Une femme qui tartine son pain avec du beurre au petit déjeuner.
En moyenne, chaque Français consomme environ huit kilogrammes de beurre par an, faisant de la France l'un des plus grands consommateurs mondiaux de ce produit laitier. © Adobe Stock

Tartine beurrée au petit-déjeuner, noisette fondante dans une purée… Le beurre fait partie du patrimoine culinaire français. Mais à l’heure où l’on traque les aliments qui nuisent à notre santé, faut-il s’en méfier ? Entre accusations et réhabilitations, on fait le point sur son vrai impact sur les maladies chroniques et la longévité.

Le beurre, c’est 82 % de matières grasses, dont une majorité de graisses saturées. Et ce sont elles qui cristallisent toutes les critiques. Depuis des décennies, elles sont accusées de boucher nos artères, faire grimper le cholestérol et favoriser l’obésité.

Les autorités sanitaires, comme l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS), recommandent d’en limiter la consommation pour réduire le risque de maladies cardiovasculaires, de diabète de type 2 et d’accidents vasculaires cérébraux (AVC). Mais le beurre est-il vraiment l’ennemi public numéro un ? Pas si simple.

Pendant longtemps, le message était clair : moins de graisses saturées = moins de maladies cardiaques. Mais ces dernières années, des études sont venues bousculer cette certitude.

Une méta-analyse publiée dans le American Journal of Clinical Nutrition (2016) a passé au crible neuf études et plus de 600 000 participants. Résultat ? La consommation de beurre n’est pas directement associée à un risque accru de maladies cardiovasculaires.

Une autre étude parue dans le British Medical Journal en 2021 va plus loin. Réduire les graisses saturées ne protège pas forcément contre les infarctus, sauf si elles sont remplacées par de bonnes graisses (comme celles des huiles végétales ou du poisson).

Autrement dit, c’est moins le beurre en lui-même qui pose problème que notre équilibre alimentaire global.

Un impact sur le cholestérol… mais lequel ?

Le beurre contient des acides gras saturés qui augmentent le mauvais cholestérol (LDL), ce qui peut favoriser la formation de plaques dans les artères. Mais il stimule aussi le bon cholestérol (HDL), qui aide à éliminer l’excès de graisses dans le sang.

Tout dépend donc du profil de la personne qui en consomme et de la quantité ingérée.

Diabète, inflammation et obésité : faut-il s’inquiéter ?

Une alimentation trop riche en graisses saturées pourrait aussi favoriser l’insulino-résistance, un des mécanismes clés du diabète de type 2. Mais là encore, c’est l’ensemble du régime alimentaire qui compte. Si le beurre est consommé dans le cadre d’une alimentation équilibrée, il ne semble pas être un facteur de risque majeur.

Enfin, côté poids, pas de surprise : 100 g de beurre = 750 kcal. En abuser peut donc favoriser la prise de poids et, à long terme, l’obésité, un facteur aggravant de nombreuses maladies chroniques.

Le beurre a aussi des atouts

Malgré sa mauvaise réputation, le beurre apporte aussi :

  • De la vitamine A, essentielle pour la vision et le système immunitaire.
  • De la vitamine D, précieuse pour la santé osseuse.
  • Des oméga-3, en faible quantité, mais qui restent bénéfiques pour le cerveau et le cÅ“ur.

Surtout, contrairement aux margarines industrielles, il ne contient pas d’acides gras trans, des substances reconnues comme néfastes pour la santé cardiovasculaire.

L’équilibre avant tout

Le vrai problème n’est pas le beurre en lui-même, mais notre façon de consommer les matières grasses. Plutôt que de le supprimer totalement, mieux vaut le consommer avec modération et varier les sources de lipides en intégrant :

  • Des huiles végétales riches en oméga-3 (colza, olive, noix)
  • Des fruits à coque et de l’avocat
  • Du poisson gras (saumon, sardine, maquereau)

Alors, une tartine beurrée de temps en temps ne vous tuera pas, à condition de ne pas en abuser et de l’associer à une alimentation équilibrée. Comme souvent en nutrition, tout est une question de bon sens.

À SAVOIR

En septembre 2024, le prix du beurre a atteint des sommets historiques, avoisinant les 8 000 euros la tonne, en raison d’une baisse de la production laitière dans certains des principaux bassins laitiers mondiaux.

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Ma Santé

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Marie Briel
Journaliste Ma Santé. Après un début de carrière en communication, Marie s’est tournée vers sa véritable voie, le journalisme. Au sein du groupe Ma Santé, elle se spécialise dans le domaine de l'information médicale pour rendre le jargon de la santé (parfois complexe) accessible à tous.

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