Palmarès PISA 2026: les élèves français parmi les cancres en lecture et en maths

le 8 septembre 2026 à 17h03
Une élève en plein exercice, accompagnée par un adulte pour progresser et mieux comprendre.
La France vise désormais une progression de 20 points à PISA d’ici 2029. © Magnific
Les résultats de l’enquête internationale PISA, dévoilés ce mardi 8 septembre 2026 par l’OCDE, confirment une nouvelle baisse des performances des élèves français de 15 ans. La chute est particulièrement nette en compréhension de l’écrit et en mathématiques, tandis que le niveau en sciences résiste davantage. Un décrochage qui n’épargne pas nos voisins… Dans l’ensemble de l’OCDE, les résultats atteignent eux aussi des niveaux historiquement bas.
Sommaire

Ce n’est pas franchement le bulletin de rentrée dont rêvait l’Éducation nationale. Ce mardi 8 septembre, l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) a dévoilé les résultats de PISA 2025, sa grande enquête internationale destinée à comparer les compétences des jeunes de 15 ans. Plus de 760 000 élèves issus de 91 pays et économies ont participé à cette nouvelle édition. En France, l’enquête a concerné environ 10 000 jeunes issus de 352 établissements. Les élèves ne sont pas simplement interrogés sur ce qu’ils ont appris en classe. PISA cherche surtout à savoir s’ils sont capables de mobiliser leurs connaissances pour comprendre un texte, raisonner, résoudre un problème ou interpréter une situation concrète.

Et franchement, le constat français n’est guère réjouissant. Selon l’OCDE (2026), les résultats enregistrés en 2025 figurent parmi les plus faibles jamais mesurés en France depuis le lancement de PISA. Les performances reculent à nouveau en lecture et en mathématiques par rapport à 2022 et restent globalement stables en sciences. La France demeure toutefois proche de la moyenne des pays de l’OCDE dans les trois domaines. La France baisse, mais elle ne baisse pas toute seule.

Apprentissage : le niveau des élèves en chute libre

En lecture, un élève français sur trois est désormais en difficulté

Le niveau en lecture baisse drastiquement. En compréhension de l’écrit, la France obtient 456 points en 2025, contre une moyenne de 461 points dans l’OCDE, selon la Direction de l’évaluation, de la prospective et de la performance (DEPP, 2026). Le score français a perdu 18 points en seulement trois ans. Une baisse qui vient s’ajouter aux 19 points déjà perdus entre 2018 et 2022.

À l’échelle de l’OCDE, le recul atteint 14 points depuis 2022. Attention toutefois à ce que mesure réellement PISA. La « compréhension de l’écrit » ne consiste pas simplement à vérifier qu’un adolescent sait déchiffrer un texte. L’enquête cherche à déterminer s’il est capable d’en comprendre le sens, d’en tirer des informations, de les évaluer et de réfléchir à ce qu’il vient de lire.  Et c’est là que le signal devient plus inquiétant. 

En France, 33 % des jeunes de 15 ans se situent désormais sous le niveau 2, considéré par PISA comme le seuil minimal permettant d’utiliser suffisamment ses compétences en lecture pour acquérir des connaissances et faire face à des situations pratiques. Ils étaient 27 % en 2022, 21 % en 2018 et seulement 15 % en 2000. En un quart de siècle, la proportion a donc plus que doublé. Dans le même temps, les élèves français les plus performants en lecture ne représentent plus que 4 % des jeunes, contre 7 % trois ans auparavant.

Les garçons décrochent davantage en lecture

Il y a un écart assez spectaculaire entre filles et garçons. Les adolescentes françaises devancent les garçons de 32 points en compréhension de l’écrit, soit un écart légèrement supérieur à celui observé dans l’ensemble de l’OCDE. Surtout, cette différence s’est creusée depuis 2022. Le score des filles a baissé de 11 points, contre 23 points chez les garçons.

Résultat, 39 % des garçons français sont désormais en difficulté en lecture, contre 26 % des filles, selon la DEPP. Ce n’est donc pas seulement le niveau moyen de lecture qui recule. Une part croissante des adolescents arrive à 15 ans avec des difficultés pour utiliser efficacement l’écrit dans des situations concrètes.

En mathématiques aussi, la France perd du terrain

Les chiffres ne sont guère plus réjouissants du côté des mathématiques. La France obtient 458 points, contre 463 pour la moyenne de l’OCDE. Là encore, elle reste statistiquement dans la moyenne internationale. Mais ce positionnement masque une tendance nettement moins rassurante. Le score français a perdu 16 points depuis 2022, alors que la baisse moyenne de l’OCDE est de 9 points. Et ce recul succède déjà à une diminution de 21 points entre 2018 et 2022. Avant cela, le niveau français était relativement stable depuis 2006, précise la DEPP.

Là encore, PISA ne cherche pas simplement à vérifier qu’un adolescent connaît ses tables de multiplication ou sait résoudre une équation. La « culture mathématique » désigne sa capacité à raisonner avec les mathématiques et à les utiliser pour résoudre des problèmes rencontrés dans la vie réelle. Sur ce terrain, 36 % des élèves français se situent désormais sous le niveau minimal attendu, contre 29 % en 2022. La moyenne de l’OCDE est quasiment identique, à 35 %. À l’autre bout de l’échelle, seuls 5 % des élèves français atteignent les niveaux les plus élevés en mathématiques, contre 8 % en moyenne dans l’OCDE.

Les sciences résistent un peu mieux… ouf !

Il y a tout de même une matière où la chute marque une pause. Avec 483 points en culture scientifique, la France se situe quasiment au niveau de la moyenne de l’OCDE, établie à 482 points. Surtout, le résultat français est stable par rapport à PISA 2022. Sur une période plus longue, le tableau est toutefois moins flatteur puisque la France obtenait 495 points en 2015. Le recul est donc bien réel sur dix ans.

La part des élèves considérés comme en difficulté en sciences est ainsi passée de 22 % en 2015 à 26 % en 2025. Environ trois quarts des jeunes français atteignent donc encore au moins le niveau minimal attendu. Un petit motif de satisfaction apparaît également du côté des sciences de l’environnement, évaluées spécifiquement dans PISA 2025. Les élèves français y obtiennent de meilleurs résultats que ce que leur niveau scientifique général aurait laissé attendre. Ils déclarent aussi davantage de plaisir à apprendre les sciences que la moyenne de l’OCDE.

La France baisse, mais le problème dépasse largement ses frontières

Il serait tentant de lire ces résultats comme un énième décrochage spécifiquement français. Le tableau international est plus compliqué. Selon l’OCDE, les performances moyennes des pays membres atteignent en 2025 leurs niveaux les plus faibles jamais observés par PISA dans les trois grands domaines évalués.

Entre 2015 et 2025, le score moyen en mathématiques a diminué de 22 points dans l’OCDE. En compréhension de l’écrit, la baisse atteint même 28 points. L’organisation relève notamment une forte dégradation des capacités à évaluer une information, à relier plusieurs sources et à porter un regard critique sur ce que l’on lit. La France n’est donc pas une exception. Mais ce constat n’a rien de très rassurant puisqu’elle accompagne un mouvement général de recul plutôt qu’elle ne s’en protège.

Mais pourquoi le niveau des élèves s’effondre-t-il ?

Les inégalités sociales restent l’un des gros points noirs français

En France, le milieu dans lequel grandit un enfant continue de peser lourdement sur ses résultats scolaires. Pour le mesurer, PISA construit un indice prenant notamment en compte le niveau d’études et la profession des parents ainsi que différentes ressources culturelles et matérielles disponibles dans le foyer. En sciences, l’écart entre le quart des élèves français les plus favorisés et le quart des plus défavorisés atteint 100 points, contre 85 points en moyenne dans l’OCDE.

Le constat se retrouve dans les autres matières, avec 91 points d’écart entre les élèves les plus favorisés et les plus défavorisés en compréhension de l’écrit, contre 77 dans l’OCDE, et 95 points en mathématiques, contre 83 en moyenne. La France demeure ainsi l’un des pays où l’origine sociale est le plus fortement associée à la réussite scolaire. Voilà sans doute l’un des enseignements les plus tenaces de l’étude. L’école française ne fait pas seulement face à une baisse du niveau moyen. Elle peine toujours à empêcher les inégalités sociales de se transformer en inégalités scolaires.

Écrans, attention, famille : que dit vraiment PISA ?

Les écrans risquent évidemment de s’inviter dans le débat. Mais gare aux raccourcis. Selon la DEPP, les adolescents français interrogés déclarent passer en moyenne 4,9 heures par jour sur des appareils numériques en semaine, hors vacances scolaires, dont environ 3 heures consacrées aux loisirs. Ce dernier chiffre est même inférieur à la moyenne de l’OCDE, qui atteint 3,4 heures. Surtout, certains pays qui obtiennent de bons résultats à PISA déclarent des temps d’écran de loisirs supérieurs à ceux de la France. La DEPP cite notamment l’Estonie, où les élèves passent en moyenne 3,7 heures par jour sur les écrans pour leurs loisirs avant ou après l’école. Impossible, donc, de résumer le recul scolaire à une simple équation « plus d’écran = moins bonnes notes ».

Le soutien familial déclaré évolue lui aussi. En 2025, 49 % des élèves français disent que leurs parents ou tuteurs s’intéressent à ce qu’ils apprennent en classe, contre 63 % en 2022. Mais la DEPP précise que cet indicateur n’est que faiblement corrélé aux performances obtenues à PISA et que le niveau particulièrement élevé observé en 2022 pouvait encore être lié au contexte de la crise sanitaire.

Des adolescents qui disent pourtant aimer apprendre

Tout n’est pas sombre dans le portrait dressé par PISA. 74 % des jeunes Français déclarent aimer apprendre de nouvelles choses, contre 69 % en moyenne dans l’OCDE. Et 66 % affirment terminer ce qu’ils commencent, contre 61 % dans les autres pays membres. Les adolescents français sont également relativement peu nombreux à penser que l’intelligence est quelque chose de figé : 19 % estiment qu’ils ne peuvent pas vraiment modifier leurs capacités intellectuelles, contre 31 % dans l’OCDE.

Il faut néanmoins garder en tête que ces indicateurs déclaratifs sont peu corrélés aux résultats obtenus lors de l’épreuve. Plus étonnant encore, les élèves français disent avoir fourni relativement peu d’efforts pour passer PISA. Sur une échelle allant de 1 à 10, ils évaluent leur investissement à 6,4, contre 7,2 dans l’OCDE. Seul le Luxembourg affiche un niveau moyen inférieur. Mais là encore, la DEPP appelle à la prudence : l’effort déclaré pendant le test n’est que faiblement lié au score obtenu…

À SAVOIR

Passer PISA, c’est presque une demi-journée d’épreuves ! En France, l’évaluation 2025 durait au total environ 3 h 30. Les élèves sélectionnés passaient notamment deux heures de tests individuels, puis répondaient à un questionnaire d’environ 35 minutes sur leur environnement familial, leur bien-être et leurs conditions d’apprentissage.

Image de Marie Briel
Marie Briel
Journaliste Ma Santé. Après un début de carrière en communication, Marie s’est tournée vers sa véritable voie, le journalisme. Au sein du groupe Ma Santé, elle se spécialise dans le domaine de l'information médicale pour rendre le jargon de la santé (parfois complexe) accessible à tous.

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