
Le 26 octobre 2025, la France recule ses horloges d’une heure. Un passage attendu mais qui, cette année, arrive un peu plus tôt dans le calendrier. Derrière ce rituel automnal se cachent de vraies questions de santé, conséquence du bouleversement de notre cycle circadien : sommeil, moral, accidents de la route… Comment notre organisme encaisse-t-il ce décalage, et que faire pour traverser cette transition en douceur ?
Le changement d’heure revient chaque année, fidèle au dernier dimanche d’octobre. En 2025, il tombe le 26, ce qui donne l’impression d’un basculement anticipé. À 3 heures du matin, il faudra reculer sa montre à 2 heures.
Une heure gagnée, mais pas sans conséquences. Car si cette transition est plus facile que celle du printemps, elle bouleverse malgré tout notre rythme circadien, cette horloge interne qui régule notre sommeil, notre température corporelle, notre vigilance.
Changelent d’heure d’hiver : un faux cadeau pour des Français déjà en dette de sommeil
« On croit avoir gagné une heure, mais en réalité, on dérègle une mécanique fine », rappellent les spécialistes du sommeil. D’après l’Institut national du sommeil et de la vigilance (INSV), les Français dorment en moyenne 7 h 04 en semaine et 7 h 38 le week-end, alors que les besoins tournent autour de huit heures.
43 % souffrent d’au moins un trouble du sommeil, et un quart dort moins de six heures par nuit. Autant dire qu’une partie de la population vit déjà en déficit de repos.
Même ce décalage « positif » peut provoquer une désynchronisation. Certains auront du mal à s’endormir plus tôt, d’autres se réveilleront en pleine nuit. Il faut en général quelques jours pour retrouver un rythme stable.
Lumière et moral : l’impact invisible mais bien réel du changement d’heure
Le grand changement de l’heure d’hiver, c’est la lumière. Les matinées paraissent plus lumineuses, mais les soirées basculent rapidement dans l’obscurité. Ce manque de lumière en fin de journée réduit la production de sérotonine (l’hormone du bien-être) et perturbe la sécrétion de mélatonine, essentielle à l’endormissement.
L’Inserm souligne que cette modification peut entraîner une fatigue accrue, des variations d’humeur et, chez certaines personnes, un trouble affectif saisonnier, une forme de dépression liée au manque de luminosité. Les symptômes ? Somnolence, baisse d’énergie, irritabilité.
Comment aider son corps à se recaler avec la nouvelle heure ?
Les experts en chronobiologie sont unanimes : la lumière naturelle est la clé. S’exposer au soleil le matin, même quelques minutes, permet de recaler l’horloge biologique. À l’inverse, il est conseillé de limiter l’exposition aux écrans le soir, qui diffusent une lumière bleue retardant l’endormissement.
Quelques stratégies simples :
- Avancer progressivement l’heure du coucher les jours précédant la bascule.
- Garder des horaires réguliers de lever et de coucher, même le week-end.
- Privilégier des activités calmes le soir, éviter caféine et alcool après 16 h.
- Bouger au grand air dans la journée, pour profiter au maximum de la lumière.
Pour les enfants, qui vivent mal les changements de routine, instaurer des horaires fixes et éviter les écrans après le dîner est essentiel. Pour les travailleurs de nuit, une courte sieste stratégique peut limiter les effets du décalage.
À SAVOIR
Selon l’Observatoire national interministériel de la sécurité routière (ONISR), les accidents impliquant des piétons augmentent de 34 % entre 17 h et 19 h dans la semaine qui suit le changement d’heure d’hiver. La sortie des bureaux et des écoles qui coïncide désormais avec la tombée de la nuit. En revanche, le matin devient plus sûr grâce à la clarté retrouvée. « C’est un transfert de risque », explique l’ONISR : moins d’accidents à l’aube, plus en soirée.







