Une femme qui vient de passer 40 ans et qui est constamment fatiguée.
Après 40 ans comme avant, bouger reste l’un des meilleurs remèdes contre la fatigue ! © Freepik

Réveils difficiles, fatigue permanente ou énergie au plus bas… Si vous vous sentez au plus bas passé 40 ans.. c’est normal ! Nous traversons tous un « pic de fatigue » statistique aux alentours de 44 ans. Surcharge mentale, bascule biologique profonde… Pourquoi est-on vraiment plus fatigué une fois la quarantaine passée ? 

Les quadragénaires seraient-ils les plus épuisés d’entre nous ? Beaucoup en ont l’intime conviction. À les entendre, c’est au mitan de la vie que l’on paie le prix fort entre carrière à son apogée, enfants encore dépendants et parents qui vieillissent. 

À l’inverse, nombre de sexagénaires décrivent un regain d’élan, une respiration retrouvée, parfois même une énergie qu’ils disent plus stable qu’à 45 ans. Faut-il y voir un simple effet de perception, une reconstruction a posteriori, ou une réalité mesurable ?

En France, la fatigue figure parmi les premiers motifs de consultation en médecine générale, rappelle la Haute Autorité de santé (HAS). Épuisement passager, asthénie persistante, surcharge mentale, trouble du sommeil, maladie sous-jacente… Les données issues d’études européennes et de travaux sur le vieillissement suggèrent l’existence d’un pic de fatigue au milieu de la vie adulte.

La fatigue n’est pas une pathologie en soi, c’est un symptôme. La HAS rappelle que la fatigue, ou asthénie en langage médical, correspond à une sensation de manque d’énergie, physique et/ou psychique, non améliorée par le repos dans sa forme pathologique. Elle peut être liée :

  • à un manque de sommeil,
  • à un surmenage professionnel ou familial,
  • à une maladie (anémie, troubles thyroïdiens, infection),
  • à un trouble psychique (dépression, anxiété),
  • à certains traitements médicamenteux.

Autrement dit, la fatigue n’a pas une cause unique. Elle reflète l’équilibre, ou le déséquilibre, entre les contraintes imposées au corps et ses capacités d’adaptation.

L’European Quality of Life Survey, coordonnée par l’agence européenne Eurofound, souligne un niveau particulièrement élevé de stress et d’épuisement chez les 35–55 ans. C’est l’âge où tout se cumule : carrière à plein régime, enfants encore à la maison, parfois parents âgés à soutenir. Une génération dite « sandwich », prise entre plusieurs responsabilités.

En France aussi, la tendance se vérifie. Selon le Baromètre 2021 de Santé publique France, les 45–54 ans déclarent davantage de tensions liées au travail et à la vie familiale que les plus jeunes adultes ou les retraités.

Autrement dit, la fatigue du milieu de vie ne s’explique pas seulement par l’âge ou le corps qui change. Elle raconte aussi une période de forte pression sociale, où les journées sont pleines et les nuits parfois trop courtes.

La sarcopénie débutante

La sarcopénie correspond à la diminution progressive de la masse et de la force musculaires avec l’avancée en âge. L’Inserm rappelle que ce phénomène débute insidieusement dès la quarantaine, même chez les personnes en bonne santé, et s’accentue ensuite au fil des décennies.

Concrètement, le muscle devient peu à peu moins volumineux et moins performant. Cela ne se voit pas toujours dans le miroir, mais le corps doit mobiliser davantage d’énergie pour accomplir les mêmes gestes du quotidien. 

Monter plusieurs étages, porter des courses, rester longtemps debout ou enchaîner une journée active peut ainsi sembler plus éprouvant qu’à 25 ans. Cette évolution n’a rien de pathologique en soi. Elle fait partie du vieillissement normal.

Le sommeil se fragilise

Le sommeil n’est pas immuable au fil des années. Les travaux en chronobiologie montrent qu’il évolue progressivement avec l’âge. Selon l’Institut national du sommeil et de la vigilance (INSV), à partir de 40–50 ans, les nuits deviennent plus fragmentées. Les micro-réveils sont plus fréquents, l’endormissement peut être plus long et le réveil matinal plus précoce.

Surtout, la part de sommeil profond (phase où l’organisme ralentit, où la tension baisse et où le corps récupère physiquement) tend à diminuer. Or, c’est durant ce sommeil lent profond que s’opèrent une grande partie des mécanismes de réparation musculaire et de restauration énergétique.

Alors, même avec un nombre d’heures de sommeil apparemment suffisant, la sensation de récupération peut être moindre. On dort, mais on se réveille moins reposé. À long terme, cette dette de récupération peut contribuer à un sentiment de fatigue plus marqué au milieu de la vie.

Les variations hormonales

Au milieu de la vie, les équilibres hormonaux évoluent et peuvent influencer le niveau d’énergie. Chez les femmes, la périménopause puis la ménopause  (en moyenne autour de 51 ans) s’accompagnent souvent de troubles du sommeil, de bouffées de chaleur ou de sueurs nocturnes. Lorsque les nuits sont perturbées, la récupération l’est aussi, ce qui peut accentuer la sensation de fatigue.

Chez les hommes, la baisse de la testostérone est plus progressive. Elle peut, chez certains, s’accompagner d’une diminution de la vitalité ou d’une récupération plus lente après l’effort.

Dans les deux cas, ces changements ne suffisent pas à eux seuls à expliquer un épuisement marqué, mais ils peuvent contribuer, avec le stress et le mode de vie, à un ressenti de fatigue plus présent à cette période.

On parle souvent de fatigue physique. Pourtant, l’épuisement est aussi mental et parfois… avant tout mental !

Les travaux de la Drees montrent que, en France, les femmes âgées de 40 à 55 ans consacrent en moyenne davantage de temps que les hommes du même âge aux tâches domestiques et familiales, en plus de leur activité professionnelle. Ce cumul crée ce que l’on appelle communément une « double journée ».

Mais au-delà du temps passé, c’est la responsabilité constante qui pèse. Penser aux rendez-vous médicaux, organiser les emplois du temps, anticiper les imprévus, gérer les courses, les devoirs, les échéances professionnelles. Cette sollicitation continue mobilise l’attention du matin au soir.

On pourrait croire que la vingtaine est l’âge de tous les possibles, et donc de l’énergie inépuisable. La réalité est plus nuancée.  Les enquêtes sur la santé mentale des étudiants montrent une hausse des troubles anxieux et dépressifs. Selon l’Observatoire de la vie étudiante (OVE, 2023), plus d’un étudiant sur deux déclare un niveau de stress élevé et des symptômes anxieux ou dépressifs en hausse par rapport aux années précédentes. Depuis la crise sanitaire, les autorités de santé ont observé une augmentation des épisodes dépressifs chez les 18–24 ans.

Or, anxiété, dépression et troubles du sommeil s’accompagnent fréquemment de fatigue. Chez les jeunes adultes, celle-ci est souvent liée à des rythmes irréguliers, à un temps de sommeil insuffisant. 

Selon l’Institut national du sommeil et de la vigilance rappelle que les 18–25 ans dorment en moyenne moins que les durées recommandées ou encore à la précarité financière, mise en évidence par l’OVE.

La différence tient peut-être moins à l’absence de fatigue qu’à la capacité de récupération. Sur le plan physiologique, la réserve musculaire et la qualité du sommeil profond sont généralement meilleures avant 30 ans. 

Se sentir fatigué après une période chargée ou quelques nuits écourtées est banal. Cette fatigue dite « normale » s’améliore en général avec le repos, un meilleur sommeil ou un ralentissement du rythme. Elle reste proportionnée aux efforts fournis.

La situation est différente lorsque l’épuisement s’installe ou paraît disproportionné. La HAS recommande de consulter un professionnel de santé lorsque la fatigue :

  • persiste plusieurs semaines,
  • ne s’améliore pas malgré le repos,
  • s’accompagne de symptômes inhabituels (perte de poids involontaire, fièvre, douleurs inexpliquées),
  • entraîne une diminution nette des activités quotidiennes ou professionnelles.

Dans ces cas, la fatigue peut être le signe d’un problème médical sous-jacent. Parmi les causes fréquentes figurent l’anémie par carence en fer, les troubles de la thyroïde ou encore le syndrome d’apnées du sommeil. 

Selon l’Assurance maladie, ce dernier concernerait environ 4 % de la population adulte, avec une fréquence plus élevée après 50 ans. Il se caractérise par des arrêts répétés de la respiration pendant la nuit, responsables d’un sommeil non réparateur et d’une somnolence diurne marquée.

À SAVOIR 

Selon Santé publique France, près d’un adulte sur trois n’atteint pas les niveaux d’activité physique recommandés (au moins 30 minutes d’activité d’intensité modérée par jour). Or, l’inactivité physique favorise à la fois la perte musculaire, les troubles du sommeil et la baisse de vitalité.

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Marie Briel
Journaliste Ma Santé. Après un début de carrière en communication, Marie s’est tournée vers sa véritable voie, le journalisme. Au sein du groupe Ma Santé, elle se spécialise dans le domaine de l'information médicale pour rendre le jargon de la santé (parfois complexe) accessible à tous.

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