
Ils se sentent en forme, affirment manger sainement et faire du sport… Pourtant, lorsqu’il s’agit de se faire dépister ou consulter, les Français lèvent un peu le pied. Le baromètre 2025 de Roche Diagnostics France dresse un portrait contrasté de la santé des Français. Et lance une alerte : il est temps de remettre la prévention au cœur du parcours de soins.
Dans le dernier baromètre santé 2025 de Roche Diagnostics France, réalisé avec l’institut CSA, un chiffre saute aux yeux : 71 % des Français déclarent être en bonne santé. Sur le papier, c’est rassurant.
Dans les faits, c’est plus nuancé. Car derrière cette impression de bien-être, les indicateurs concrets comme le taux de dépistage ou le recours aux soins révèlent une situation préoccupante.
Par exemple, 1 Français sur 3 (34 %) a déjà renoncé à des soins au cours des cinq dernières années. La faute à des contraintes financières, aux problématiques de déserts médicaux ou encore à des délais d’attente trop longs. Une tendance marquée chez les jeunes de moins de 35 ans (47 %) et chez les aidants familiaux (55 %). Mais alors, comment vont vraiment les Français ?
Quand le ressenti ne colle pas à la réalité
Santé des Français : les chiffres 2025 dévoilent un vrai paradoxe
Ce baromètre, mené fin 2024 auprès de 2 024 adultes, montre que 35 % des Français souffrent d’au moins une maladie chronique, dont principalement des troubles cardiovasculaires, du diabète ou des maladies respiratoires. Pourtant, beaucoup continuent de percevoir leur état de santé comme bon, voire très bon.
Autre chiffre qui interroge : 46 % des femmes n’ont pas effectué de dépistage du cancer du sein au cours des deux dernières années. Et du côté des plus de 50 ans, près d’une personne sur deux (48 %) n’a pas réalisé le dépistage du cancer colorectal, malgré les recommandations en vigueur.
Prévention : un mot encore trop absent du quotidien
Alors oui, 76 % des Français disent pratiquer une activité physique chaque semaine, 79 % jugent leur alimentation équilibrée et 83 % ont vu leur médecin traitant dans l’année. Mais dès qu’il s’agit de prévention active (bilans de santé, dépistages, vaccinations) les bons réflexes sont moins fréquents.
Pourquoi cette déconnexion ? Le Dr Jean-David Zeitoun, épidémiologiste, l’explique simplement : “L’espérance de vie progresse, mais l’espérance de vie en bonne santé stagne. Le diagnostic est trop souvent vu comme un outil de maladie plutôt que comme une boussole de prévention”.
Le dépistage : un acte encore mal compris
Parmi celles qui n’ont pas fait le dépistage du cancer du sein, 36 % estiment ne pas être concernées, et 31 % des non-dépistés pour le cancer colorectal disent la même chose. D’autres invoquent le manque de temps, la peur de l’examen ou l’absence d’informations claires.
Le message est pourtant limpide du côté des professionnels de santé. La Pr Frédérique Penault-Llorca (Centre Jean-Perrin, Clermont-Ferrand) insiste : “Le dépistage n’est pas un luxe, c’est une opportunité de sauver des vies. Mais pour cela, il faut de la pédagogie, de la proximité et du temps médical”.
Une santé plus juste passe par un meilleur accès au diagnostic
Pour Roche Diagnostics France, ce baromètre n’est pas qu’un constat. Il sert aussi de feuille de route. L’entreprise appelle à faciliter l’accès aux tests de diagnostic, y compris dans les zones fragiles, et à intégrer pleinement le diagnostic dans la stratégie nationale de prévention.
Le Dr Françoise Gay-Andrieu, responsable médicale chez Roche Diagnostics, conclut : “Le bon test, au bon moment, pour le bon patient : voilà notre vision d’une médecine plus préventive et plus équitable”.
À SAVOIR
En 2025, seulement 37 % des adolescentes de 16 ans sont vaccinées contre le papillomavirus (HPV), responsable de la majorité des cancers du col de l’utérus. Une couverture encore trop faible pour une maladie évitable grâce à la prévention vaccinale.







