Une femme qui souffre d'hypertension à cause d'une sur consommation de réglisse.Une femme qui souffre d'hypertension à cause d'une surconsommation de réglisse.
La réglisse peut aussi entraîner une rétention d’eau et un gonflement. © Freepik

Si vous pensiez que quelques bonbons à la réglisse ou une tisane du soir étaient inoffensifs, il est temps de revoir vos classiques. L’ANSES vient de publier une alerte préoccupante : une consommation excessive de réglisse pourrait avoir des effets délétères sur la santé. Tension qui grimpe, potassium qui chute… et pas qu’un peu ! Explications.

Elle évoque l’enfance, les rouleaux noirs en spirale, les bâtons de bois à mâchouiller, ou encore le petit goût amer d’une infusion digestive. La réglisse, présente dans nombre de confiseries, boissons ou compléments alimentaires, semble inoffensive.

Et pourtant, l’Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail (ANSES) tire la sonnette d’alarme dans un rapport publié en juin 2025.

L’agence y met en garde contre une consommation excessive de réglisse, susceptible de provoquer des troubles graves : hypokaliémie, hypertension artérielle, troubles cardiaques…. 

La glycyrrhizine, molécule en cause

Le cœur du problème, c’est l’acide glycyrrhizique, également appelé glycyrrhizine. Cette substance naturellement présente dans la racine de réglisse possède des propriétés reconnues : anti-inflammatoires, antivirales, adoucissantes. Mais à forte dose, elle devient toxique.

Selon l’ANSES, cette molécule agit comme un inhibiteur enzymatique et perturbe l’équilibre électrolytique du corps, provoquant une chute du potassium dans le sang (hypokaliémie), ce qui peut entraîner des crampes musculaires, de la fatigue intense, voire de graves arythmies cardiaques.

Combien de réglisse devient dangereux ?

L’ANSES fixe une valeur toxicologique de référence (VTR) à 0,14 mg/kg de poids corporel par jour. Pour un adulte de 70 kg, cela représente environ 10 mg/jour de glycyrrhizine.

Et là où le bât blesse : selon les enquêtes de consommation (INCA 3), 60 % des adultes consommateurs et 40 % des enfants dépassent cette valeur rien qu’en mangeant des bonbons, buvant des sodas à la réglisse ou en prenant des infusions en apparence inoffensives.

Hypokaliémie, hypertension… Des cas graves signalés

Entre 2009 et 2024, plus de 100 cas d’intoxication liée à une consommation excessive de réglisse ont été rapportés à l’ANSES.

Parmi les symptômes recensés :

  • Hypertension sévère, parfois résistante aux traitements classiques
  • Hypokaliémie profonde nécessitant une hospitalisation
  • Dans certains cas extrêmes : insuffisance rénale, AVC, rhabdomyolyse (destruction des fibres musculaires)

Heureusement, la plupart des effets sont réversibles à l’arrêt de la consommation… à condition que le diagnostic soit posé à temps. Et c’est là tout le problème : la réglisse est rarement suspectée, tant elle paraît inoffensive.

Qui doit redoubler de vigilance ?

Certaines personnes sont particulièrement à risque face aux effets de la glycyrrhizine :

  • Les enfants, plus sensibles du fait de leur poids corporel plus faible.
  • Les femmes enceintes et allaitantes, pour qui la réglisse est déconseillée.
  • Les personnes souffrant d’hypertension, de maladies rénales, de maladies du foie.
  • Les personnes sous certains médicaments comme les diurétiques, les glucocorticoïdes, ou les médicaments contre les troubles du rythme cardiaque.

Le mélange réglisse + traitement médical peut former un cocktail explosif, toujours selon l’ANSES.

Les recommandations de l’ANSES pour éviter les risques

Boissons aromatisées, sirops, bonbons, compléments alimentaires, tisanes du soir… la réglisse se cache un peu partout. C’est justement ce cumul discret mais constant qui est pointé du doigt.

L’ANSES recommande notamment :

  • De limiter la consommation régulière de produits contenant de la réglisse.
  • De lire attentivement les étiquettes (glycyrrhizine, extrait de réglisse, E958).
  • De signaler sa consommation à son médecin ou pharmacien, notamment avant toute prescription.

Quantité dangereuses : des produits mal étiquetés ?

Un autre volet du rapport pointe un manque de clarté sur l’étiquetage. La mention « contient de la réglisse » est obligatoire dès que la glycyrrhizine dépasse un certain seuil. Mais elle reste peu visible ou absente sur certains compléments alimentaires ou produits importés.

L’ANSES appelle à une meilleure réglementation et à une campagne de sensibilisation, notamment auprès des fabricants de produits de santé naturelle.

À SAVOIR

La réglisse peut perturber certains traitements médicaux. Chez les patients sous anticoagulants ou médicaments contre l’hypertension, elle peut soit renforcer les effets, soit les affaiblir, avec des conséquences parfois sérieuses.

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Marie Briel
Journaliste Ma Santé. Après un début de carrière en communication, Marie s’est tournée vers sa véritable voie, le journalisme. Au sein du groupe Ma Santé, elle se spécialise dans le domaine de l'information médicale pour rendre le jargon de la santé (parfois complexe) accessible à tous.

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