climat.
La chaleur devient un sérieux problème de santé
À 35, 38 ou 40 °C dehors, notre organisme doit sérieusement s’activer pour garder la tête froide. Pour maintenir sa température autour de 37 °C, il augmente notamment l’afflux de sang vers la peau et transpire davantage. En s’évaporant, la sueur évacue une partie de la chaleur. Mais lorsque l’exposition dure, que les nuits restent chaudes ou que l’on ne s’hydrate pas suffisamment, cette mécanique peut finir par s’enrayer. Et les premiers signaux ne sont pas forcément spectaculaires. Santé publique France rappelle que la chaleur peut rapidement avoir des effets sur la santé. Certains symptômes doivent mettre la puce à l’oreille :
- une fatigue inhabituelle ;
- des maux de tête ou des vertiges ;
- des crampes ;
- des nausées ;
- une forte fièvre ;
- des propos incohérents ou un comportement inhabituel.
Ces symptômes peuvent signaler une déshydratation ou une hyperthermie. Dans les cas les plus graves, le coup de chaleur devient une urgence médicale. Une consommation d’eau excessive ou inadaptée peut aussi provoquer une hyponatrémie, soit un manque de sodium dans le sang. Et pas besoin d’attendre une canicule officielle pour se protéger. La chaleur peut affecter la santé bien avant le déclenchement d’une alerte, rappelle Santé publique France.
À SAVOIR
La chaleur peut aussi altérer certains médicaments. L’ANSM recommande notamment de ne jamais les laisser dans une voiture exposée au soleil et de respecter les températures de conservation indiquées sur leur boîte.





