Un homme malade qui hésite entre médicaments et compléments alimentaires pour renforcer son système immunitaire.
Et vous, prenez-vous des compléments alimentaires pour affronter l'hiver ? © Freepik

Quand la saison froide s’installe, les frissons ne sont pas les seuls à pointer le bout de leur nez : fatigue, coups de mou, petits rhumes et baisse de moral s’invitent souvent à la fête. Dans ce climat, beaucoup se tournent vers les compléments alimentaires pour affronter l’hiver. Mais quels sont les compléments qui valent vraiment le détour ? Quels sont ceux, aussi, qui restent anecdotiques et surtout, dans quelles conditions les utiliser ? Le point.

À mesure que les jours raccourcissent et que le mercure plonge, notre organisme fait face à plusieurs défis. Moins de soleil signifie moins de vitamine D produite naturellement par la peau, l’alimentation est parfois moins variée et le système immunitaire peut perdre en vigueur. Pas étonnant que les ventes de compléments dits “immunitaires” battent leur plein avant même l’hiver, en novembre-décembre.

Pourtant, malgré la profusion de produits sur le marché, toutes les formules n’ont pas la même valeur scientifique. Alors que certaines vitamines et minéraux montrent un soutien réel, d’autres ingrédients exotiques restent plus proches de l’effet placebo que de l’effet prouvé. 

Vitamine D : presque incontournable quand l’astre solaire se fait timide

Parmi tous les nutriments, la vitamine D tient la vedette en hiver. Chez nous, sous des latitudes moyennes, l’ensoleillement n’est pas suffisant d’octobre à mars pour permettre à la peau de produire assez de vitamine D. Résultat, une grande majorité de Français présentent des niveaux bas à très bas en fin d’hiver, ce qui n’est pas sans conséquence sur le système immunitaire et la santé osseuse.

De nombreuses études indiquent que la supplémentation en vitamine D peut jouer un rôle dans la réduction du risque d’infections respiratoires, en particulier chez les personnes déficientes. Les micronutriments les plus solides pour soutenir l’immunité sont précisément la vitamine D, la vitamine C et le zinc, bien qu’il reste des zones d’incertitudes quant aux doses et à l’effet exact sur les infections.

S’il est établi que beaucoup de Français manquent de vitamine D en hiver, sa supplémentation est particulièrement recommandée après avis médical, surtout pour les personnes âgées, celles à peau foncée ou peu exposées au soleil.

Vitamine C : l’incontournable… mais avec prudence

La vitamine C est souvent la première recommandation hivernale. Elle est connue pour son rôle d’antioxydant et pour participer au fonctionnement du système immunitaire.

Cependant, les preuves scientifiques montrent que, chez les personnes ayant une alimentation équilibrée, la prise de vitamine C ne réduit pas de manière significative l’incidence des rhumes. Elle peut en revanche, dans certains cas, raccourcir légèrement la durée ou atténuer la sévérité des symptômes si elle est prise régulièrement ou dès les premiers signes.

Et si les oranges et kiwis restent des stars vitaminées de l’hiver, une alimentation riche en fruits et légumes couvre souvent largement les besoins recommandés. La vitamine C est utile, mais elle ne remplace pas une alimentation variée et n’est pas une “pilule magique” contre tous les maux de l’hiver.

Zinc : petit mais costaud pour le système immunitaire

Moins médiatisé que les vitamines, le zinc est pourtant essentiel. Ce minéral est un acteur clé du système immunitaire, participant au développement et au fonctionnement des cellules de défense.

Des études suggèrent que des apports adéquats en zinc peuvent aider à soutenir la réponse immunitaire, notamment dans des contextes de carences ou de vulnérabilité accrue. Attention cependant, trop de zinc peut interférer avec l’absorption d’autres minéraux et provoquer des déséquilibres.

Un apport raisonnable en zinc peut être pertinent, surtout si l’alimentation est pauvre en sources naturelles (viandes, graines, fruits de mer).

Probiotiques, oméga-3 et autres compléments : est-ce vraiment bon ? 

Au-delà des vitamines et minéraux classiques, divers compléments font parfois les gros titres chaque hiver. Les probiotiques, par exemple, semblent prometteurs dans certaines études pour réduire l’incidence ou la durée des infections respiratoires, grâce à leur effet sur la flore intestinale.

Les oméga-3 ne sont pas des “boosters immunitaires” à proprement parler, mais peuvent contribuer à diminuer l’inflammation et soutenir la santé générale, particulièrement dans un contexte de sécheresse cutanée et d’inflammation accrue en hiver.

Toujours dans le domaine des tendances, des extraits de plantes comme l’échinacée ou le sureau sont souvent utilisés, mais leurs bénéfices restent encore moins établis par des études cliniques robustes. Certains compléments alimentent des espoirs légitimes, mais leurs effets sont souvent modestes et varient selon les individus.

Avant de garnir votre panier de compléments en automédication pour l’hiver, une mise en garde s’impose. Un rapport récent de la FAO (L’Organisation pour l’alimentation et l’agriculture) alerte sur les risques parfois sous-estimés des compléments alimentaires, notamment lorsqu’ils sont pris sans conseil : interactions médicamenteuses, surdosages ou effets indésirables peuvent survenir. 

Par exemple, des doses excessives de vitamine D ou de zinc peuvent entraîner des complications, et mélanger plusieurs formules différentes accroît ce risque. D’où l’importance de parler à un professionnel de santé avant toute supplémentation, en particulier si vous prenez déjà des médicaments ou avez des conditions médicales particulières.

À SAVOIR 

En France, les autorités sanitaires rappellent que la supplémentation ne doit jamais être systématique, même en hiver. L’ANSES (Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation) souligne que la majorité des besoins en vitamines et minéraux peut être couverte par une alimentation équilibrée, y compris pendant la saison froide.

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Marie Briel
Journaliste Ma Santé. Après un début de carrière en communication, Marie s’est tournée vers sa véritable voie, le journalisme. Au sein du groupe Ma Santé, elle se spécialise dans le domaine de l'information médicale pour rendre le jargon de la santé (parfois complexe) accessible à tous.

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