Une persоnne tenant ses pieds dоulоureux, ressentant des fоurmillements, des engоurdissements et des trоubles sensitifs, suspectant un syndrоme de Guillain-Barré․
Dans près de deux tiers des cas, le syndrome de Guillain-Barré survient dans les jours ou les semaines suivant une infection, une intervention chirurgicale ou plus rarement une vaccination. ©gettyimages / Canva

Des picоtements dans les pieds, une faiblesse inhabituelle dans les jambes, des difficultés à marcher оu à mоnter les escaliers peuvent parfоis cоnstituer les premiers signes d’une maladie neurоlоgique appelée syndrоme de Guillain-Barré․ Sоuvent déclenchée après une infectiоn cоurante, cette maladie entraîne une attaque du système nerveux par le prоpre système immunitaire․ Cоmment identifier ces symptômes ? Quelles en sоnt les causes ? Est-il pоssible d’en guérir ? Explicatiоns․

Quelques jours après une gastro-entérite, une infection respiratoire comme une bronchite, une pneumonie ou une grippe, il est possible de ressentir des fourmillements dans les pieds ou les mains. Une faiblesse musculaire apparaît ensuite progressivement, le plus souvent au niveau des jambes, rendant certains mouvements du quotidien plus difficiles.

En quelques heures ou en quelques jours, cette faiblesse peut s’étendre aux bras, au visage et, dans les formes les plus sévères, aux muscles impliqués dans la respiration.

Cette évolution est caractéristique du syndrome de Guillain-Barré, une maladie neurologique rare qui affecte les nerfs périphériques, c’est-à-dire les nerfs chargés de transmettre les informations entre le cerveau, la moelle épinière et le reste de l’organisme.

Bien que cette maladie puisse nécessiter une prise en charge médicale rapide, l’évolution est généralement favorable. La majorité des patients récupèrent progressivement leurs capacités, en particulier lorsque le diagnostic est posé précocement et que le suivi médical est adapté.

Le syndrome de Guillain-Barré est une maladie neurologique aiguë d’origine auto-immune. Dans cette situation, le système immunitaire, qui a normalement pour rôle de protéger l’organisme contre les infections, attaque par erreur certains éléments du système nerveux périphérique.

Les nerfs périphériques assurent la transmission des informations entre le cerveau, la moelle épinière et le reste du corps. Pour fonctionner correctement, une partie de ces nerfs est entourée d’une gaine protectrice appelée myéline, qui facilite la circulation rapide des signaux nerveux.

Dans le syndrome de Guillain-Barré, cette gaine de myéline est le plus souvent touchée par la réaction immunitaire. Dans certaines formes plus rares, les fibres nerveuses elles-mêmes, appelées axones, peuvent également être atteintes. Lorsque ces structures sont endommagées, la transmission des messages nerveux devient moins efficace.

Cette altération peut entraîner une faiblesse musculaire progressive, des troubles de la sensibilité, tels que des fourmillements ou des engourdissements, et parfois une paralysie temporaire. La maladie se caractérise par une installation rapide des symptômes, généralement en quelques jours à quelques semaines, ce qui la distingue de nombreuses autres maladies neurologiques à évolution plus lente.

La maladie survient fréquemment après un événement susceptible de stimuler le système immunitaire, le plus souvent une infection.

Dans environ deux tiers des cas, les premiers symptômes apparaissent quelques jours à quelques semaines après une infection digestive ou respiratoire. Plusieurs agents infectieux ont été associés au développement du syndrome, sans pour autant en être systématiquement responsables.

Parmi les micro-organismes les plus fréquemment impliqués figure la bactérie Campylobacter jejuni, souvent à l’origine de gastro-entérites. Certaines infections virales ont également été rapportées avant l’apparition de la maladie, notamment celles liées au cytomégalovirus, au virus Epstein-Barr, au virus Zika ou encore au SARS-CoV-2.

L’hypothèse la plus largement retenue est celle d’une réaction immunitaire inadaptée. Après avoir combattu une infection, le système immunitaire produit des anticorps destinés à éliminer l’agent infectieux. Chez certaines personnes, ces anticorps peuvent reconnaître par erreur des structures présentes à la surface des nerfs périphériques et les attaquer. Cette réaction entraîne une inflammation qui perturbe la transmission des messages nerveux.

Le syndrome de Guillain-Barré n’est pas une maladie contagieuse. Il ne peut pas être transmis d’une personne à une autre. En revanche, certaines infections pouvant précéder son apparition peuvent, elles, être contagieuses.

Les premiers signes du syndrome de Guillain-Barré sont souvent des troubles de la sensibilité. Ils se manifestent généralement par des fourmillements, des picotements, des engourdissements ou des sensations inhabituelles au niveau des pieds et des mains. Ces symptômes peuvent ensuite s’étendre progressivement aux jambes et aux bras.

Une faiblesse musculaire apparaît ensuite dans la majorité des cas. Elle débute le plus souvent au niveau des membres inférieurs avant de remonter progressivement vers le haut du corps. Cette évolution peut rendre certaines activités quotidiennes plus difficiles, comme marcher, monter des escaliers, se lever d’un siège ou porter des objets.

Lors de l’examen clinique, les médecins constatent fréquemment une diminution ou une disparition des réflexes ostéo-tendineux, un élément caractéristique de la maladie qui contribue au diagnostic.

Dans les formes les plus sévères, l’atteinte peut concerner les muscles du visage, de la déglutition ou de la respiration. Des difficultés à parler, à avaler ou à respirer peuvent alors apparaître et nécessiter une prise en charge hospitalière rapide, parfois dans une unité de soins intensifs.

Le syndrome de Guillain-Barré peut également affecter le système nerveux autonome, qui contrôle certaines fonctions automatiques de l’organisme. Cette atteinte peut entraîner des variations de la pression artérielle, des troubles du rythme cardiaque, des difficultés à uriner, un ralentissement du transit intestinal ou des perturbations de la transpiration.

L’évolution de la maladie est généralement rapide. Les symptômes atteignent le plus souvent leur intensité maximale dans les deux à quatre semaines suivant leur apparition. Une phase de stabilisation survient ensuite avant le début d’une récupération progressive, dont la durée varie selon les patients.

Il faut rapidement consulter, voire appeler les urgences, en cas de faiblesse musculaire qui progresse rapidement, surtout si elle commence dans les jambes et remonte vers le haut du corps.

Les signes les plus inquiétants sont :

  • des difficultés à marcher ou à tenir debout ;
  • une faiblesse qui s’aggrave d’heure en heure ou de jour en jour ;
  • des fourmillements associés à une perte de force ;
  • des difficultés à respirer ;
  • des troubles de la déglutition ;
  • une voix qui change ;
  • une faiblesse du visage ;
  • des malaises, palpitations ou variations importantes de tension.

Le syndrome de Guillain-Barré est considéré comme une urgence neurologique, car l’évolution peut être rapide. Plus la surveillance est mise en place tôt, plus les complications peuvent être anticipées.

Le diagnostic du syndrome de Guillain-Barré repose d’abord sur l’examen clinique. Le médecin recherche une faiblesse musculaire progressive, des troubles de la sensibilité et une diminution ou une disparition des réflexes. Pour confirmer le diagnostic, un électromyogramme (EMG) est généralement réalisé. Cet examen analyse la transmission des signaux électriques par les nerfs et permet de détecter une anomalie de la conduction nerveuse.

Une ponction lombaire peut également être effectuée. Elle met souvent en évidence une augmentation des protéines dans le liquide céphalo-rachidien, sans augmentation importante des cellules inflammatoires. Des analyses sanguines et, dans certains cas, une IRM peuvent compléter le bilan afin d’écarter d’autres maladies présentant des symptômes similaires.

Le traitement du syndrome de Guillain-Barré repose avant tout sur une hospitalisation afin de surveiller l’évolution de la maladie, notamment la respiration, la force musculaire et les fonctions cardiovasculaires.

Dans les formes modérées à sévères, deux traitements peuvent être utilisés : les immunoglobulines intraveineuses, administrées par perfusion, ou les échanges plasmatiques (plasmaphérèse), qui permettent d’éliminer une partie des anticorps impliqués dans l’atteinte des nerfs.

Dans les cas les plus graves, une assistance respiratoire temporaire peut être nécessaire. Une prise en charge rééducative précoce, notamment par la kinésithérapie, joue également un rôle important dans la récupération des capacités physiques.

Les corticoïdes sont généralement inutilisés dans le traitement du syndrome de Guillain-Barré, car leur efficacité n’a pas été démontrée.

L’évolution du syndrome de Guillain-Barré est généralement favorable, même si la durée de récupération varie d’un patient à l’autre. La plupart des personnes constatent une amélioration progressive au cours des mois qui suivent le début de la maladie, et beaucoup retrouvent une grande partie de leurs capacités fonctionnelles.

La récupération peut toutefois être lente. Les nerfs ayant besoin de temps pour se réparer, plusieurs mois, voire plus d’un an, peuvent être nécessaires avant d’obtenir une amélioration maximale.

Certaines personnes conservent des symptômes résiduels, tels qu’une fatigue persistante, une faiblesse musculaire, des douleurs neuropathiques ou des troubles sensitifs. Des séquelles plus importantes restent possibles, mais elles concernent une minorité de patients.

Dans les formes les plus sévères, des complications respiratoires ou cardiovasculaires peuvent engager le pronostic vital. Cependant, les progrès de la prise en charge hospitalière, de la surveillance en soins intensifs et des traitements spécifiques ont considérablement amélioré les chances de survie et de récupération.

À SAVOIR

La description du syndrome de Guillain-Barré débute en 1859 lorsque le neurologue français Jean-Baptiste Landry identifie une « paralysie ascendante aiguë », longtemps appelée paralysie de Landry. En 1916, Georges Guillain, Jean-Alexandre Barré et André Strohl découvrent une anomalie du liquide céphalo-rachidien, la dissociation albumino-cytologique, qui devient un élément clé du diagnostic. Si le syndrome porte aujourd’hui les noms de Guillain et Barré, cette découverte est en réalité le fruit d’un travail collectif construit sur plus d’un demi-siècle de recherches, auquel Landry et Strohl ont également apporté une contribution essentielle.

Inscrivez-vous à notre newsletter
Ma Santé

Article précédentCanicule exceptionnelle : le système de santé peut-il résister aux fortes chaleurs ?
Article suivantCanicule : la chaleur nuit-elle vraiment à notre productivité ?
Avatar photo
Journaliste pour Ma Santé. Formé au marketing, Pier Paolo s'est tourné vers le journalisme avec l’envie de mieux informer et de donner du sens aux sujets traités. Aujourd’hui, il s’intéresse particulièrement aux questions de santé, qu’il aborde avec un souci de clarté, de pédagogie et de fiabilité, afin d’aider les lecteurs à mieux comprendre des informations parfois complexes.

LAISSER UN COMMENTAIRE

S'il vous plaît entrez votre commentaire!
S'il vous plaît entrez votre nom ici