Douleurs dans le bas du dos : comment distinguer un lumbago et une hernie discale ?

Femme ressentant une dоuleur lоmbaire dans le bas du dоs, suspectant sois un lumbagо ou hernie discale.
Selon Sante Publique France, 47 % des femmes âgées de 18 à 64 ans déclarent souffrir de troubles musculosquelettiques (TMS) du dos. ©gpointstudio / Magnific
Le mal de dоs est l'un des trоubles de santé les plus répandus․ Lоrsqu'une dоuleur survient dans la régiоn lоmbaire, il n'est pas tоujоurs évident d'en identifier la cause․ Parmi les оrigines les plus fréquentes, оn trоuve le lumbagо et la hernie discale, deux affectiоns pоuvant entraîner des dоuleurs parfоis intenses, bien que leurs mécanismes sоient différents․ Cоmment les différencier ? Quels signes permettent de les recоnnaître ? Quand est-il nécessaire de cоnsulter un prоfessiоnnel et quelles sоnt les оptiоns pоur sоulager ces dоuleurs ? Explications.
Sommaire

Une douleur qui apparaît en se baissant pour ramasser un objet, au moment de sortir du lit, après plusieurs heures assis devant un écran ou à la suite d’une journée de travail physique. Les douleurs du bas du dos figurent parmi les troubles les plus fréquents chez les adultes.

Elles font partie des troubles musculosquelettiques (TMS), un ensemble d’affections touchant les muscles, les tendons, les articulations et les ligaments. Première cause de maladie professionnelle reconnue en France, les TMS du dos concernent près d’une femme sur deux (47 %) et quatre hommes sur dix (40 %), avec une fréquence qui augmente avec l’âge.

Derrière ces douleurs très répandues peuvent toutefois se cacher des causes différentes. Parmi les diagnostics les plus fréquents figurent le lumbago, aussi appelé « tour de reins », et la hernie discale. Bien qu’ils puissent tous deux provoquer une douleur importante dans le bas du dos, ils ne touchent pas les mêmes structures de la colonne vertébrale et n’évoluent pas de la même manière.

Des douleurs d’origine mécanique localisées dans le bas du dos

Le lumbago, une douleur localisée à la région lombaire

Le lumbago correspond à une lombalgie aiguë qui survient généralement de façon brutale. Il apparaît souvent après un faux mouvement, le port d’une charge lourde, un effort inhabituel ou parfois sans cause identifiée.

La douleur se situe principalement dans la région lombaire, c’est-à-dire dans le bas du dos. De nombreux patients décrivent une sensation de blocage ou de verrouillage de la colonne vertébrale. Se pencher, se redresser ou effectuer certains mouvements du tronc devient alors particulièrement difficile.

Dans la majorité des cas, cette douleur est liée à une atteinte des muscles, des ligaments ou des articulations situés entre les vertèbres lombaires. Une contracture musculaire ou une réaction inflammatoire provoque une mise en tension réflexe des muscles du dos afin de protéger la zone douloureuse.

On peut comparer ces muscles à des câbles de soutien maintenant un mât en équilibre. Lorsqu’ils sont soumis à une contrainte excessive, ils se contractent brutalement pour limiter le risque de blessure, au prix d’une douleur parfois très importante.

Le lumbago reste généralement limité au bas du dos. Même si une gêne peut parfois s’étendre aux fesses ou à la partie supérieure des cuisses, elle descend rarement sous le genou.

L’hernie discale, une compression nerveuse liée à un disque endommagé

La hernie discale repose sur un mécanisme différent. Entre chaque vertèbre se trouve un disque intervertébral dont le rôle est d’amortir les contraintes exercées sur la colonne vertébrale. Chaque disque est constitué d’un anneau fibreux entourant un noyau central gélatineux appelé noyau pulpeux.

Avec l’âge, les sollicitations répétées ou certains traumatismes, le disque peut s’altérer. Une fissure peut apparaître dans l’anneau fibreux, permettant à une partie du noyau de faire saillie vers l’extérieur. Cette protrusion constitue la hernie discale.

Le problème survient lorsque cette hernie exerce une pression sur une racine nerveuse voisine. La douleur ne reste alors plus uniquement localisée au niveau lombaire et suit le trajet du nerf comprimé.

Lorsque le nerf sciatique est concerné, une lombosciatique peut apparaître avec une douleur irradiant dans la fesse, la cuisse, le mollet et parfois jusqu’au pied. Si la compression touche le nerf crural, la douleur se projette davantage vers l’avant de la cuisse.

Des fourmillements, une diminution de la sensibilité, des engourdissements ou une faiblesse musculaire peuvent également survenir. Ces manifestations neurologiques constituent des éléments importants pour orienter le diagnostic.

Les symptômes qui permettent de distinguer les deux affections

La localisation et les caractéristiques de la douleur représentent souvent les premiers éléments permettant de différencier un lumbago d’une hernie discale.

Dans le lumbago, la douleur reste principalement centrée sur le bas du dos. La sensation de blocage mécanique et la raideur lombaire dominent généralement le tableau clinique. Les mouvements deviennent douloureux mais il n’existe habituellement pas de compression nerveuse.

Dans la hernie discale, la douleur suit fréquemment un trajet bien défini dans le membre inférieur. Elle peut être décrite comme une brûlure, une décharge électrique ou un élancement irradiant le long de la jambe.

Lors de l’examen clinique, le médecin peut notamment réaliser le test de Lasègue. L’apparition d’une douleur irradiant dans la jambe lors de l’élévation du membre inférieur tendu peut évoquer une irritation du nerf sciatique liée à une hernie discale.

Toutefois, la distinction n’est pas toujours immédiate. Certaines hernies discales débutent par une simple douleur lombaire avant l’apparition de symptômes neurologiques plus caractéristiques.

Les examens et traitements varient selon l’origine des douleurs lombaires

Lumbago : préférence pour un diagnostic clinique et des traitements basé sur la rééducation

Dans la majorité des cas de lumbago aigu sans signe de gravité, aucun examen complémentaire n’est nécessaire. L’interrogatoire médical et l’examen clinique suffisent généralement à identifier une lombalgie commune. Les recommandations actuelles déconseillent d’ailleurs la réalisation systématique d’examens d’imagerie lorsqu’aucun signe d’alerte n’est présent.

Le traitement repose principalement sur le maintien d’une activité physique adaptée, plutôt que sur un repos prolongé au lit. Des antalgiques, des anti-inflammatoires lorsque cela est nécessaire et des séances de kinésithérapie permettent généralement une amélioration progressive en quelques jours ou quelques semaines. La rééducation aide notamment à diminuer les contractures musculaires, à restaurer la mobilité du bas du dos et à renforcer les muscles qui soutiennent la colonne vertébrale.

Hernie discale : l’IRM est l’examen de référence

Lorsqu’une douleur lombaire persiste, s’aggrave ou s’accompagne de symptômes neurologiques comme une sciatique, des fourmillements ou une faiblesse musculaire, des examens complémentaires peuvent être nécessaires. L’IRM est aujourd’hui l’examen de référence pour confirmer une hernie discale, car elle permet de visualiser précisément les disques intervertébraux, les racines nerveuses et les éventuelles compressions.

Le scanner peut être utilisé dans certaines situations particulières, tandis que les radiographies servent surtout à rechercher d’autres causes de douleurs lombaires, comme une fracture, une déformation de la colonne vertébrale ou une arthrose avancée.

Comme pour le lumbago, la prise en charge débute généralement par un traitement conservateur associant médicaments antidouleur, rééducation, physiothérapie ou infiltrations. La chirurgie n’est envisagée que dans certaines situations spécifiques, notamment en cas de compression nerveuse importante, de déficit neurologique significatif ou lorsque les symptômes persistent malgré plusieurs semaines de traitement bien conduit.

Les signes qui nécessitent une consultation rapide

Dans la majorité des cas, l’évolution d’un lumbago ou d’une hernie discale est favorable. Le maintien d’une activité physique adaptée et une prise en charge précoce contribuent généralement à une amélioration progressive des symptômes. Certains signes doivent toutefois conduire à consulter rapidement un professionnel de santé.

Une perte de sensibilité importante, une faiblesse musculaire, une paralysie, une incontinence urinaire ou fécale, ou encore une douleur irradiant fortement dans la jambe peuvent traduire une atteinte neurologique nécessitant une évaluation médicale urgente. Face à ces symptômes, un avis médical rapide permet de confirmer le diagnostic et de mettre en place la prise en charge la plus adaptée.

À SAVOIR

Derrière l’image du jeune président dynamique, John Fitzgerald Kennedy souffrait depuis l’adolescence de nombreux problèmes de santé, notamment de douleurs lombaires chroniques apparues après une blessure et aggravées au fil des années. Entre 1944 et 1957, il subit quatre opérations du dos, dont certaines provoquent de graves complications, tout en vivant également avec la maladie d’Addison, une affection endocrinienne potentiellement mortelle. Malgré ces handicaps, longtemps dissimulés au public, il poursuit sa carrière politique grâce à des traitements antidouleur, au port régulier d’un corset lombaire et, plus tard, à un programme intensif de rééducation physique.

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Pier Paolo Walack
Journaliste pour Ma Santé. Formé au marketing, Pier Paolo s'est tourné vers le journalisme avec l’envie de mieux informer et de donner du sens aux sujets traités. Aujourd’hui, il s’intéresse particulièrement aux questions de santé, qu’il aborde avec un souci de clarté, de pédagogie et de fiabilité, afin d’aider les lecteurs à mieux comprendre des informations parfois complexes.

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