Nez qui coule, toux, fièvre, fatigue, perte d’appétit… Au début, les symptômes ressemblent à ceux de nombreuses infections respiratoires chez l’enfant. Dans certains cas, la respiration devient plus rapide, le ventre se soulève davantage et un sifflement de la voix peut-être entendu.
Ces signes peuvent traduire une atteinte des petites bronches provoquée par le bocavirus humain, également appelé HBoV.
Moins connu que le virus respiratoire de bronchiolite, la grippe ou plus récemment le Covid-19, le bocavirus est régulièrement détecté chez les nourrissons et les jeunes enfants présentant une infection respiratoire.
Il peut provoquer un simple rhume, mais aussi être associé aux symptômes de bronchiolite, une respiration sifflante ou aux symptômes d’une pneumonie.
Ses symptômes ne permettent cependant pas de l’identifier sans examen biologique, car ils ressemblent à ceux provoqués par d’autres virus respiratoires.
Qu’est-ce que le bocavirus humain ?
En fait, le bocavirus humain est un virus à ADN appartenant à la famille des parvoviridae. Il a été identifié pour la première fois en 2005 dans des prélèvements réalisés chez des enfants. Quatre espèces principales ont depuis été découvertes.
Le HBoV1 est principalement associé aux infections des voies respiratoires. Il peut être retrouvé chez des enfants atteints d’un rhume, d’une bronchiolite, d’une respiration sifflante ou d’une pneumonie. Les HBoV2, HBoV3 et HBoV4 sont davantage détectés dans des prélèvements digestifs. Mais leur rôle précis dans les gastro-entérites reste moins clairement établi.
Malgré la proximité des termes, le bocavirus n’a aucun lien avec la maladie pieds-mains-bouche. Cette dernière est provoquée par des entérovirus. Elle se manifeste généralement par de petites lésions dans la bouche ainsi que sur les mains et les pieds.
Quels sont les premiers symptômes du bocavirus ?
Une infection respiratoire à bocavirus commence généralement par des symptômes peu spécifiques. L’enfant peut avoir le nez bouché ou qui coule, une irritation de la gorge, de la fièvre et une toux. Il peut également sembler plus fatigué, grognon ou moins intéressé par ses repas.
La toux peut être sèche au début, puis devenir plus encombrée au fil des jours. Chez le nourrisson, l’obstruction du nez et l’accumulation de sécrétions peuvent rendre les biberons ou les tétées plus difficiles. L’enfant doit alors interrompre plus souvent son repas pour reprendre son souffle.
Parfois, des vomissements peuvent survenir après une forte quinte de toux. Des troubles digestifs, notamment une diarrhée, sont également parfois observés, mais ils ne suffisent pas à déterminer que le bocavirus en est directement responsable.
Ces manifestations sont impossibles à distinguer, sur les seuls symptômes, de celles provoquées par le VRS, un rhinovirus, un adénovirus ou un autre agent respiratoire. Le diagnostic repose donc sur une analyse moléculaire. Elle est le plus souvent réalisée par PCR lorsque l’état de l’enfant ou le contexte médical le justifie.
Quels symptômes apparaissent lorsque les bronches sont atteintes ?
Lorsque l’infection atteint les voies respiratoires inférieures, elle peut provoquer une bronchiolite. Les petites bronches, appelées bronchioles, s’enflamment et s’encombrent de sécrétions. L’air circule alors plus difficilement.
La respiration de l’enfant devient plus rapide et peut s’accompagner d’un sifflement, surtout au moment de l’expiration. Le nourrisson peut paraître essoufflé, tousser davantage et avoir plus de difficultés à boire. La bronchiolite touche principalement les enfants de moins de deux ans.
Lorsque l’effort respiratoire augmente, le ventre se soulève fortement et la peau peut se creuser entre les côtes, sous celles-ci ou à la base du cou. Ce phénomène, appelé tirage, indique que l’enfant mobilise davantage ses muscles pour faire entrer l’air dans ses poumons.
Dans les formes les plus marquées, une respiration très rapide, un épuisement ou des pauses respiratoires peuvent apparaître. Ces signes nécessitent une évaluation médicale urgente, quel que soit le virus responsable.
Quels enfants sont les plus concernés par le bocavirus ?
Le bocavirus est surtout détecté chez les nourrissons et les jeunes enfants. Les infections respiratoires symptomatiques sont particulièrement fréquentes au cours des premières années de vie. Une période pendant laquelle l’enfant rencontre de nombreux virus pour la première fois.
Les formes graves restent rares, mais le risque de complication respiratoire est plus important chez les nourrissons très jeunes. A surveiller également, les enfants nés prématurément et ceux qui présentent une maladie cardiaque, respiratoire, neurologique ou immunitaire.
Chez l’adulte, les infections symptomatiques sont moins souvent rapportées. Des atteintes respiratoires peuvent néanmoins survenir, notamment chez les personnes âgées, immunodéprimées ou souffrant d’une maladie pulmonaire chronique.
Pourquoi le bocavirus est-il souvent retrouvé avec d’autres virus ?
L’une des particularités du bocavirus réside dans la fréquence des codétections. Lorsqu’un prélèvement respiratoire est positif au HBoV, un autre virus, comme le VRS, un rhinovirus ou un adénovirus, peut également être identifié.
Cette situation complique l’interprétation des résultats. Il n’est pas toujours possible de savoir quel virus est principalement responsable des symptômes ni dans quelle mesure chacun contribue à leur gravité. Plusieurs études ont ainsi retrouvé des taux élevés de co-infections chez les enfants positifs au bocavirus.
La présence simultanée de plusieurs virus ne signifie toutefois pas automatiquement que l’infection sera plus sévère. L’état général de l’enfant, son âge, ses antécédents et l’importance de la gêne respiratoire restent les principaux éléments pris en compte par le médecin.
Comment le bocavirus se transmet-il ?
Le bocavirus respiratoire se transmet vraisemblablement de la même manière que les autres virus responsables des infections hivernales. Les sécrétions projetées lors de la toux ou des éternuements peuvent contaminer les personnes proches.
Le virus peut également être transporté par les mains après un contact avec le nez, la bouche ou un objet contaminé. La durée exacte de l’incubation n’est pas clairement établie. Il est également difficile de déterminer précisément pendant combien de temps une personne reste contagieuse.
Le matériel génétique du bocavirus peut persister plusieurs semaines dans les voies respiratoires après l’infection. Un test PCR positif ne prouve donc pas toujours que le virus détecté est à l’origine des symptômes présents au moment du prélèvement. Il peut parfois correspondre à une infection récente déjà terminée.
Le lavage régulier des mains, l’aération du logement, le nettoyage des objets fréquemment manipulés et la limitation des contacts avec les personnes fragiles permettent de réduire le risque de transmission.
Comment soigne-t-on une infection à bocavirus ?
Il n’existe actuellement ni vaccin ni traitement antiviral spécifique contre le bocavirus. La prise en charge dépend donc des symptômes et de leur intensité.
Lorsque le nez est encombré, des lavages au sérum physiologique peuvent faciliter la respiration, notamment avant les repas et le sommeil. Chez le nourrisson, les repas peuvent être proposés en plus petites quantités, mais plus fréquemment, afin de limiter la fatigue et le risque de déshydratation.
Le paracétamol peut être utilisé lorsque la fièvre est mal supportée ou lorsque l’enfant semble douloureux, à condition de respecter la dose adaptée à son poids et les recommandations données par un professionnel de santé.
Les antibiotiques n’agissent pas contre le bocavirus puisqu’il s’agit d’un virus. Ils ne sont prescrits que lorsqu’une infection bactérienne associée, comme une otite ou une pneumonie bactérienne, est diagnostiquée.
Les médicaments contre la toux et les fluidifiants bronchiques ne doivent pas être administrés aux nourrissons sans avis médical. Les inhalations d’eau bouillante exposent à un risque de brûlure et les huiles essentielles peuvent irriter les voies respiratoires ou être inadaptées aux jeunes enfants. Le miel ne doit jamais être donné avant l’âge d’un an en raison du risque de botulisme infantile.
Quand faut-il consulter un médecin ?
Une consultation est recommandée lorsque l’enfant a moins de trois mois, est né prématurément ou présente une maladie chronique. Un avis médical est également nécessaire si la fièvre persiste, si l’enfant boit nettement moins que d’habitude, vomit de manière répétée ou semble de plus en plus fatigué.
Il faut aussi consulter lorsque la toux ou la gêne respiratoire s’aggrave après une amélioration, lorsque les symptômes durent anormalement longtemps ou lorsque les parents constatent une diminution importante du nombre de couches mouillées, signe possible de déshydratation.
Chez le nourrisson, la quantité bue et le comportement général sont particulièrement importants. Un enfant qui ne parvient plus à s’alimenter correctement ou qui devient inhabituellement somnolent doit être examiné rapidement.
Quels signes imposent d’appeler le 15 ou le 112 ?
Une aide médicale urgente est nécessaire lorsque l’enfant lutte fortement pour respirer. Un creusement marqué entre les côtes ou à la base du cou, des battements des ailes du nez, une respiration très rapide ou des pauses respiratoires doivent alerter.
Il faut également appeler immédiatement les secours si les lèvres ou le visage prennent une coloration bleutée ou grisâtre, si l’enfant s’épuise, devient très mou, réagit difficilement ou ne peut plus boire en raison de son essoufflement.
Dans ces situations, l’urgence dépend moins du nom du virus que de la capacité de l’enfant à respirer, à s’alimenter et à rester éveillé.
À SAVOIR
En 2005, une équipe dirigée par le virologue suédois Tobias Allander aurait identifié un nouveau virus responsable de certaines infections respiratoires de l’enfant grâce au séquençage génétique, alors que les analyses classiques restaient négatives. Les chercheurs l’auraient baptisé bocavirus en associant les préfixes « BO » de bovin et « CA » de canin, en raison de sa parenté avec deux parvovirus animaux, sans que cela signifie qu’il soit transmis par les vaches ou les chiens. Cette découverte aurait marqué l’une des premières identifications d’un virus humain essentiellement grâce aux techniques de génomique moderne. Elle aurait également illustré l’importance croissante du séquençage ADN dans la découverte de nouveaux agents infectieux.




