Une femme, au sommeil perturbé, qui dort avec la lumière allumée.
Les Français dorment en moyenne moins de sept heures par nuit, bien en dessous des recommandations de santé. © Freepik

On croit souvent qu’une veilleuse ou un écran en veille ne changent pas grand-chose à nos nuits. Et pourtant. Une étude anglaise publiée dans la revue médicale JAMA Network Open révèle que dormir dans la lumière peut être un facteur associé à davantage de maladies cardiovasculaires. Le cœur, lui, aime le noir.

Les Français dorment mal, ce n’est pas nouveau. La dernière enquête de Santé publique France rappelle que plus d’un tiers des adultes se disent insatisfaits de leur sommeil. Entre les écrans au lit, le stress, les horaires décalés et les nuits trop courtes, l’obscurité est souvent la grande oubliée. 

Pourtant, une équipe de chercheurs britanniques s’est intéressée spécifiquement à l’impact de la lumière artificielle nocturne sur la santé. Leur étude, publiée en 2025 dans la revue médicale JAMA Network Open, repose sur près de 89 000 personnes suivies pendant environ dix ans. Et les personnes exposées aux nuits les plus lumineuses présentaient un risque plus élevé d’infarctus, d’insuffisance cardiaque, d’AVC ou de maladie coronarienne.

L’étude en question provient de la UK Biobank, une gigantesque base de données de santé britannique. Les chercheurs ont équipé 88 905 adultes de capteurs mesurant la lumière ambiante pendant leur sommeil. Ce sont donc des données objectives, pas de simples déclarations. La majorité des participants avaient plus de 40 ans, et tous ont été suivis pendant près d’une décennie.

Les résultats montrent une association solide entre l’exposition à la lumière nocturne et plusieurs maladies cardiovasculaires. Les personnes dormant dans les environnements les plus lumineux présentaient une probabilité significativement plus élevée de développer :

La particularité de ce travail est d’avoir ajusté ses analyses pour une multitude de facteurs : âge, sexe, tabac, activité physique, alimentation, sommeil, niveau socio-économique… Malgré tout, la lumière restait un facteur associé.

L’étude est observationnelle, elle ne prouve pas une causalité directe. Mais elle établit une corrélation suffisamment nette pour attirer l’attention de la communauté scientifique… et de notre bon sens.

Pourquoi la lumière nocturne poserait problème à notre cœur ?

Ce n’est pas qu’une histoire d’ambiance. La lumière la nuit agit comme un désorganisateur. Elle bouscule notre rythme circadien, cette horloge interne qui nous dit quand être éveillé et quand récupérer.

Normalement, la nuit est faite pour débrancher. Sous l’obscurité, notre organisme ralentit, la pression artérielle baisse, le rythme cardiaque se calme, les hormones du repos (comme la mélatonine) prennent le relais.

Le cerveau perd ses repères 

Quand la lumière s’invite dans ce tableau, même une lumière faible, notre cerveau reçoit un message ambigu : « Tiens, il fait clair. Tu es sûr que c’est l’heure de dormir ? »

Conséquence :

  • le système nerveux reste plus actif qu’il ne devrait,
  • la pression artérielle baisse moins,
  • l’endothélium (la paroi des vaisseaux) récupère moins bien,
  • l’inflammation de bas niveau peut persister.

Bref, le cœur se repose moins. C’est un peu comme si votre nuit devenait une demi-nuit, chaque fois, tous les jours, pendant des années. À long terme, cela finit par peser. 

La question se pose particulièrement en France. Nous vivons dans un pays où la pollution lumineuse bat des records : éclairages publics, écrans lumineux, panneaux, veilleuses, réveils digitaux… Les sources sont multiples et souvent sous-estimées.

D’après l’ANSES, même de faibles intensités lumineuses suffisent à perturber la sécrétion de mélatonine. Et l’étude publiée dans JAMA montre que ce type de perturbation pourrait être liée à des impacts cardiovasculaires concrets.

Alors non, il ne s’agit pas de vivre dans un bunker obscur. Mais réduire la lumière pendant la nuit permet d’offrir au corps un repos véritable. C’est à la fois d’une simplicité déconcertante et d’une efficacité surprenante.

À SAVOIR

Selon l’INSV (Institut National du Sommeil et de la Vigilance), la lumière bleue des écrans peut retarder l’endormissement de 1h à 1h30 chez certaines personnes, car elle bloque la sécrétion de mélatonine, l’hormone du sommeil. 

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Marie Briel
Journaliste Ma Santé. Après un début de carrière en communication, Marie s’est tournée vers sa véritable voie, le journalisme. Au sein du groupe Ma Santé, elle se spécialise dans le domaine de l'information médicale pour rendre le jargon de la santé (parfois complexe) accessible à tous.

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