Vous pensiez sortir bien couvert ? Prudence, il y a parfois des trous dans la capote… Certes, Le préservatif est rarement le produit dont on inspecte longuement l’emballage avant utilisation. Pourtant, depuis le début de l’année 2026, plusieurs références commercialisées en France se sont retrouvées dans le viseur des autorités. La Direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes (DGCCRF) a mené des contrôles sur des préservatifs vendus notamment sur Internet. L’affaire ne concerne pas un seul produit ni un seul problème mais elle regroupe plusieurs situations de non-conformité détectées ces derniers mois.
Dans certains cas, des préservatifs destinés à un marché étranger ont été vendus en France alors qu’ils ne disposaient pas du marquage CE obligatoire. Dans d’autres, ce sont les caractéristiques mêmes des produits qui ont posé problème, avec notamment des risques de perforation ou d’éclatement. Et là, la question dépasse largement le simple défaut de conformité administrative. Un préservatif qui cède ou qui est percé ne garantit plus correctement son rôle contraceptif et protecteur contre les infections sexuellement transmissibles.
Préservatifs non conformes : quelles références sont rappelées ?
Des dizaines de milliers de préservatifs vendus sans conformité européenne
Premier problème repéré par la DGCCRF : des préservatifs proposés à la vente en France sans avoir satisfait aux exigences nécessaires pour être commercialisés dans l’Union européenne. Le préservatif est en effet un dispositif médical. Cela signifie qu’il doit respecter des exigences précises en matière de sécurité et de performances avant de pouvoir être mis sur le marché européen.
Selon la DGCCRF, le marquage CE est obligatoire pour tout préservatif commercialisé sur le marché européen. Il indique que le produit répond aux exigences réglementaires qui lui sont applicables. Plusieurs références vendues en France ont pourtant été rappelées au printemps 2026 précisément parce qu’elles en étaient dépourvues.
C’est notamment le cas des Okamoto 0.02 Zero Two, Okamoto 0.03 Zerozerothree et Sagami Original 002. Les fiches officielles de RappelConso précisent que ces produits étaient destinés au marché japonais et qu’ils ne respectaient pas les exigences du règlement européen 2017/745 permettant leur commercialisation dans l’Union européenne.
D’autres préservatifs rappelés pour des défauts plus inquiétants
À ces problèmes de conformité s’ajoutent des défauts autrement plus préoccupants. Les contrôles de la DGCCRF ont mis en évidence deux références de préservatifs considérées comme dangereuses : l’une présentait un risque d’éclatement, l’autre des perforations.
Des défauts loin d’être anodins. Une perforation peut être suffisamment discrète pour passer inaperçue, tandis qu’un préservatif qui se rompt pendant un rapport ne joue plus correctement son rôle de protection. Dans les deux cas, les utilisateurs peuvent être exposés à un risque de grossesse non désirée ou de transmission d’une infection sexuellement transmissible (IST).
Cette nouvelle alerte intervient par ailleurs quelques semaines après une autre affaire. Début juillet 2026, plus de 200 000 faux préservatifs importés de Chine avaient été interceptés en Europe dans le cadre d’une vaste fraude mise au jour par l’Office européen de lutte antifraude (OLAF). Une affaire distincte, mais qui rappelle à quel point la conformité de ces dispositifs médicaux est essentielle.
Quelles références de préservatifs sont rappelées ?
Deux références sont particulièrement concernées par les défauts détectés. Le modèle Safe de la marque Friday Bae, commercialisé en France depuis novembre 2023, a fait l’objet d’un rappel publié le 22 mai 2026 sur RappelConso. Les autorités demandent aux consommateurs de ne plus l’utiliser en raison d’un risque d’éclatement, susceptible d’entraîner une grossesse non désirée ou la transmission d’une IST.
Le lot 5RRI891 des préservatifs ultra-fins en latex naturel My Lubie a, lui, été rappelé le 3 août 2026 en raison de perforations. Commercialisé dans toute la France entre le 23 décembre 2025 et le 22 mai 2026, il a notamment été distribué en pharmacie, chez Monoprix, Passage du Désir, Mademoiselle Bio, Nuoo et sur Amazon. Les consommateurs qui en possèdent sont, là encore, invités à cesser de les utiliser.
J’ai utilisé des préservatifs non conformes : faut-il s’inquiéter ?
Le risque dépend évidemment de la situation :
- référence utilisée,
- lot concerné,
- rapport sexuel,
- éventuelle rupture constatée,
- exposition possible à une infection sexuellement transmissible,
- grossesse.
Les autorités recommandent aux personnes ayant utilisé certains des préservatifs concernés d’envisager un dépistage des IST. Et, lorsqu’un risque de grossesse existe, de réaliser un test de grossesse en cas de retard de règles. Le dépistage a son importance car toutes les IST ne donnent pas immédiatement des symptômes. On peut donc être infecté sans forcément s’en rendre compte.
Santé publique France rappelle que le préservatif et le dépistage constituent des outils essentiels de prévention des infections sexuellement transmissibles. Un dépistage peut notamment être réalisé après consultation d’un médecin ou directement dans certaines structures spécialisées. En cas de doute après l’utilisation d’un préservatif faisant l’objet d’un rappel, mieux vaut donc en parler rapidement à un professionnel de santé. Celui-ci pourra déterminer quels examens sont pertinents et à quel moment les réaliser.
Comment savoir si sa boîte est concernée ?
Premier réflexe, ne pas jeter immédiatement l’emballage. C’est justement sur celui-ci que figurent les informations permettant d’identifier précisément le produit. La marque seule ne suffit pas toujours. Un rappel peut concerner une référence ou un lot particulier sans toucher tous les préservatifs commercialisés sous la même marque. Pour vérifier sa boîte, il faut notamment regarder :
- la marque et la référence exacte du produit ;
- le numéro de lot ;
- la date de péremption ;
- la présence du marquage CE ;
- l’état de l’emballage.
Les références faisant l’objet d’un rappel sont recensées sur RappelConso. Il s’agit en l’occurrence de la plateforme officielle des alertes concernant les produits dangereux ou non conformes. Si la référence et le lot correspondent à un rappel en cours, il faut suivre les instructions indiquées sur la fiche officielle et cesser d’utiliser les préservatifs concernés.
Le marquage CE, un petit logo qui a son importance
Difficile d’imaginer moins glamour qu’une vérification réglementaire au moment d’acheter des préservatifs. Elle peut pourtant éviter quelques mauvaises surprises. La DGCCRF recommande de vérifier systématiquement la présence du marquage CE avant l’achat. Celui-ci doit apparaître sur l’emballage et atteste que le produit répond aux exigences européennes applicables aux dispositifs médicaux.
Il faut également contrôler la date de péremption. Et s’assurer que l’emballage individuel n’est ni ouvert ni détérioré. La vigilance est particulièrement importante lors d’achats sur Internet. Notamment lorsque les produits sont initialement destinés à des marchés situés hors de l’Union européenne. Une référence parfaitement commercialisable dans un autre pays n’est pas nécessairement autorisée à être vendue telle quelle en France.
Les rappels des préservatifs japonais Okamoto et Sagami recensés en avril 2026 en donnent une illustration très concrète. Les produits concernés étaient explicitement présentés par RappelConso comme destinés au marché japonais et dépourvus du marquage CE requis en Europe. Bref, la vigilance est de mise avant de passer à l’acte !
À SAVOIR
Attention aux lubrifiants utilisés avec un préservatif en latex. La DGCCRF recommande d’éviter les produits à base d’huile ou de corps gras, comme la vaseline, certaines huiles de massage ou crèmes car ils peuvent fragiliser le latex et favoriser la rupture du préservatif. Avec du latex, mieux vaut privilégier un lubrifiant à base d’eau ou de silicone.



