Une consultation médicale actuelle qui va augmenter le 1er juillet 2025.
Si vous ne l'aviez pas encore remarqué, une première augmentation des prix de la consultation avait été entreprise le 22 décembre 2024. © Freepik

À partir du 1er juillet 2025, consulter un pédiatre, un gynécologue ou un psychiatre coûtera un peu plus cher. En cause ? La nouvelle convention médicale 2024–2029, signée entre les syndicats de médecins libéraux et l’Assurance Maladie. Mais derrière ces chiffres, c’est toute une vision de la santé publique qui se dessine. Décryptage.

Ne l’appelons plus « rustine budgétaire » ou « simple ajustement tarifaire ». La convention médicale 2024–2029, signée après de longs mois de négociations, se veut un vrai tournant stratégique. L’enjeu ? Rendre la médecine de ville plus attractive, redonner de l’air aux praticiens installés, et surtout garantir un meilleur accès aux soins dans les territoires.

C’est dans ce cadre que l’augmentation du prix des consultations prend tout son sens. Le but n’est pas seulement d’ajuster les tarifs à l’inflation. Il s’agit aussi de valoriser les spécialités en difficulté, trop souvent délaissées faute de reconnaissance, de temps ou de revenus suffisants.

Pédiatrie : donner du poids à la prévention dès la naissance

Parmi les grands gagnants de cette revalorisation tarifaire, plusieurs spécialités jugées cruciales sont clairement mises en avant. Le tout dans une logique de prévention, de suivi renforcé et d’équité. La pédiatrie est au cœur de cette réforme. Et ce n’est pas un hasard. En France, il devient de plus en plus difficile de trouver un pédiatre en ville. Pour y remédier, la convention prévoit :

  • Pour les enfants de moins de 2 ans, la consultation atteindra 40 € dès juillet.
  • Pour les 2–6 ans : passage de 33,50 € à 35 €
  • Une consultation longue (type expertise) voit le jour, facturée 60 €
  • Les examens obligatoires de santé passent également de 47,50 € à 60 €

Derrière ces chiffres, un objectif clair : renforcer la prévention dès le plus jeune âge, dépister précocement les troubles neurodéveloppementaux, et récompenser les médecins qui prennent le temps d’accompagner les familles.

Gynécologie médicale : reconnaître enfin une spécialité essentielle

La gynécologie médicale, souvent confondue avec l’obstétrique, a longtemps été sous-valorisée. Pourtant, elle joue un rôle fondamental dans le suivi des femmes : contraception, frottis, ménopause, dépistage… La nouvelle convention revalorise la consultation de 33,50€ à 40€.

Ce changement n’est pas anodin : il vise à attirer davantage de jeunes médecins vers cette spécialité, alors même que de nombreux départs à la retraite s’annoncent. Une bonne nouvelle, notamment dans les zones rurales et périurbaines.

Psychiatrie et pédopsychiatrie : répondre à une urgence nationale

Autre grand pan de la réforme : la santé mentale, devenue une priorité depuis la crise sanitaire. Le mal-être des adolescents explose, les troubles anxieux et dépressifs se multiplient, et les délais pour consulter un pédopsychiatre sont souvent dramatiquement longs.

C’est pourquoi la convention acte :

  • Une consultation à 57 € pour les psychiatres et neurologues (au lieu de 51,70 €)
  • Une revalorisation à 75 € pour les pédopsychiatres (contre 54,70 € auparavant)

Ces hausses doivent permettre de maintenir l’attractivité de la spécialité et d’ouvrir plus de plages de rendez-vous. Une avancée saluée par de nombreux professionnels, mais qui devra s’accompagner d’un vrai plan d’installation.

Gériatrie, dermatologie : d’autres revalorisations ciblées

Les gériatres, en première ligne face au vieillissement de la population, voient leur consultation passer à 42 €, contre 31,50 € auparavant. Une reconnaissance tardive mais bienvenue pour une spécialité exigeante, où les patients sont souvent poly-pathologiques et nécessitent un suivi fin.

Côté dermatologie, c’est le dépistage du mélanome qui est mis en lumière. La consultation dédiée passe à 60 €, contre 47,50 €. Un signal fort pour encourager les diagnostics précoces et sauver des vies.

Pour eux, la hausse est plus modeste : la consultation est passée à 30 € en décembre 2024. La téléconsultation reste fixée à 25 €, tarif qui ne bougera pas jusqu’en 2029. Pas de révolution, mais une stabilisation appréciée, notamment pour les praticiens exerçant en zones sous-dotées.

Dr Sophie T., généraliste dans l’Eure : “Ce n’est pas la panacée, mais c’est un pas dans la bonne direction. Ce qu’on veut, c’est du temps médical reconnu.”

Rassurez-vous, pour la grande majorité des Français, le reste à charge ne bougera pas. La Sécurité sociale rembourse toujours 70 % du tarif de base, et votre complémentaire santé s’occupe du reste… à condition d’avoir un contrat solide.

Mais attention, si votre médecin exerce en secteur 2 non OPTAM, il peut appliquer des dépassements d’honoraires. Ceux-ci sont parfois mal remboursés, voire pas du tout. Vérifiez le secteur de votre médecin sur ameli.fr.

Ce qu’il faut retenir, c’est que cette augmentation du prix des consultations n’est pas une fin en soi. Elle s’inscrit dans une stratégie globale pour soutenir une médecine libérale en difficulté, encourager l’installation des jeunes médecins et mieux prendre en charge les patients, dans toutes leurs dimensions.

Alors oui, les chiffres grimpent. Mais s’ils permettent d’avoir un pédiatre à moins de 30 km, un psy pour votre ado ou un gynéco disponible avant trois mois, le pari sera gagné.

À SAVOIR 

La convention médicale 2024–2029 prévoit aussi une prime à l’installation allant jusqu’à 10 000 € pour les jeunes médecins qui s’installent en zones sous-dotées. Objectif : lutter contre les déserts médicaux et garantir un meilleur accès aux soins partout en France.

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Marie Briel
Journaliste Ma Santé. Après un début de carrière en communication, Marie s’est tournée vers sa véritable voie, le journalisme. Au sein du groupe Ma Santé, elle se spécialise dans le domaine de l'information médicale pour rendre le jargon de la santé (parfois complexe) accessible à tous.

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